À l’origine, la route départementale 34 (RD 34) reliant Quimper à Bénodet sur seize kilomètres et demi, surnommée « route des plages », était l’un des axes les plus fluides du Finistère sud. Avec ses 16 000 véhicules quotidiens en basse saison — chiffre qui s’envole à la belle saison —, elle constituait un lien essentiel entre la préfecture du département et son littoral, traversant Pleuven, Gouesnac’h, Moulin-du-Pont et reliant les zones d’emploi quimpéroises aux communes balnéaires du Pays fouesnantais.
Mais depuis 2024-2025, et notamment depuis l’achèvement du tronçon Quimper-Moulin-du-Pont le 4 juillet 2025, les usagers en font les frais : l’axe est désormais saturé, ponctué de ronds-points créés en série, privé de ses créneaux de dépassement, et flanqué de deux pistes cyclables bidirectionnelles… presque toujours désertes. Coût total de l’opération : 3,8 millions d’euros d’argent public, pour un résultat unanimement décrié par les habitants du secteur.
Une transformation idéologique imposée à un axe fonctionnel
Les travaux engagés sur la RD 34 procèdent d’une logique désormais bien connue de l’aménagement territorial à la française : réduire l’espace dévolu à la voiture, multiplier les ronds-points et les passages obligés, créer des pistes cyclables sur les axes les plus structurants — même quand le terrain et la fréquentation ne s’y prêtent absolument pas. La RD 34 illustre parfaitement cette doctrine appliquée hors-sol. L’axe traversait précédemment une succession de communes périurbaines et rurales sur un tracé direct, autorisant une vitesse de 80 km/h sur la majeure partie de son parcours, avec quelques créneaux de dépassement sécurisés permettant d’éviter les engorgements derrière les véhicules lents.
Tout a changé. Les créneaux de dépassement ont été supprimés. Des giratoires se sont multipliés à un rythme jugé « anarchique » par plusieurs riverains, dont la fonction principale semble surtout de ralentir le flux. La largeur de la chaussée a été réduite au profit de deux pistes cyclables bidirectionnelles parallèles à la route, sur des kilomètres. Résultat sur le terrain : là où l’on roulait jadis à 80 km/h, la vitesse moyenne effective oscille désormais entre 30 et 40 km/h en heures de pointe, lorsqu’elle n’est pas tout simplement à l’arrêt. Pour les habitants du Pays fouesnantais qui travaillent à Quimper, le trajet quotidien s’est allongé d’environ dix minutes — soit près d’une heure et demie de temps perdu par semaine.
Une « route des glands », selon l’ancien maire de Quimper
L’ironie veut que les critiques les plus virulentes émanent désormais d’élus locaux qui n’appartiennent pas à l’opposition systématique mais à des bords politiques variés. L’ancien maire de Quimper Ludovic Jolivet n’a pas mâché ses mots sur les réseaux sociaux, qualifiant ouvertement le nouvel axe de « route des glands ». L’expression, brutale mais imagée, résume le sentiment partagé par une majorité d’usagers : on a transformé un axe efficace en parcours d’obstacles ralentissant tout le monde, automobilistes comme cyclistes (quand il y en a), sans gain mesurable de sécurité ni d’écologie.
Sur Facebook et les autres réseaux sociaux, les groupes d’habitants du Pays fouesnantais débordent de témoignages exaspérés. Le quotidien Ouest-France, à l’occasion d’un appel à témoignages publié pendant les deux mois de fermeture totale dans le sens Bénodet-Quimper (du 3 février au 31 mars 2025), avait recueilli une masse considérable de plaintes : trajets rallongés de vingt minutes minimum, enfants déposés en garderie tôt le matin pour permettre aux parents d’arriver à l’heure au travail, détours imposés de quinze kilomètres pour se rendre à un bureau distant de six kilomètres, déviations officielles passant par Fouesnant, Saint-Évarzec ou le Pays bigouden — autrement dit, faisant traverser la moitié du Finistère pour rejoindre la préfecture.
Des pistes cyclables désertes pour des automobilistes embouteillés
L’aspect le plus paradoxal de l’opération est le suivant : les pistes cyclables bidirectionnelles, qui ont justifié la réduction de la chaussée routière, sont quasiment inutilisées. Le constat est répété par tous les habitants du secteur. Et pour cause : la distance entre les communes balnéaires du Pays fouesnantais — Bénodet, Fouesnant, Beg-Meil, Mousterlin — et les zones d’emploi de Quimper varie entre vingt et quarante kilomètres aller-retour quotidien. Une distance que personne, ou presque, n’envisage de parcourir à vélo six jours sur sept, par temps humide, vent breton et pluies hivernales.
Une habitante de Beg-Meil, automobiliste roulant en voiture électrique depuis 2021, formulait avec exaspération dans Ouest-France : « Comme si les Fouesnantais allaient faire 40 km de vélo par jour pour aller travailler ! » La remarque est imparable. La promotion du vélo en zone rurale et périurbaine se heurte aux mêmes obstacles partout en France : distances, météo, topographie, transport d’enfants et de courses. Dans un département breton où les pluies dépassent les 130 jours par an, où les vents d’ouest soufflent fort, où le relief alterne montées et descentes, imaginer 16 000 véhicules quotidiens basculer vers la mobilité douce relève de la pensée magique.
Le résultat est une route qui ne sert plus efficacement personne. Les automobilistes patientent dans les bouchons. Les rares cyclistes (souvent des sportifs en week-end, rarement des actifs en semaine) bénéficient certes d’aménagements sécurisés, mais l’écrasante majorité des kilomètres de bitume neuf est sous-utilisée.
L’idéologie « anti-voiture » contre la réalité périurbaine
L’épisode de la RD 34 illustre une dérive plus large qui touche désormais l’ensemble des grandes collectivités territoriales françaises, gauche et droite confondues. La doctrine de la « ville apaisée », du « partage de l’espace public », de la « lutte contre l’autosolisme » — ce néologisme militant désignant péjorativement le fait de conduire seul dans sa voiture — s’est imposée comme un dogme transversal, appliqué uniformément du centre des grandes métropoles aux confins ruraux du pays. Or ce qui peut faire sens à Paris intra-muros, à Lyon centre ou dans le Vieux-Lille, n’a tout simplement aucune pertinence sur une route départementale du Finistère traversant des hameaux isolés.
Le département du Finistère, qui pilote cette opération, n’a manifestement pas tenu compte des spécificités locales. Les 3,8 millions d’euros consacrés à cette transformation — argent du contribuable, faut-il le rappeler — auraient pu trouver mille usages plus utiles dans un département qui ne manque ni de besoins en équipements scolaires, ni en infrastructures sanitaires, ni en restauration du patrimoine. Au lieu de quoi, l’argent public a servi à empêcher des milliers de Bretons d’aller travailler dans des conditions correctes.
Un commerce local sous pression
L’impact économique de l’opération inquiète également les commerces et entreprises situés le long de l’axe. Durant les phases de travaux, plusieurs commerçants ont craint pour leur chiffre d’affaires. La fermeture pure et simple de la route dans le sens Bénodet-Quimper pendant deux mois entiers (février-mars 2025) a contraint de nombreux automobilistes à emprunter des itinéraires de remplacement qui ne passaient plus du tout par les zones commerciales habituelles.
Plus profondément, la transformation pérenne de la RD 34 en axe lent risque de modifier durablement les habitudes de fréquentation. Les Quimpérois et habitants des environs qui se rendaient en soirée à Bénodet pour profiter du littoral, dîner ou prendre un verre face à la mer, hésiteront davantage face à un trajet désormais plus long et plus pénible. Le tissu touristique et commerçant côtier, déjà fragilisé par la saisonnalité, pourrait en pâtir durablement.
Quand la démocratie locale se passe des usagers
Une dernière question, et non la moindre : à aucun moment les habitants concernés n’ont eu leur mot à dire sur la transformation de leur principale voie d’accès au travail. Les concertations publiques, lorsqu’elles ont eu lieu, n’ont accueilli que les militants pro-vélo et associations dédiées, jamais la majorité silencieuse des automobilistes qui empruntent la route chaque matin. Le projet a été conçu en bureau, validé en conseil départemental, et imposé sans véritable débat démocratique aux premiers concernés.
La RD 34 n’est pas un cas isolé. Partout en Bretagne et en France, des routes départementales fonctionnelles subissent le même traitement, au nom d’une transition écologique théorique qui, dans les faits, complique la vie des classes moyennes périurbaines tout en flattant la conscience politique des élus métropolitains. À Quimper, à Bénodet, à Pleuven et dans tous les hameaux du Pays fouesnantais, on ronchonne au volant, on perd son temps, on s’agace — et l’on attend, sans trop y croire, que les responsables politiques de l’aménagement reviennent un jour à un peu de pragmatisme. En attendant, comme le résume si bien Ludovic Jolivet, la « route des glands » – construite par des idéologues aux influences rouges-vertes totalement déconnectés des réalités – porte décidément bien son surnom.
Photo : département du finistère
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23 réponses à “RD 34 entre Quimper et Bénodet : 3,8 millions d’euros pour transformer une route fluide en cauchemar quotidien”
Bonjour,
N’accusez pas les pistes cyclables. Il n’y a rien de pire pour un cycliste qu’un rond point. Ce sont des aménagements idéologiques, qui n’ont pas été pensés avec les usagers à 2 roues. Le cycliste est aussi un automobiliste qui constate les aberrations et la volonté « d’emm…. » les conducteurs, et qui en subit la bêtise. Il n’y a qu’à songer aux dos d’ânes illégaux, qui procèdent de la même folie d’élus tyranniques, qui veulent vendre à leur population féminisée « la sécurité ».
Cdt.
M.D
La prolifération des ronds point sur la totalité du territoire français est une aberration mis en place par les pastèques afin de forcé les utilisateurs de véhicules a moteur (thermique ou électrique) a passer obligatoirement au vélo , lasse les pastèques ont oublier qu’il faut bien que les marchandises de tout type puissent être livrés la ou c’est demander, pour cela il faut des camions; camions qui du fait de cette prolifération de ronds points plus ou moins légaux et respectueux des bonnes dimensions , empêchent les dit camions de circuler rapidement d’un point A à un pont B, entravant de ce faite la circulation et le bon fonctionnement des commerces et entreprise de ce pays. Ne parlons pas de l’argent dépenser pour ces ronds points ; argents qui auraient pus être utiliser pour le bien commun et non pour satisfaire les lubies d’une minorité d’attarder mentaux.
Il serait intéressant que quelqu’un se penche sur le cas »prolifération » des ronds points en dehors de celui de la sécurité.
Demat, pour calmer la colère compréhensible de nos amis finistériens (« allez on a qu’un père » je rigole), la chanson pépite de Dire Straits en concert SVP « the Télegraph Road » me semble pertinente à lire cet article n’est ce pas ? Alors si oui, écoutons-la en ce jeudi de l’Ascension sur Dailymotion sans la publicité ? « https://www.dailymotion.com/video/x84wl » ; tout cela pour dire qu’avec l’association « Ligue de défense des Conducteurs » nous nous battons pour qu’on arrête de gaspiller notre argent dans des projets aussi coûteux en plus sans l’aval de la population locale. Mieux vaut réparer les nids de poule pour prévenir les accidents et des routes plus sûres qui permettent aux usagers de la route (piétons, cyclistes, automobilistes…etc) de se rendre au travail ou autres déplacements en toute sécurité. Kenavo.
Je l’attendais cet article. Enfin ! Quelle hérésie cet aménagement routier. On a compris les auomobilistes sont devenus des indésirables. Faudrait mesurer le nombre de cyclistes qui s’aventurent sur ces pistes. Maitenant ce sont les bouchons qui bloquent ceux qui y circulent matin et soir pour aller travailler. Il faut éviter d’emprunter cette route entre 16h30 et 19h (quand on peut). C’est quoi la prochaine mode ? Par pitié faites des études de terrain avant de passer à la gabéjie en veux tu en voilà. Avec cet argent des maisons/appartements auraient pu sortir de terre pour combler le manque de logements. A quand le prochain article sur les pistes cyclables des quais de l’Odet à Quimper ?
Tout ce que vous dites est vrai et en plus pour un petit moment d’inattention vous risquez tout les jours de prendre un pv avec le radar.
M’enfin ! Mais qui pense aux pauvres directeurs de la D.D.E. qui palpent une grosse enveloppe à chaque rond-point ? Nous, les gueux, ne devrions pas nous montrer charitables envers ces pôôôôvres directeurs accablés par le poids de leurs porte-feuilles déjà bien remplis !
Quand les idéologues comprendront que les indésirables c’est eux ?
Nous n’avons as fini de déplorer les méfaits de l’écologie revue à la sauce technocratique. Trois mois d’observation du trafic auraient dû suffire pour se rendre compte du caractère marginal de la circulation cycliste. Mais les idéologues en charge des décisions n’en ont stricteement rien à faire. Le tout pour un résultat voisin de zéro concernant la diminution des accidents.
Et que dire de la piste cyclable qui va de Benodet à Gouesnac’h, vide désespérément vide il est vrai qu’elle n’est pas balayée…. pour quel prix.
» J’ai mon vélo, je t’emmène à la plage. C’est pas loin, mais le joli, le joli voyage » Plein Soleil Gilbert Bécaud. Sur la RD34, je ne sens pas cette émotion poétique. Peu importe, je suis vieux et ai profité en mon temps de ma Mobylette entre Montpellier et Carnon. Dois-je plaindre les usagers qui sont canalisés voire bloqués ou les accabler de financer passivement ce genre d’aménagement. Il me vient un mot qui a caractérisé l’Italie des années 20. Je sais c’est abusif, mais ressenti et pourquoi pas puisque ce qualificatif est à la mode.
Bonjour. Ancien de l aménagement utile je suis entièrement en accord avec ces constatations. Vous oubliez la surconsommation de carburant due à la demande de puissance demandée à l’a reprise de vitesse à la sortie d’un ralentisseur ou d un giratoire. On est bien en face d une bande d’aménager poussés à faire, à créer des aménagements qui ne font plaisir qu’à l’élu-e en place. Pendant plusieurs années des personnes qualifiées conseillaient les élus locaux… Aujourd’hui ce sont c’est l’inverse. En gros vous faites ce qu on vous commande… on n a pas le temps de vous écouter d ici les prochaines élections… remettons les services d aménagements à leur place… Est ce que par hasard vous ne seriez pas en train de regretter les fonctionnaires formés depuis Napoléon qui ont remis la France debout après le dernier conflit international….
Les écolos ont ils pensé que les embouteillages occasionnés par ces aménagements augmentaient la pollution !
Bravo et merci : cet article est juste et parfait ; et il vaut, hélas, pour toutes les régions… quand les idéologues pseudo-écolos et les technocrates s’en mêlent, sûrs de détenir la Vérité, et sans consultation démocratique !
Hahaha OK BOOMER !
Ca ne vous consolera pas, vous n’êtes pas les seuls !
Ma commune, désormais cars et camions ont difficulté à se croiser…
Mais en plus, des trottoirs élargis bouffés par des massifs de plantation à l’entretien couteux.
Rajoutons les parcs boisés non entretenus, les vieux arbres tombent et pourrissent libérant leur carbone – les écolo-dingos peuvent être contents.
Qper/benodet..un cauchemard tous ces ronds points absurdes,..au lieu de déplacer constamment le radar,je pense qu’en mettre un ,très haut,aurait coûté moins cher..il y a des arbres morts,le radard avait sa place,au lieu de cette route de la bêtise humaine,.
En France on ne sait que critiquer.
Pendant une dizaine d’années j’ai pris cette route plusieurs fois par jours. Avant même la communication de futurs travaux je le disais qu’il fallait supprimer ces créneaux de dépassement. Certes pratique pour dépasser un tracteur ou une voiturette mais servaient surtout aux gens de ne pas respecter le 70km/h. Et que dire de l’intersection entre la route de Benodet et le chemin de Kéréquellou, ultra dangereuse, très accidentigene et plusieurs fois mortelle. Les deux autres rond-points ne sont là que pour permettre aux gens voulant tourner à gauche (par exemple aller chez Citroën en venant de Quimper) de pouvoir faire demi-tour et de finalement tourner à droite ce qui est bien plus sûr pour tout le monde. Les bandes cyclables ne sont là pour sécuriser l’usage des cyclistes.
En bref, cette route est beaucoup plus sûre maintenant.
Gardez vos distances de sécurité, acceptez de perdre 5 minutes pour rentrer chez vous. J’y suis passé à 18h cette semaine je n’ai pas eu de problème particulier.
Un vrai travail journalistique aurait pu trouver les raisons d’un tel aménagement (statistique accidents/décès/blessés) et aurait ainsi constaté que perdre un peu de confort pour plus de sécurité est une concession sans aucun doute louable.
Ce qui manque à l article ce sont les noms de ceux qui font ce genre de gabji… Pour qu aux prochaines élections cela leur coûte cher !
Parce que là, ils sont tranquilles !
Vous pouvez toujours râler 😞
Le seul rond point vraiment nécessaire était celui de Ty Glas, intersection du chemin de Kerequellou.
Le reste n’est que gaspillage de l’argent public, sources d’énervements et de dépenses…
Quant à la pollution, laissez moi rire…
Une catastrophe de plus, cette nouvelle route négligée des cyclistes, comme les autres pistes dites cyclables…
On l’appelait la “route des plages”, c’était avant… La RD34 est devenue une véloroute avec option voitures tolérées (sans vélo ou si peu) 🙃 On a sacrifié une route pour un concept.
Merci pour votre article, tout est dit.
Amis(es) automobilistes, je suis cycliste 15000 a 20000km par ans. Depuis l’aménagement de la route des plages je n’utilise plus cette route ou cette piste cyclable pour +++ raisons a l’automne trop dangereux avec les feuilles mouillés par endroit il ne faut pas avoir a freiner sous peine de gadin assuré après les tempête d’hiver branches kc se rajoute aux feuilles de plus elle n’est jamais nettoyée.Sans compter les poubelles des riverains qui faute de place nous rajoutent ses obstacles. Bref je me sens plus en sécurité en passant par la route de Concarneau et St Evarzec pour aller vers les plages. Une bande cyclable type chaussidou me paraît plus adaptée avec des panneaux de rappel priorité aux cycliste.
Je lis avec intérêt les articles sur la RD 34 et je partage pleinement les réactions des utilisateurs de cet itinéraire.
J’attire aussi l’attention sur l’accès à la gare de Quimper où nous été dessiné un joli parvis avec des bancs et un espace décoratif qui est loin d’être fonctionnel !
Nos élus se sont fait plaisir en neutralisant le bon sens nécessaire et qui là encore ne simplifie pas le quotidien des usagers. Sommes nous gouvernés par des élus qui ne réfléchissent pas ?