Le nouvel ordre mondial appartient-t-il déjà au passé ? [L’Agora]

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Georges H. Bush déclarait en janvier 1991, quelques heures seulement après le début de l’opération « Tempête du désert », que nous allions entrer dans un « nouvel ordre mondial ». La coalition contre l’armée se Saddam Hussein et la victoire qui allait s’ensuivre allait consacrer cet état de fait.
La fin de la Seconde Guerre mondiale avait laissé le monde divisé en deux blocs. La disparition de l’URSS en 1991 que G H Bush anticipait de quelques mois allait porter le bloc occidental, dirigé par les États-Unis en apparence et dans la réalité parce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler « l’État profond », au rang de puissance mondiale.

Le sens de l’histoire était perceptible

A l’époque, on ne percevait pas très bien ce qui aurait encore pu s’opposer à cette hégémonie américaine et c’est dans cet esprit que Francis Fukuyama a écrit « La fin de l’histoire »
Pourtant, certains doutaient, tel Samuel Huntington, qui pensait que « la messe n’était pas dite » et que l’avenir pouvait encore réserver des surprises.

L’Amérique, forte du dollar et de sa puissance militaire régnait sans partage et l’État profond qui la dirigeait a cependant voulu aller trop vite et a considéré comme acquis ce qui était loin de l’être, à savoir l’adhésion des peuples à ce nouvel ordre mondial qui allait, à terme, remplacer la démocratie alors qu’il prétendait la généraliser. C’est également en 1991 que David Rockefeller, lors de la réunion annuelle du CFR (Council on Foreign Relations) remercie les médias pour avoir gardé le silence depuis près de quarante ans : « Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés. »  (David Rockefeller, Commission Trilatérale 1991). Ces propos, pour éloquents qu’ils soient, ont peut-être été prématurés.

Plusieurs grains de sable sont apparus

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L’insolente suprématie du dollar, imposée par les accords de Bretton Woods sous le prétexte de la convertibilité en or du dollar, s’était révélée dans toute sa dimension dès 1971, mais surtout lors du choc pétrolier de 1973 et l’apparition des pétrodollars. D’aucuns se sont étonnés que le dollar puisse conserver son statut de monnaie internationale alors même que le critère qui avait prévalu (étalon-or) avait disparu, remplacé par l’étalon dollar, imposé sans concertation par le système financier mondial. Ils eurent pour seule réponse cette phrase laconique de la part de John Conally, secrétaire du Trésor américain : « Le dollar est notre monnaie et votre problème ».
On retrouvait dans ce propos toute la morgue qui avait conduit, comme le relate Caroll Quigley dans « l’histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine » Cecil Rhodes à dire en 1891 devant ses amis de la « Round Table » : « Pour le plus grand bien de l’humanité, la race britannique doit dominer le monde ! ».
Durant des décennies, une certaine rancœur des peuples jugés « inférieurs » s’est développée, en particulier du coté des Chinois qui n’ont pas oublié les guerres de l’opium ni la mise à sac du Palais d’été dénoncée par Victor Hugo. Comme le disait François Mitterrand, « les vieux péchés ont de longues ombres »

Le premier grain de sable vint donc de la Chine en 2008 lorsqu’elle commença à organiser un système qui visait à progressivement supplanter le dollar dans les échanges commerciaux. Le second vint le la guerre en Ukraine où le monde occidental découvrit que, non seulement la Russie, mais également un nombre important de pays, avait mis en place un système de paiement inter-bancaire qui contournait le dollar et les immunisait contre les sanctions financières occidentales.
Ce système, appelé SPSF a connu un succès très rapide et ce sont aujourd’hui plusieurs dizaines de pays qui s’y sont connectés.
Mais le programme mondialiste de l’État profond a été également la cible de Donald Trump dès son élection de 2016. En 2017, devant l’ONU, il déclarait que :   Les mondialistes n’ont plus d’avenir, l’avenir appartient aux patriotes » et durant son premier mandat, il a apparemment surtout essayé de localiser quels étaient les gens mis en place par ce « deep state » dans l’administration américaine. Son second mandat, commencé en 2025, semble de la même eau que le premier et certaines organisations internationales financées par des fonds US en ont fait les frais. Il ne faut pas s’y tromper, ses attaques contre les démocrates visent avant tout  les dirigeants mis en place par l’État profond. Il semblerait, par ailleurs, que cet État profond se soit redéployé dans l’Union Européenne, ce qui expliquerait l’attitude de Donald Trump vis à vis de ses dirigeants.

La guerre en Iran, riposte à la dédollarisation ?

Beaucoup de choses plaident dans ce sens. Visiblement, Donald Trump est « entré à reculons » dans cette guerre et il semble chercher une porte de sortie sinon honorable mais du moins acceptable. Cette guerre a eu comme effet la montée du prix du baril de pétrole, mais il semble peu probable qu’elle ne soit due qu’au marché. Une bonne partie du marché du pétrole se faisant encore avec des pétrodollars, cela ne peut que renforcer le dollar, ce dont il a bien besoin. Mais cette guerre aura aussi un coût dans le futur car l’image de la puissance militaire américaine risque d’en pâtir.

La question d’un éventuel double jeu de Donald Trump mérite d’être posée. A-t-il lui-même passé en « pertes et profits » le projet mondialiste du nouvel ordre mondial ? Jouerait-il la carte d’un futur monde multipolaire qui semble se dessiner avec les trois acteurs principaux que sont l’Amérique, la Chine et la Russie ? C’est encore un peu tôt pour l’affirmer, mais cette question ne peut pas être écartée par une simple dénégation.

Quel serait, dans cette hypothèse, le sort qui serait réservé à l’Union européenne et bien évidemment quelle pourrait être la place de la France une fois sa souveraineté retrouvée ?

Jean Goychman

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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