Consommation. Une hausse des prix de la viande à prévoir sous couvert d’écologie ?

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Les consommateurs de viande sont de plus en plus pointés du doigt. Voici qu’un article relayé par le quotidien britannique The Guardian rapporte les conclusions d’une nouvelle étude sur l’empreinte environnementale de la viande bio. Et il s’avère que cette empreinte ne serait pas moins élevée que celle de la viande « conventionnelle ».

La viande biologique attaquée pour son empreinte environnementale

L’étude en question, publiée initialement dans la revue Nature communications, indique ainsi que les productions en bio et en non bio aurait le même impact sur l’environnement concernant certaines espèces, notamment le bœuf et le mouton. Aussi, si l’empreinte environnementale des élevages de porcs conventionnels se révèle être plus importante que celle des élevages en agriculture biologique, les poulets issus de la filière non bio auraient pour leur part moins d’impact sur l’environnement que leurs homologues élevés en bio.

Pour expliquer cette empreinte environnementale pour ce qui est de l’élevage conventionnel, les auteurs de l’étude expliquent que les principales émissions proviennent du fumier et du méthane produit par les vaches et moutons. L’équipe de chercheurs a aussi déterminé l’impact de la nourriture administrée aux animaux, à savoir le bilan carbone des céréales ou encore le fait que ces dernières soient en lien avec la déforestation, comme cela peut être le cas en Amérique du Sud.

Mais, si ces premières conclusions ne constituent pas réellement une nouveauté, celles au sujet de l’élevage biologique sont particulièrement rudes pour ce dernier. En effet, la publication souligne que, si les animaux élevés en bio ne sont pas nourris avec du fourrage importé mais souvent avec de l’herbe, cela a aussi pour conséquences le fait qu’ils produisent moins de viande et grandissent moins rapidement. Ce qui occasionne en contrepartie davantage d’émissions de gaz à effet de serre de la part de ces bêtes avant qu’elles ne soient abattues.

Une hausse des prix de la viande sous couvert de totalitarisme environnemental ?

Avec cette mise à l’index de la viande produite y compris par la filière biologique, l’équation devient sérieusement compliquée à résoudre pour les carnivores. Difficile de ne pas y voir une chasse aux consommateurs de viande en bonne et due forme quand, dans le même temps, l’étude met aussi l’accent sur le faible impact environnemental des cultures végétales, en conventionnel comme en biologique par rapport à la production de viande.

viande

Par ailleurs, les chercheurs à l’origine de l’étude n’y vont pas par quatre chemins quant à leurs préconisations : ils suggèrent directement aux responsables politiques d’imposer des taxes sur la viande afin que, selon eux, les prix imposés aux consommateurs reflètent le coût environnemental réel des élevages.

Outre la culpabilisation des consommateurs de viande, ces scientifiques souhaitent ainsi leur faire payer leur supposée responsabilité dans le changement climatique de la planète. En allant acheter un morceau de bœuf chez votre boucher, serez-vous alors prêts à payer celui-ci beaucoup plus cher en compensation de votre implication indirecte dans une tempête ou une inondation de l’autre côté du globe ? Si cette idée loufoque peut prêter à sourire, elle fait pourtant son chemin dans certains milieux scientifiques et politiques.

Plus surprenant encore, les chercheurs en question ont aussi établi le niveau des hausses de prix nécessaire pour couvrir le « coût climatique » de la consommation de viande. Ils préconisent d’augmenter de 40 % les prix de la viande conventionnelle dans les magasins, et de 25 % ceux de la viande biologique. Si les auteurs de l’étude ont basé leur calcul sur la production alimentaire allemande, ils considèrent que ces résultats seraient similaires dans tous les pays de l’Union européenne.

Avec de telles conclusions, c’est donc une nouvelle attaque contre la consommation de viande qui est menée tandis que de nombreux éleveurs, notamment en Bretagne, ont réalisé des efforts considérables ces dernières années afin de transformer leur exploitation du mode conventionnel au biologique.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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4 Commentaires

  1.  » les auteurs de l’étude expliquent que les principales émissions proviennent du fumier et du méthane produit par les vaches et moutons.  »

    Si l’herbe n’était pas mangée par des vaches et des moutons, elle se décomposerait en produisant aussi du CO2.

    Tous les phénomènes biologiques, qu’il s’agisse de vie végétale ou animale, fixent ou rejetent du CO2: les océans, les forêts, les mares, les landes, les insectes, les paramécies, les ….

    Si il n’y avait pas de vaches et de moutons, il y aurait d’autres espèces animales qui prendraient leurs place, des chevreuils, etc.

    Ces pâturages se transformeraient en broussaiules, il y aurait des incendies.

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