Royaume-Uni. Immigration : les travaillistes durcissent le ton sous la pression électorale

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Le gouvernement britannique dirigé par Keir Starmer a dévoilé, lundi 12 mai, un programme de réduction de l’immigration qualifié de « radical » par Downing Street. À travers un durcissement général des conditions d’entrée et de séjour, le Premier ministre travailliste entend, selon ses mots, « reprendre le contrôle des frontières britanniques ». Une expression qui fait écho aux slogans du camp brexiter en 2016.

Une restriction de regroupement familial envisagée

L’objectif est clair : faire baisser l’immigration nette, qui s’est élevée à 728 000 personnes entre juin 2023 et juin 2024, et répondre à la montée en puissance du parti anti-immigration Reform UK, renforcé lors des élections locales du 1er mai. En tête du programme, une réforme du statut de résident permanent. Il faudra désormais dix années de présence au Royaume-Uni, contre cinq jusqu’à présent, sauf pour certains profils jugés essentiels (médecins, ingénieurs, spécialistes IA). L’an dernier, 162 000 personnes ont obtenu ce statut, en hausse de 35 %.

Le gouvernement veut également restreindre le regroupement familial : les conjoints et adultes à charge devront démontrer un niveau d’anglais suffisant. Les étudiants étrangers verront quant à eux leur droit de séjour post-diplôme réduit de deux ans à dix-huit mois.

Limiter l’immigration de travail

Autre axe majeur, les visas de travail seront désormais soumis à des conditions plus strictes. Le seuil d’entrée pour les professions qualifiées est relevé à un niveau équivalent à la licence. Le ministère de l’Intérieur table sur une réduction d’environ 50 000 entrées par an. « Pendant des années, notre système a encouragé les entreprises à faire venir des travailleurs moins bien payés, plutôt que d’investir dans nos jeunes », a dénoncé Keir Starmer, qui prône « une rupture nette avec le passé ».

Les employeurs devront justifier d’investissements dans la formation locale. Dans les secteurs dits « en tension », comme le soin ou la dépendance, le recrutement international sera restreint. Le gouvernement veut aussi mettre fin à l’embauche directe à l’étranger dans le secteur de la santé, aujourd’hui massivement dépendant de la main-d’œuvre étrangère.

L’exécutif entend également durcir les règles d’expulsion : la peine minimale de prison requise pour éloigner un étranger pourrait être abaissée, contre un an actuellement. Une disposition jugée nécessaire alors que plus de 11 000 migrants ont déjà traversé la Manche depuis janvier. Le chiffre avait atteint 36 800 en 2023.

Un rééquilibrage stratégique sur fond de pression populiste

Avec ce plan, Keir Starmer cherche à reprendre la main sur un sujet devenu électoralement central. Il a dénoncé un système migratoire « presque conçu pour permettre les abus » et s’est engagé à « réparer le gâchis » hérité des précédents gouvernements. « Ce n’est pas du contrôle, c’est du chaos », a-t-il affirmé, en référence au bilan conservateur.

Mais Reform UK, emmené par Nigel Farage, dénonce une politique insuffisante et réclame la sortie du Royaume-Uni de la Convention européenne des droits de l’homme pour permettre des expulsions sans obstacle juridique. Le gouvernement, pour l’heure, refuse un tel retrait, mais promet une législation « plus rigoureuse que jamais ».

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “Royaume-Uni. Immigration : les travaillistes durcissent le ton sous la pression électorale”

  1. ordo dit :

    « sauf pour certains profils jugés essentiels (médecins, ingénieurs, spécialistes IA). L’an dernier, 162 000 personnes ont obtenu ce statut, en hausse de 35 % »
    C’est une plaisanterie ? Cela fait près de 450 ingénieurs ou médecins par jour, chaque jour de l’année ; c’est à minima du foutage de gu…le.

    Comment les Brit’s peuvent ils croire ce guignol immagrationniste ?

  2. mouhet dit :

    Ce monsieur est en difficultés financière économique sociale en faillite annoncée pour son pays en perte de vitesse partout. Pour se maintenir il veut toujours guerroyer contre la Russie qui n’a rien voir avec le débâcle britannique.

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