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Tony Zampino, maître tailleur installé à Beauvoir-sur-Mer, exerce son art depuis 78 ans. Dernier artisan de grande mesure dans toute la région, il lance un appel pour transmettre un savoir-faire menacé de disparition. Un jeune Nantais de 21 ans, Alan Carudel, s’est porté candidat pour reprendre le flambeau. Encore faut-il trouver le financement.
C’est une histoire comme on les aime : celle d’un métier ancestral, d’un vieil artisan qui refuse de baisser les bras et d’un jeune homme prêt à apprendre. Dans un monde submergé par la fast fashion et les vêtements jetables produits à l’autre bout de la planète, la boutique de Tony Zampino, au 16 rue Charles Galet à Beauvoir-sur-Mer, ressemble à un îlot de résistance.
78 ans de ciseaux et de fil
Tony Zampino a commencé le métier de tailleur à l’âge de 8 ans, dans son village italien, après la guerre. « Les artisans nous prenaient en charge pour qu’on ne fasse pas de bêtises dans la rue », raconte-t-il avec malice. Ce qui était au départ une obligation est devenu la passion d’une vie. Après 62 ans passés en Italie, il s’est installé en Vendée il y a six ans, à deux pas de la mer — et de ses coins de pêche à la palourde.
À 86 ans, il continue de tracer, découper et coudre entièrement à la main. Un pantalon sur mesure ? Comptez un jour et demi de travail, soit environ 14 heures de minutie artisanale. « On ne peut pas accélérer. Nous les artisans, on travaille lentement, on fait attention à tout », explique-t-il. Parmi ses innovations : un costume ultra-léger et infroissable de 400 grammes, déposé en 2012, né d’une nécessité toute familiale — le mariage de son fils dans le sud de l’Italie, en pleine canicule.
Un métier en voie d’extinction
La situation du métier de tailleur grande mesure en France est critique. Selon Dominique, son épouse et fidèle soutien dans la boutique, et les témoignages de professionnels du secteur, ils ne seraient plus qu’une vingtaine en France à pratiquer cet art dans les règles. Tous ont dépassé les 60 ans.
Le constat est implacable : il n’existe plus aucune école de formation à la grande mesure en France. Les jeunes qui se forment aujourd’hui sont orientés vers des ateliers mécaniques. Le savoir-faire du toucher, du montage d’un point à la main, de la coupe sur mesure à 100% — tout cela se perd inexorablement. « Si on ne prévoit pas un remplacement dans les cinq ans à venir, le métier disparaîtra », alerte un connaisseur du milieu, lui-même fils de tailleur parisien.
Évidemment, tout le monde ne peut pas s’offrir un costume à 4 000 ou 5 000 euros. Mais le vrai problème est ailleurs. La fast fashion — ces millions de vêtements bas de gamme produits dans des conditions sociales et écologiques désastreuses — a achevé de détruire une filière qui irriguait autrefois chaque ville et chaque bourg de France. On produisait local, on produisait durable, on produisait avec fierté. Aujourd’hui, on importe du jetable.
Le tailleur sur mesure, c’est exactement l’inverse de cette logique mortifère : un vêtement fait pour durer, adapté à celui qui le porte, réalisé par un artisan qui connaît son client. C’est l’anti-Shein, l’anti-déracinement vestimentaire.
Alan Carudel, 21 ans : la relève venue de Nantes
C’est là qu’entre en scène Alan Carudel. Ce Nantais de 21 ans, passionné par l’art tailleur, a rencontré Tony Zampino en 2025. Le courant est passé. Le maître est prêt à transmettre, l’élève est prêt à apprendre. Un dispositif « maître-élève » existe d’ailleurs en France, permettant à un jeune de se former sur deux à trois ans avec l’objectif de reprendre l’activité.
Mais comme souvent dans ce pays où l’on subventionne à tour de bras des associations douteuses et des projets fumeux, c’est pour transmettre un authentique savoir-faire enraciné que le financement manque. Alan et Tony ont donc lancé une cagnotte en ligne pour rendre cette transmission possible.
Comment aider ?
- Cagnotte en ligne:leetchi.com — Aider un maître tailleur à transmettre son savoir-faire
- Contact: Tony Zampino, 16 rue Charles Galet, Beauvoir-sur-Mer (85230) — Tél. : 06 75 64 80 77
À l’heure où l’on nous rebat les oreilles de « réindustrialisation » et de « souveraineté économique », voilà une occasion concrète d’agir — à l’échelle d’un atelier, d’un homme et d’un savoir-faire pluriséculaire qui ne demande qu’à survivre.
Crédit photo : capture Vivez la Vendée (DR)
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Une réponse à “Vendée. À 86 ans, le dernier tailleur sur mesure de Vendée cherche un successeur pour sauver son savoir-faire [Une cagnotte lancée]”
Au lieu d’aller financer des projets à l’autre bout du monde dans des états qui souvent nous vomissent( 2,9 milliards € pour l’Afrique en 2021 ) sans parler du soutien au développement de la Chine !!! ) , ce qui représente à la fin 0,56% du RNB= revenu national Brut , l’agence française de développement ferait mieux d’encourager nos artisans et tout faire pour conserver notre savoir faire.