Cancer : l’Institut Curie bouscule les certitudes à San Diego

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Du 17 au 22 avril 2026, le congrès annuel de l’American Association for Cancer Research réunit à San Diego l’élite mondiale de la recherche oncologique. L’Institut Curie, premier centre français de lutte contre le cancer, y présente plusieurs avancées qui méritent qu’on s’y attarde — loin du battage médiatique habituel autour des annonces scientifiques, les résultats sont ici concrets, documentés, et pour certains d’entre eux, porteurs d’espoir réel pour des patients qui n’en avaient guère.

Quand une prise de sang ne suffit pas

C’est l’un des angles morts de la génétique médicale classique : lorsqu’on suspecte une prédisposition héréditaire au cancer du côlon, on analyse le sang. Logique — le sang reflète le patrimoine génétique transmis par les parents. Mais que faire lorsque cette analyse ne révèle rien, alors que le patient présente une polypose (prolifération anormale de polypes précancéreux) évidente ?

L’équipe du Dr Bruno Buecher et du Dr Keltouma Driouch à l’Institut Curie a montré qu’il faut alors aller chercher dans les tissus eux-mêmes des mutations dites « en mosaïque » — des altérations génétiques acquises très tôt dans le développement embryonnaire, après la fécondation, et donc absentes du sang. Sur 120 patients inclus dans leur étude, environ 20 ont pu être identifiés comme porteurs de telles mutations. Résultat direct : une prise en charge adaptée, un rythme de coloscopies ajusté, et surtout un conseil génétique revu — les parents et frères et sœurs peuvent être rassurés, mais les descendants doivent faire l’objet d’un dépistage ciblé.

Une équipe de l’Institut a également montré que certains polypes portaient la signature génétique d’une infection par E. coli, producteur de colibactine, une substance capable d’endommager l’ADN. Le cancer du côlon n’est donc pas seulement une question d’hérédité : il peut aussi être d’origine bactérienne. Une piste qui ouvre des perspectives en matière de prévention.

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Le neuroblastome de l’enfant sous surveillance en temps réel

Chaque année en France, 130 à 150 enfants sont diagnostiqués avec un neuroblastome, la deuxième tumeur solide la plus fréquente en pédiatrie. Dans sa forme à haut risque, cette tumeur demeure redoutablement agressive et souvent résistante aux traitements.

Le Dr Gudrun Schleiermacher présente les résultats de deux grandes études européennes. La première, BEACON-Bio, démontre que l’analyse de l’ADN tumoral circulant — détectable dans le plasma par simple prise de sang — permet de suivre en temps réel l’évolution de la maladie et d’identifier les mécanismes de résistance au traitement. Des mutations jusqu’ici imperceptibles ont été détectées dans le sang de certains patients au cours même de leur traitement, corrélées à un pronostic plus sombre. La biopsie liquide comme outil de surveillance oncologique en pédiatrie : l’idée n’est pas nouvelle, mais la démonstration clinique progresse.

La seconde étude, MICCHADO, promue par l’Institut Curie et menée sur 190 jeunes patients entre 2018 et 2024, affine la caractérisation biologique et immunitaire du neuroblastome dès le diagnostic. Des profils à risque accru de rechute ont été identifiés, ouvrant la voie à une médecine personnalisée pour ces cancers de l’enfant qui nécessitent une coordination internationale pour produire des cohortes suffisamment larges.

CAR-T : la nouvelle génération arrive

Les cellules CAR-T — des lymphocytes T génétiquement reprogrammés pour reconnaître et détruire les cellules cancéreuses — sont l’une des révolutions thérapeutiques des dernières années en hématologie. Mais leurs limites sont connues : persistance trop courte, épuisement fonctionnel, rechutes fréquentes.

L’équipe du Dr Marion Alcantara, en collaboration avec la société Mnemo Therapeutics, a développé une nouvelle génération de CAR-T basée sur une stratégie d’immuno-épigénétique — c’est-à-dire une reprogrammation non pas de la séquence ADN elle-même, mais de son expression. Testés dans un modèle préclinique de lymphome oculo-cérébral primitif — un cancer rare et agressif du système nerveux central —, ces CAR-T « optimisés » montrent une persistance fonctionnelle accrue, un meilleur contrôle tumoral et une réduction des rechutes, avec des résultats « bien supérieurs » aux CAR-T classiques selon les termes mêmes des chercheurs.

Un essai clinique de phase I/II devrait suivre. Si la preuve de concept est validée chez l’homme, d’autres cancers pourraient bénéficier de cette approche.

Mélanome de l’œil : vers un vaccin thérapeutique

Cinq cents nouveaux cas par an en France, une métastase hépatique dans 30 à 40 % des cas, et très peu d’options thérapeutiques efficaces : le mélanome uvéal — tumeur maligne de l’œil — reste l’un des cancers les plus difficiles à traiter une fois métastatique.

Des chercheurs de l’Institut Curie ont identifié que les lymphocytes T CD8+, cellules immunitaires capables de détruire les cellules tumorales, infiltrent les métastases et circulent dans le sang des patients atteints de la forme la plus agressive (groupe M3). Mieux : ils ont établi une liste de « néo-antigènes » — des molécules spécifiques aux cellules tumorales du mélanome uvéal, communes à l’ensemble des patients. Si les CD8+ peuvent être entraînés à reconnaître ces cibles, un vaccin thérapeutique ou des thérapies cellulaires ciblées deviennent envisageables. Les travaux sont en cours pour valider cette hypothèse in vitro.

Cancers ORL : mieux prédire qui répondra à l’immunothérapie

L’immunothérapie est efficace dans les cancers des voies aérodigestives supérieures — mais seulement pour environ 20 % des patients. Identifier ceux qui en bénéficieront, avant de les soumettre à un traitement lourd et coûteux, est un enjeu clinique et humain majeur.

L’Institut Curie coordonne une étude multi-omique impliquant plusieurs centres français (Gustave Roussy, Centre Léon Bérard, Toulouse Oncopôle) sur 183 échantillons tumoraux. Les premiers résultats, présentés à l’AACR, révèlent un lien entre certaines mutations génétiques (FAT-1 et TERT) et la survie des patients, ainsi que deux signatures transcriptomiques d’une vingtaine de gènes chacune, corrélées à la réponse ou à la résistance à l’immunothérapie. Des outils qui, à terme, permettraient de personnaliser les traitements et d’éviter des thérapies inutiles à ceux qui n’en tireraient aucun bénéfice.

Au-delà des annonces, ce qui frappe dans l’ensemble de ces travaux, c’est leur ancrage dans des réalités cliniques immédiates — non pas des hypothèses théoriques mais des outils diagnostiques et thérapeutiques déjà en cours de validation. L’Institut Curie, fondé en 1909 par Marie Curie, confirme à San Diego ce qu’il représente dans le paysage scientifique mondial : un centre où la recherche fondamentale et le soin aux patients ne sont pas des activités parallèles, mais une seule et même ambition.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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Une réponse à “Cancer : l’Institut Curie bouscule les certitudes à San Diego”

  1. Brounahans l'Alsaco dit :

    Que l’on doit bien vivre – et manger – lors de ces congrès où l’on ne se retrouve qu’entre beau monde. Rendons-nous compte que si on trouvait la solution au cancer, toutes ces sauteries ne pourraient plus avoir lieu, ni la manne que cela suppose tomber, non pas du ciel, mais des officines médicales !
    Et parler d’alimentation, pour de grands professeurs, serait d’un vulgaire … !

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