Le cancer du pancréas est l’un des plus meurtriers qui soit. Taux de survie à cinq ans inférieur à 15 %, diagnostic souvent tardif, réponse médiocre aux traitements habituels — c’est une maladie contre laquelle la médecine avance à pas comptés. C’est pourquoi la découverte présentée ce mois d’avril au congrès annuel de l’American Association for Cancer Research (AACR) mérite d’être saluée : pour la première fois, des chercheurs ont identifié pourquoi certains patients répondent de manière exceptionnelle à l’immunothérapie, quand la grande majorité n’en bénéficie pas.
Les « super-répondeurs » : un mystère désormais élucidé
Ces travaux sont conduits par le Dr Marc Hilmi, oncologue médical à l’Institut Curie et post-doctorant au Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York. Ils s’appuient sur les données de l’essai clinique POLAR, dont les résultats de phase 2, publiés en mars 2026, avaient déjà montré l’intérêt d’associer une immunothérapie à une thérapie ciblée chez des patients atteints de cancer du pancréas métastatique présentant un déficit de recombinaison homologue — une anomalie génétique qui rend la tumeur plus vulnérable à certains traitements.
Parmi les participants à cet essai, environ 10 % ont répondu de manière spectaculaire, avec une survie exceptionnelle. Jusqu’à présent, on ignorait pourquoi. Les chercheurs ont désormais une réponse.
Une nouvelle famille de lymphocytes : les TIE
En analysant les tissus tumoraux à l’aide de technologies de pointe — la transcriptomique spatiale et l’analyse en cellule unique —, le Dr Hilmi et son équipe ont mis en évidence un nouveau sous-type de lymphocytes T, qu’ils ont baptisé TIE pour T Infiltrated Expandable. Ces cellules immunitaires possèdent des caractéristiques singulières : elles sont capables de se multiplier dans le sang et de s’infiltrer dans les tissus proches de la tumeur, où elles se positionnent au contact direct des cellules cancéreuses.
Mais la découverte la plus déterminante est ailleurs : ces lymphocytes TIE étaient déjà présents chez les super-répondeurs au moment du diagnostic, avant tout traitement. Ce n’est donc pas l’immunothérapie qui les crée. C’est l’immunothérapie qui les réveille et les amplifie, chez des patients qui les possèdent déjà dans leur organisme. L’immunité de ces patients est pré-existante — et c’est elle qui explique leur réponse exceptionnelle.
Vers un test prédictif ?
Cette découverte ouvre une perspective concrète : détecter la présence ou l’absence de lymphocytes TIE chez un patient pourrait permettre de prédire, avant même de commencer le traitement, s’il est susceptible de bien répondre à l’immunothérapie. Une telle capacité prédictive serait précieuse à double titre — pour orienter les patients éligibles vers les traitements les plus efficaces, et pour éviter des thérapies lourdes et coûteuses à ceux qui n’en bénéficieraient pas.
Le Dr Hilmi envisage également d’étendre ces recherches à d’autres types de cancers : ce mécanisme immunologique, s’il se confirme dans d’autres localisations tumorales, pourrait avoir une portée bien au-delà du seul cancer du pancréas.
Photo : DR
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Une réponse à “Cancer du pancréas : une découverte majeure pour comprendre pourquoi l’immunothérapie sauve certains patients et pas d’autres”
Trouver des réponses efficaces à la maladie, c’est super ! S’interroge-t-on également sur les causes et le fait que les cancers explosent en général – en population de plus en plus jeune – et celui-là en particulier ?