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Aux élections municipales, seules les listes obtenant au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent accéder au second tour. Et obtenir ainsi des conseillers municipaux. A Rennes, la question se pose pour La France insoumise et le Rassemblement national.
« Il n’y aura pas d’alliance avec la LFI locale, dominée par les Jeunes insoumis en mode agit-prop contre la municipalité. Nathalie Appéré ne compte pas reproduire sur ses terres ce Nouveau Front populaire qu’elle soutenait pourtant au niveau national, pas plus tard qu’aux législatives de juin 2024. Tant pis pour la cohérence (…) Avec ou sans les électeurs insoumis, Nathalie Appéré n’aura aucune difficulté à se qualifier pour le second tour. » (Le Mensuel de Rennes, février 2025)
La règle du jeu lui est favorable. « Si aucune liste n’a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, il est procédé à un deuxième tour. » (Article L.262 du code électoral). « Seules peuvent se présenter au second tour les listes ayant obtenu au premier un nombre de suffrages au moins égal à 10 p. 100 du total des suffrages exprimés. » (Article L. 264). Si bien qu’aux élections municipales de mars 2020, seules quatre listes pouvaient se qualifier pour le second tour : Nathalie Appéré (PS, 32,78 %), Matthieu Theurier (écologiste, 25,37 %), Carole Gandon (macroniste, 14,29 %) et Charles Compagnon (droite, 12,21 %) ; les cinq autres étaient éliminées, en particulier la liste des Insoumis (Enora Le Pape, 7,54 %) et celle du Rassemblement national (Emeric Salmon, 4,21 %). Finalement, il n’y eut que trois listes en compétition au second tour puisque Nathalie Appéré et Matthieu Appéré ont fusionné. Leur liste l‘emporte facilement (65,35 %, 51 élus), écrasant Carole Gandon (17,49 %, 5 élus) et Charles Compagnon (17,16 %, 5 élus). Très satisfaite, Nathalie Appéré déclare : « Les Rennais ont fait un choix clair. Rennes est ce soir à l’avant-garde d’une force de gauche sociale et écologiste » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, lundi 29 juin 2020). En réalité, les Rennais n’ont pas effectué un « choix » si clair que cela puisque le niveau de l’abstention est élevé : 60,36 % (70 294 inscrits) au premier tour et 68,32 % (79 670 inscrits) au second.
La barre des 10 % des suffrages exprimés
Evidemment, les résultats des élections européennes (9 juin 2024) peuvent rendre Nathalie Appéré optimiste. Dans sa ville, la liste de la gauche sociale-démocrate (Raphaël Glucksmann) arrive en tête (24,93 %, 17 772 suffrages), devançant celle des Insoumis (Manon Aubry, 17,85 %, 12 727 suffrages). Sans oublier celle des écologistes (Marie Toussaint, 14,40 %, 10 265 suffrages) et celle des communistes (Léon Deffontaines, 1,99 %, 1 419 suffrages). Sur le papier, une liste conduite par Nathalie Appéré et regroupant socialistes, écologistes et communistes devrait l’emporter facilement. Pas besoin des Insoumis. Mais, si ces derniers réalisent un score équivalent, non seulement ils seront qualifiés pour le second tour, mais ils pourront obtenir quelques élus ; on leur fait confiance pour mettre le bordel lors des réunions du conseil municipal. « Notre objectif est de porter un programme de rupture à l’échelle municipale », écrivent les Insoumis dans leur “texte d’orientation stratégique“ adopté par “l’assemblée représentative“ (14.12.2024)
De toute manière, la France insoumise présentera une liste à Rennes ; courant février ou début mars, le chef de file sera désigné. « Via des assemblées de militants locaux susceptibles de départager les candidats “par consensus“, quand c’est possible (le vote étant considéré comme “clivant“). Débuteront alors les travaux programmatiques et les consultations avec les partenaires putatifs. » (Le Mensuel de Rennes, février 2025)
Si on se base sur la situation actuelle, être qualifié pour le second tour n’est pas certain pour la France insoumise, car le parti n’a pas, en ce moment, le vent en poupe. Et ne pas obtenir ces fameux 10 % des suffrages exprimés empêcherait ses militants rennais d’accéder au second tour – dans ces conditions, Marie Mesmeur, Gwénolé Bourrée et Ulysse Rabaté ne deviendraient pas conseillers municipaux. Une certitude : les « félons » du Parti socialiste ne sont « pas trop mécontents de constater, au vu des élections partielles, dans l’Isère puis à Villeneuve, que les Insoumis du NFP semblent faire désormais plus peur aux électeurs qu’à eux-mêmes. Et ainsi de s’émanciper de la tutelle autoritariste de Mélenchon en redoutant moins LFI » (Le Canard enchaîné, 5 février 2025). Quant à Jean-Luc Mélenchon, il n’est plus en mesure de jouer le rôle de locomotive puisque 81 % des Français le perçoivent comme un handicap pour la gauche. 64 % des sympathisants de gauche partagent cet avis. Plus grave pour LFI, 52 % des sympathisants de gauche préfèrent Hollande, contre 36 % pour Mélenchon. (Odoxa, Presse Océan, mardi 28 janvier 2025)
La possibilité de ne pas avoir une liste LFI contre elle au second tour devrait ravir Nathalie Appéré. Sa satisfaction serait complète si, en plus, la liste du Rassemblement national ne parvenait pas à franchir la barre des 10 %. Les « extrêmes » n’ont pas leur place au sein d’un conseil municipal réservé aux « gens raisonnables »…
Bernard Morvan
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5 réponses à “Rennes : Nathalie Appéré (PS) ne veut pas des Insoumis”
Que feront les Ecologistes ? Ils aspirent évidemment à prendre la mairie. En restant alliés à Mme Appéré, ils n’arriveront au mieux qu’à maintenir le statu quo. Or une liste LFI + Ecologistes aurait quelque chance d’arriver en tête devant les socialistes, alliés ou non aux communistes résiduels. Avec pour risque de ne pas parvenir à une alliance pour le second tour… et de laisser la place à la droite.
Pfff , en Belgique , plusieurs grosses agglomérations sont tenues par le PS. On a compris que la secte escrolo pro charia devait être éliminée , ce qui est fait dans les communes et au gouvernement national. Par contre la gestion des islamo gauchos du PS est scandaleuse et trop couteuse en défaveur des citoyens belges de souche !! Pauvre Rennes
Si les Verts observent bien les chiffres, ils préféreront Appéré et de solides places d’adjoints à l’aventure avec des éléphistes qui ne semblent pas très partageurs… et dont l’assise électorale vacille. Ensuite, tout est entre les mains des abstentionnistes, les dés ayant été pipés lors des dernières municipales. Mais de là à imaginer un risque « à droite », la sociologie rennaise ne s’y prête plus !
Bon alors, les candidats de droite voire du Centre, on se remue, à Rennes, à Nantes !!!…Ou on attend la guerre civile ?
on verra les retournement de veste quand les élections seront proches