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Alors que la question migratoire continue de diviser l’Europe, la Première ministre danoise Mette Frederiksen s’est démarquée une nouvelle fois en tenant un discours particulièrement ferme sur l’immigration. Lors d’un entretien accordé à Politico, elle a affirmé considérer « l’immigration massive comme une menace pour la vie quotidienne en Europe », reprenant en partie les arguments avancés par JD Vance, vice-président américain sous l’administration Trump.
Une position ferme qui tranche avec la ligne socialiste traditionnelle
Si la cheffe du gouvernement danois appartient au camp social-démocrate, sa politique migratoire tranche nettement avec celle de nombreux dirigeants de gauche en Europe. Élu en 2019, Frederiksen a poursuivi et renforcé la politique migratoire restrictive du Danemark, faisant du pays l’un des plus fermés du continent en matière d’accueil de réfugiés et d’immigrés.
« Il n’y a rien de plus urgent que l’immigration massive », a-t-elle déclaré, rejoignant la position défendue par JD Vance lors de la Conférence de Munich sur la Sécurité en février dernier. Lors de cet événement, le vice-président américain avait choqué une partie de l’auditoire européen en affirmant que l’immigration constituait une menace plus grande que la Russie. Frederiksen, bien que ne partageant pas cette vision sur la Russie, a reconnu que Vance avait raison sur l’importance du défi migratoire.
Sa fermeté sur l’immigration a permis à son parti de rester au pouvoir, contrairement à d’autres leaders socialistes européens, comme Olaf Scholz en Allemagne ou Pedro Sánchez en Espagne, qui ont refusé d’adopter une ligne dure sur ce sujet et dont la popularité a chuté.
Des mesures radicales pour limiter l’immigration
Depuis plusieurs années, le Danemark applique une série de mesures dissuasives pour réduire drastiquement le nombre de migrants. Parmi elles :
- Des campagnes de communication dans les pays d’origine pour dissuader les migrants de venir au Danemark.
- La confiscation des biens de valeur des demandeurs d’asile pour financer leur séjour.
- La déportation accélérée de Syriens vers leur pays d’origine sous le régime de Bachar al-Assad.
- La loi controversée du « zéro ghetto », visant à limiter la proportion de populations immigrées dans certains quartiers du pays.
- Une loi de 2021 permettant d’envoyer des demandeurs d’asile dans des centres situés hors de l’Union européenne, notamment au Rwanda.
Si certaines de ces mesures existaient déjà avant son arrivée au pouvoir, Frederiksen les a renforcées et maintenues malgré les critiques des ONG et des institutions internationales.
Une ligne dure assumée malgré les critiques
Ces politiques migratoires ont valu au Danemark de nombreuses critiques, notamment de la part des organisations de défense des droits de l’Homme. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a dénoncé la confiscation des biens des migrants, et la Cour de justice de l’Union européenne a récemment jugé la loi « zéro ghetto » comme discriminatoire sur des bases ethniques.
Malgré ces critiques, Frederiksen ne recule pas. Elle affirme que ses décisions sont prises pour garantir la sécurité et la stabilité du pays, et que ses électeurs soutiennent largement cette politique.
« Aucun électeur en Europe n’a voté pour l’ouverture des vannes à des millions de migrants non contrôlés », a-t-elle martelé, faisant écho aux propos de JD Vance. Elle rappelle que des votes comme le Brexit ou la montée des partis conservateurs à travers l’Europe sont des réactions directes à l’immigration incontrôlée.
Bien que le Danemark soit un cas particulier au sein de l’Union européenne, du fait de son statut spécial en matière de politique migratoire, il influence de plus en plus les débats au niveau européen. En 2024, le pays a mené un groupe de 20 États membres proposant des réformes pour accélérer les expulsions et externaliser les demandes d’asile.
L’Union européenne, sous l’impulsion de pays comme le Danemark, l’Autriche ou la Hongrie, a également renforcé sa coopération avec des pays tiers pour limiter les arrivées de migrants. L’accord de 7 milliards d’euros signé avec l’Égypte en 2024 pour freiner les flux migratoires en est un exemple flagrant.
Sécurité et migration : deux faces d’un même enjeu
Pour Frederiksen, la question migratoire est indissociable des autres préoccupations sécuritaires en Europe.
« Si je demande aux gens quelles sont leurs inquiétudes en matière de sécurité, ils me parleront de la Russie et de la défense de l’Europe. Mais la sécurité, c’est aussi ce qui se passe dans votre quartier », a-t-elle affirmé.
Elle met en avant l’impact de l’immigration incontrôlée sur les communautés locales, notamment en matière de criminalité et d’intégration, un discours qui trouve un écho grandissant dans plusieurs pays européens.
Frederiksen, qui se définit comme une sociale-démocrate pragmatique, assume ce tournant : « Être en contrôle de la migration est aussi important que de garantir un modèle social équitable. C’est la seule façon de préserver notre système de protection sociale. »
Le débat sur l’immigration en Europe est loin d’être clos. Mais une chose est sûre : le Danemark montre la voie à une politique migratoire bien plus restrictive, et de nombreux États pourraient bientôt suivre son exemple.
Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
5 réponses à “Danemark. Mette Frederiksen (Premier ministre) : « Aucun électeur en Europe n’a voté pour l’ouverture des vannes à des millions de migrants non contrôlés »”
Parce que l’Europe se garde bien de demander l’avis des peuples qui la composent ! C’est une mascarade de démocratie. Une imposture.
Mette Frederiksen n’a pas attendu J.D. Vance pour adopter une ligne anti-immigration. En fait, ce sont les économistes de Harvard Alberto Alesina et Edward Glaeser, qui sont les auteurs d’un ouvrage intitulé »Combattre les inégalités et la pauvreté. Les États-Unis et l’Europe », qui ont été à l’origine du changement radical de cap des socialistes danois. La thèse des deux économistes est que dans les sociétés hétérogènes le niveau de confiance entre les différents groupes est bas et ces derniers refusent la mutualisation des dépenses d’entre-aide. Dans des États sociaux, comme le Danemark, l’hétérogénéité menace donc la redistribution des richesses et l’organisation de leur communauté nationale. C’est pour défendre l’État providence, et non pas l’identité viking supposée des Danois, que les socialistes ont adopté un programme radical contre l’immigration, ce qui leur a permis, par ailleurs, de faire baisser les votes en faveur des « populistes » qui sont passés de 20 à 5%; c’est ce qui pourrait arriver au RN si un parti de gauche s’alignait sur leurs collègues danois parce que, selon un sondage, les deux tiers des électeurs du RN adhéraient au programme économique de LFI en 2022 !
voila que les socialistes danois deviennent d’extrême droite puisqu’ils font les mêmes constats, je ricane
En aout 1999, j’avais été passé des vacances au Danemark.
Un gars qui m’avait pris en stop m’avait proposé en plus de dîner avec sa famille (il apprenait le français) avant de me déposer à la gare de tramway.
Ils allaient voter pour ou contre leur adhésion à l’Europe et m’avaient demandé mon avis. Loin de penser au « Grand Remplacement » à l’époque, je leur avais conseillé de voter contre, car ils allaient perdre leur souveraineté.
Bruxelles décide, les autres n’ont qu’à obéir !
En aout 1999, j’avais été passer des vacances au Danemark.
Un gars qui m’avait pris en stop m’avait proposé en plus de dîner avec sa famille (il apprenait le français) avant de me déposer à la gare de tramway.
Ils allaient voter pour ou contre leur adhésion à l’Europe et m’avaient demandé mon avis. Loin de penser au « Grand Remplacement » à l’époque, je leur avais conseillé de voter contre, car ils allaient perdre leur souveraineté.
Bruxelles décide, les autres n’ont qu’à obéir !