Soixante-dix ans après la catastrophe du Bois du Cazier, la cérémonie organisée samedi 8 août à Marcinelle, en Belgique, pour honorer les 262 mineurs morts en 1956, dont 136 Italiens, a été rattrapée par une polémique politique. Plusieurs syndicalistes ont tourné silencieusement le dos au président du Sénat italien, Ignazio La Russa, pendant qu’il lisait un message du président de la République Sergio Mattarella.
Le geste est confirmé par le média belge 7sur7 et par les images rapportées par le Corriere della Sera. La FGTB belge a revendiqué cette protestation, son responsable régional Vincent Pestieau expliquant qu’elle visait la présence de responsables de Fratelli d’Italia et non Sergio Mattarella. Le groupe s’est également retourné pendant l’intervention d’Antonella Sberna, vice-présidente du Parlement européen.
Le symbole est lourd. Le 8 août 1956, un incendie ravageait le charbonnage du Bois du Cazier. Selon le site officiel du lieu de mémoire, 275 hommes se trouvaient au fond et seuls treize survécurent. Marcinelle reste la catastrophe la plus meurtrière de l’histoire minière wallonne.
Meloni dénonce un « geste de mépris »
En Italie, la protestation a provoqué une vive réaction. Giorgia Meloni a dénoncé, selon Agenzia Nova, « une protestation politique transformée en geste de mépris envers les institutions de l’État », jugeant particulièrement grave qu’un tel geste intervienne pendant un hommage aux travailleurs morts.
Ignazio La Russa a pour sa part accusé la CGIL italienne d’avoir été impliquée dans la contestation. Dans un entretien au Corriere della Sera rapporté le 10 août par Agenzia Nova, il affirme que la CGIL et le syndicat belge avaient préparé ensemble leurs initiatives autour de la cérémonie. Il soutient également que des témoins lui ont rapporté des commentaires vulgaires, voire sexistes, à proximité de Maurizio Landini. Ces accusations ne sont toutefois pas établies indépendamment.
La CGIL nie toute participation
Maurizio Landini, secrétaire général de la CGIL, dément catégoriquement que sa délégation ait participé au geste. Selon Agenzia Nova, il accuse ses adversaires de propager des « mensonges » et renvoie aux préoccupations liées aux accidents du travail, aux salaires et à la précarité.
La polémique porte donc désormais sur une éventuelle participation de membres de la CGIL à une protestation revendiquée par la FGTB belge.
Reste une image regrettable : celle d’une cérémonie consacrée à 262 travailleurs morts au fond d’une mine détournée, quelques instants, par un affrontement partisan. À Marcinelle, le souvenir des victimes méritait sans doute que le recueillement passe avant les querelles politiques.
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