Masques FFP2. Depuis deux ans, le gouvernement dans le rôle principal d’un feuilleton grotesque [Vidéo]

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Avec la propagation du variant Omicron ces dernières semaines, la question de la généralisation des masques FFP2 a fait son entrée dans le débat public en France. Un sujet symbole à lui seul de l’amateurisme gouvernemental concernant la gestion de la crise sanitaire depuis deux ans. Mais aussi un sujet sur lequel nous avions vu clair très tôt, avant tout le monde.

Masques FFP2 : quand Breizh-Info prêchait seul ou presque dans le désert

Beaucoup ont oublié. Début d’année 2020. Tandis que la pandémie de Covid-19 battait son plein en Chine, avec des divulgations d’informations parcimonieuses et une méconnaissance du nouveau virus, les médias mainstream français conviaient déjà à l’époque sur leur plateau toute une série d’experts, de médecins, de scientifiques et de politiques qui, encore une fois visiblement déconnectés des réalités, se relayaient pour expliquer à la population qu’il n’y avait pas de raison de s’inquiéter. Peu ou prou les mêmes qui, à peine deux ans plus tard, ont désormais endossé des costumes d’alarmistes en criminalisant les Français refusant le vaccin.

Parmi eux, on se rappellera notamment de Michel Cymes, qui ne voyait « aucune raison de s’inquiéter » face au Covid-19 en mars 2020. Le même qui, en octobre 2021, voulait « demander des comptes » aux soignants noms vaccinés… Bref, dresser la liste des différents retournements de veste depuis deux ans serait un travail de longue haleine. Venons-en à un exemple manifeste de la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement français : les masques !

Un feuilleton dans lequel lequel l’exécutif s’est ridiculisé en plusieurs épisodes tandis que nous déplorions dans nos colonnes les commandes insuffisantes de masques FFP2 de la part de l’État dès le mois de mars 2020. Et incitions nos lecteurs à se procurer des masques FFP2 et FFP3 dès le mois de janvier de la même année !

Sibeth Ndiaye et l’utilité des masques : des déclarations passées à la postérité

Figure d’alors de l’amateurisme des équipes d’Emmanuel Macron au début de la pandémie, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement français, expliquait le 17 mars 2020 que « les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies car ce n’est pas nécessaire si l’on n’est pas malade ».

La même Sibeth Ndiaye ira jusqu’à déclarer le 20 mars : « Vous savez quoi ? Je ne sais pas utiliser un masque. Je pourrais dire : “Je suis une ministre, je me mets un masque”, mais en fait, je ne sais pas l’utiliser », arguant que « les masques ne sont pas nécessaires pour tout le monde ». Puis, dans un cafouillage indigne de sa fonction, elle se perdra dans une justification maladroite : « Parce que l’utilisation d’un masque, ce sont des gestes techniques précis, sinon on se gratte le nez sous le masque, on a du virus sur les mains ; sinon on en a une utilisation qui n’est pas bonne, et ça peut même être contre-productif. »

Des commandes de FFP2 par la France largement insuffisantes

Bien entendu, tandis que plusieurs corporations alors en première ligne face a la pandémie dans une France confinée déploraient le manque d’équipements adaptés, à commencer par des masques de protection, les principaux médias du pays se contentèrent d’accompagner le narratif gouvernemental, naviguant à l’époque entre la non-recommandation du port du masque jusqu’à la confection individuelle de masques en tissus, véritables passoires virales au demeurant.

Toujours en mars 2020, le nouveau ministre de la santé Olivier Véran (ayant remplacé Agnès Buzyn et ses inénarrables affiches dans les aéroports censées interdire au virus de propager en France…) avouera que les stocks stratégiques de l’Etat étaient au plus bas : « 117 millions de masques pour adultes, aucun FFP2 ».

Pour notre part, nous rappelions déjà le 29 mars 2020 la nécessité pour les publics les plus à risque et les professions les plus exposées (dans ce contexte de virus nouveau avec un pic de mortalité dans les premiers jours du mois d’avril 2020) de pouvoir disposer de masques FFP2. En précisant que les masques chirurgicaux, qui ont connu la diffusion que l’on sait par la suite, étaient davantage destinés à éviter la projection vers l’entourage des gouttelettes émises par le porteur qu’à protéger ce dernier des projections de gouttelettes émises par autrui. Tout comme ils ne protègent pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air.

En parallèle, la direction générale de la santé faisait savoir le 28 mars 2020 que la France avait passé une commande d’un milliard de masques auprès de la Chine. Dont seulement 74 millions de FFP2.

« Effort de guerre », surproduction et masques lavables du Vietnam…

Un peu plus tard durant le printemps 2020, le feuilleton des masques de protection a connu un nouveau tournant en France. Tout le monde a en tête « l’effort de guerre » demandé par Emmanuel Macron aux entreprises de textile du pays afin qu’elles orientent leur activité dans l’urgence vers la production de masques lavables.

Un appel auquel elles ont été nombreuses à répondre. En oubliant que la Chine, atelier du monde et par ailleurs foyer initial de la pandémie, avait entre temps repris sa production de masques, et donc ses exportations. Ainsi, si l’offre de masques chirurgicaux jetables est alors devenue abondante sur le marché français, cela a eu pour première incidence de faire drastiquement chuter la demande en masques textiles produits en France, bien plus onéreux, entraînant de nombreux invendus.

Point d’orgue lunaire de cette séquence, les industriels français seront partagés entre colère et incompréhension lorsqu’ils apprendront que le ministère de l’Économie avait passé commande de 10 millions de masques lavables fabriqués au Vietnam.

Masques FFP2 : inexistants hier, obligatoires demain ?

Durant l’été 2020, la situation en matière de masques a fini par se stabiliser avec la généralisation des masques chirurgicaux dans la population. Jusqu’à l’excès cette fois, avec la problématique de l’imposition du masque à l’école pour les enfants.

Pourtant, tandis que le gouvernement s’est acharné, de manière obtuse, dans une politique du « tout vaccinal » qui montre aujourd’hui ses limites, notamment en matière de contaminations, l’exécutif a été incapable d’encourager clairement au port du masque FFP2 les Français les plus susceptibles de faire des formes graves du Covid-19, des obèses aux immunodéprimés en passant par les personnes les plus âgées.

Un masque FFP2 qui présente de bonnes garanties de sécurité pour les individus refusant de se faire vacciner parmi ces populations à risque. À savoir que, selon plusieurs études faites par des laboratoires, si deux individus portent un masque FFP2, le risque maximum de contamination au Covid entre eux est de seulement 0,4 % contre 30 % pour des personnes portant des masques chirurgicaux.

Il a donc fallu l’arrivée du variant Omicron pour voir la question de l’utilité du FFP2 arriver dans le débat public. Ainsi, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti appelait le 2 janvier dernier à la « généralisation des masques FFP2 », qui « protègent plus » face au Covid-19. Il a ainsi demandé « à l’Etat de doter en masques FFP2 les publics vulnérables, les personnels de santé et les personnels publics comme les enseignants ».

En Autriche, en Italie, et dans certaines régions d’Allemagne, le masque FFP2 est désormais obligatoire dans les transports et dans certains commerces ou lieux culturels. Mais, là encore, le gouvernement français et le Parlement sont-ils capables de faire preuve de nuance ? Imposer le port d’un masque FFP2 en extérieur à un individu de 20 ans très peu susceptible de développer une forme grave de la maladie (a fortiori avec Omicron) ou l’imposer à un obèse à l’entrée d’un magasin bondé n’aurait absolument pas la même pertinence… D’autant plus que ces masques sont environ six fois plus onéreux que les chirurgicaux.

Enfin, aux dernières nouvelles, le Haut Conseil de la santé publique doit émettre dans les prochains jours un avis (déjà attendu le 7 janvier mais reporté) sur l’utilité ou non de généraliser le port du masque FFP2.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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1 COMMENTAIRE

  1. Les atermoiements d’un exécutif aux ordres de l' »état profond » ne vous indiquent rien quant à l’utilité ou non de se masquer dans une épidémie. Il faut raisonner sur l’écosystème d’un virus. Le milieu de vie d’un virus est le milieu cellulaire. Hors de ce milieu, la survie du virus est brève, notamment dans un milieu relativement sec comme l’air. Le milieu extérieur, surtout à la campagne ou au bord de la mer, est certainement le milieu le plus pur au plan de la contamination virale. Une protection par masque, quelque soit les performances de ces masques, n’a aucun sens. L’homme masqué dans l’air extérieur, ressemble à un soldat caparaçonné de protections dans un champ de bataille vide de tout ennemi.

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