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C’est certainement à Brest que la campagne pour les élections municipales apparaît la plus novatrice en Bretagne. Ainsi le tirage au sort qui nous rappelle la Grèce antique.
À Athènes déjà…
Dès l’année dernière, on nous annonçait la constitution d’une « liste 100% citoyenne pour les prochaines élections municipales à Brest ». Ce projet se situant « en dehors des partis et de la politique politicarde » (Le Télégramme, Brest, samedi 29 juin 2019). Sa constitution est en cours et d’une manière originale. En effet, une moitié (27 candidats) est constituée par des volontaires directs et de l’autre moitié (28 candidats) par tirage au sort dans la population, à partir de la liste officielle des 83 000 électeurs brestois. Reste à obtenir l’accord des « chanceux » que le sort aura désigné ; cela se fait soit par coup de téléphone au domicile, soit par visite à domicile. Compte tenu des refus attendus, on a donc tiré au sort 200 noms. Les positions de la 55ème à la première, seront également tirées au sort, en respectant la parité et l’alternance. « Les élus, s’ils existent, serviront de courroie de transmission après des décisions prises dans le cadre de commissions composées de la même manière » (Le Télégramme, Brest, samedi 25 janvier 2020).
Nihil novis sub sole. « Le tirage au sort – soit parmi des volontaires, soit parmi tous les citoyens – afin de pourvoir aux fonctions politiques ou judiciaires est aussi ancien que la démocratie. À Athènes, au IVème siècle avant Jésus-Christ, les titulaires de la très grande majorité des magistratures publiques étaient ainsi désignés (…) Seuls étaient élus par l’assemblée du peuple les titulaires des charges réclamant une expérience et une compétence éminentes, tels les chefs de l’armée. » (Le Figaro, 21 – 22 septembre 2019).
« Les acteurs médiocres d’une comédie déjà jouée bien des fois »
Autre originalité de la vie politique brestoise : le parler dru ; on ne tourne pas autour du pot. C’est ce qui permet à Pierre-Yves Cadalen (LFI) de dire leurs quatre vérités à Marc Coatanéa (LREM), Ronan Pichon (EELV) et François Cuillandre (PS) « D’accord sur tout depuis des années, ils s’inventent des désaccords pour les élections. Ils sont les acteurs médiocres d’une comédie déjà jouée bien des fois. Nous mettrons fin à ce boulevard de très mauvaise qualité », annonce le « lider maximo brestois » en promettant « un grand ménage de printemps ». Si Cadalen et sa liste (« Brest à venir ») gagnaient ces élections municipales, ce serait la fin du cumul des fonctions de maire et de président de la Métropole, dont les indemnités seraient plafonnées « à pas plus de trois fois le salaire de l’agent le moins bien payé de la collectivité » (Le Télégramme, Brest, vendredi 17 janvier 2020).
Même François Cuillandre (PS), le maire sortant, a des idées révolutionnaires. Ainsi il poursuivra « la mise en place du bilinguisme, avec l’ouvertue d’une école bilingue par quartier, le recrutement d’Atsem bilingues, et la systématisation de la signalisation bilingue » (Le Télégramme, Brest, mercredi 29 janvier 2020). Évidemment, il oublie de préciser si dans les « quartiers », nous aurons affaire à un bilinguisme français – arabe ou bien français – breton.
Bernard Morvan
Crédit photo :DR
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