De Gaulle, sachant tirer profit des enseignements de l’histoire, avait compris le rôle néfaste dans le temps des partis politiques. La Constitution de 1958 reflète cette préoccupation, notamment en instituant l’élection du président de la République au suffrage universel.
Ce pas, que personne avant lui n’avait osé franchir, a pourtant fait l’objet de controverses sans fin de la part des dirigeants des partis politiques. Il y voyaient une insupportable atteinte à leur propre pouvoir, une sorte d’empêcheur de faire « la petite cuisine sur le petit réchaud » qu’ils pratiquaient à longueur de temps, bien à l’abri de regards inquisiteurs de ceux qui, épris de vérité et de justice sociale, cherchaient encore à faire vivre la démocratie.
Une idéologie bétonnée pour l’éternité
Chaque parti politique se détermine sur un axe idéologique. Généralement, c’est celui qui est le plus porteur « électoralement » au moment de la création du parti. Toute l’argumentation, toutes les professions de foi des membres de ce parti vont s’articuler autour de ce qui va devenir son référent, voir son âme. C’est une des raisons, et non des moindres, pour lesquelles tout rapprochement, sans même parler de fusion, entre eux est quasiment impossible, hormis celle d’une manœuvre de campagne électorale destinée à empêcher l’élection d’un adversaire commun.
Ces idéologies purement partisanes, incapables d’évoluer dans le temps, ne sont d’aucun secours au niveau de la nation, qui doit trouver d’autres moyens pour faire face aux éventuels dangers qui la menacent.
C’est cette incapacité à pouvoir s’adapter à un contexte, tant interne qu’externe, qui avait conduit de Gaulle à imaginer un autre système de représentation politique qui soit capable s’adapter à un contexte changeant avec beaucoup plus de réactivité et surtout de bon sens. L’élection du président de la République au suffrage universel, naturellement combattue par tous les partis politiques qui avaient immédiatement perçus que l’âge d’or qu’ils avaient connu allait cesser, remettant en question leur propre survie.
Le scrutin majoritaire de liste, nirvana des partis
Dans un tel mode de scrutin, les candidats sont élus uniquement en fonction de leur ordre de présence sur la liste. Qui détermine cet ordre ? Voilà une question primordiale qui n’est jamais (ou pratiquement) posée. Pour pouvoir prétendre figurer sur la liste, le candidat, quel qu’il soit, doit d’abord recevoir l’approbation d’un cénacle, quelquefois appelé « commission d’investiture » qui déterminera seul de la suite à donner. Certains partis sont très « dirigistes » et veulent avoir un droit de regard sur l’ensemble des membres de la liste. D’autres le sont moins et ne verrouillent que les têtes de liste, en leur déléguant une certaine autonomie pour les autres candidats inscrits sur leur liste.
Dans tous les cas, l’ensemble des candidats doit faire sienne la parole officielle du parti, incarnée suivant les cas entre président (partis dits « de droite ») ou secrétaire général (à gauche) voire premier secrétaire du temps de la gloire du PC. Dans un tel système, les premiers figurant sur la liste sont sûrs d’être élus (charité bien ordonnée…) et le derniers font souvent de la figuration.
Une question se pose cependant concernant les critères de choix et leur éventuelle compatibilité avec ce qu’il est encore coutume d’appeler la démocratie qui est, faut-il le rappeler, le gouvernement du peuple par lui-même. C’est pour toutes ces raisons que de Gaulle n’aimait pas les partis politiques.
Les partis peuvent-ils encore sauver la France ?
Ils voudraient bien nous en convaincre mais nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus y croire. Les dix-huit derniers mois que nous venons de vivre nous ont donné plus de raisons d’en douter que de l’espérer. Ce retour brutal à la IV ème République et à tous ces défauts qui avaient provoqué le départ de de Gaulle en janvier 1946 nous a fait comprendre que la stabilité politique d’une démocratie suppose que l’expression de la volonté populaire soit l’incontournable recours lorsqu’ apparaissent les signes d’une possible fracture de la nation. Les partis en eux-mêmes ne peuvent apporter aucune réponse. Leurs jeux politiques, que de Gaulle qualifiait à juste titre de stériles, ferment la porte à toute initiative salvatrice.
L’option du « coup de balai » général commence à germer dans l’esprit de plus en plus de nos compatriotes qui constatent l’effacement progressif d’un pays pourtant cité en référence il y a encore cinq décennies.
Le retour à l’esprit de la Constitution s’impose
Dans une conférence de presse de janvier 1964, un journaliste interrogea de Gaulle pour savoir s’il était satisfait du fonctionnement de la Constitution de 1958. La réponse que fit de Gaulle peut se résumer à ceci : « Une Constitution, c’est d’abord un esprit »
Si cet esprit avait été respecté après les élections législatives de 2024, Emmanuel Macron aurait dû poser la question au peuple français de son maintien ou de son départ de l’Élysée. Il a préféré ignorer l’esprit et s ‘en tenir à la lettre, constatant que, dans le texte de cette Constitution, rien ne s’opposait à la poursuite de son mandat. On a vu la suite.
Trois gouvernements se sont succédés et le quatrième ne doit sa survie qu’aux antagonismes existants entre les différents partis politiques. Cela éclaire plus que tout autre chose leur incapacité à sortir de cette impasse.
Le plus grave danger qui menace notre pays est de perdre sa souveraineté, déjà mise à mal par les traités européens auxquels les Français n’ont jamais directement consenti. Pire encore, le référendum de 2005 a été détourné pour imposer le traité de Lisbonne en 2009.
Ce retour à la souveraineté nationale doit s’exprimer clairement en 2027
Pour cela, il faut une incarnation. Un candidat, non désigné par les partis politiques, doit faire en sorte que la parole prophétique de de Gaulle dans son discours de Bruneval devienne une réalité :
« Un jour viendra où, las des jeux stériles où s’égare la Nation et se disqualifie l’État, la masse immense des Français se rassemblera sur la France »
Puisse ce jour arriver en 2027
Jean Goychman
Illustration : DR
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11 réponses à “Les partis politiques sont dépassés par la situation (L’Agora)”
Il faudrait surtout commencer par arrêter de rêver à la miraculeuse Jeanne d’Arc zemmourienne qui avec le bon peuple rassemblé sous son oriflamme déployée, ira oindre son beau Prince à Reims.
C’est une liturgie un peu dépassée !
Le scrutin de liste fait que les partis savent à l’avance qui sera élu. Les électeurs ne font donc que de la figuration !!
Pire : aux élections municipales, dans plus de la moitié des communes, UNE SEULE VOIX suffisait pour que la liste, bloquée puisqu’il n’y a plus panachage, passait.
Ce système a été voté par les élus eux mêmes, notamment le Sénat, institution remplie de franc maçons que l’on ne peut pas saborder, car il faut les 2/3 des voix du Congrès pour le faire (modif de la constitution) et que le sénat c’est la moitié des parlementaires : ils ne se feront jamais hara-kiri.
Bref, s’en sortir en fRance, c’est en sortir.
Dommage, d’habitude Monsieur Goychmann est mieux inspiré. D’emblée une erreur matérielle, cachant peut-être une inculture profonde: non, la constitution de 1958 ne contenait pas l’élection du président de la république au suffrage universel ! Sinon, pourquoi Gaulle aurait-il fait un référendum là-dessus quelques années plus tard ? Ensuite ce n’est pas par souci de la démocratie que Gaulle fustigeait le régime des partis… quelques bonnes idées dans ce papier, mais trop d’erreurs matérielles historiques, trop de fautes d’appréciation, trop de précipitation brouillonne.
De quelque côté qu’on se tourne, on a affaire à des nuls, au point de voir un Hollande, nul parmi les nuls, refaire surface. Quant à la droite, elle reste obstinément la plus bête du monde. C’est lamentable
C’est une analyse juste. Il faudrait ajouter que les partis politiques bénéficiant d’un financement public en fonction des résultats de certaines élections, ils n’ont aucun intérêt à réaliser » l’union » ou à proposer une offre courageuse et adaptée aux besoins du pays. Cela contribue aussi à la persistance des querelles politicardes et aux discours les plus démagogiques, au point que certains partis n’ont plus de programme, mais que leur discours est directement déterminé par les sondages d’opinion du jour.
L’élection du président au suffrage universel ne date que de 1962 !
Même si l’idée de passer au dessus ( ou de se passer !) des partis peut paraitre régler certains problèmes , on constate avec les derniers présidents, et surtout le dernier (!) qu’on a remplacé les combines partisanes par une mafia présidentielle qui place ses obligés aux places critiques capables de verrouiller toute démocratie.
La V ème république est en bout de course
Tous vos commentaires sont intéressants et j’ajoute juste ceci : il y a 2 sortes de dirigeants dans notre pays. Ceux qui sont élus et ceux qui sont nommés souvent pour des années et qui peuvent bloquer toutes les tentatives des élus ! Nos élus assurent leur gamelle mais leur pouvoir est quasi nul, c’est Bruxelles qui décide tout….quant aux maires, ils sont sous la coupe des Communautés d’agglo, de communes, du département, des Régions et n’ont plus de réel pouvoir.
Si la France, pour l’heure en état de mort clinique, s’acheminait vers de nouvelles élections pestilentielles et la désignation d’un autre fossoyeur de notre pays, nous pourrions acter la mort définitive de notre » cher et vieux pays « .
Le salut réside sur la seule et unique alternative salvatrice, celle forgée au long de trois décennies de lutte et de résistance, présentée dans mon appel au peuple de France. Appel à la révolution, à un changement de régime lancé sur ma vidéo du 17 février 2025 et accessible sur ma page Facebook.
VIVE LA RÉVOLUTION
À BAS LA RIPOUBLIQUE
VIVE LA FRANCE LIBRE ET RASSEMBLÉE
Rassurez-vous, monsieur de Rançon, je n’ignore pas que l’élection du président au suffrage universel date de 1962. Mais, dans l’esprit de de Gaulle, elle figurait déja en 1958 et même avant car de Gaulle voulait absolument submerger les partis politiques et il l’avait dit dès 1947.
C’était même, à mon avis, une disposition essentielle.
Bien sûr que ce n’était pas par souci de la démocratie que de Gaulle fustigeait les partis politiques, car il les avait vu à l’œuvre durant la III ème et la IV ème république.
DE Gaulle avait sa vision de la démocratie qui le rendait responsable devant le peuple et le peuple seul.
Si le peuple ne voulait plus de lui, comme il l’a dit « sa tâche était devenue impossible » et il est parti en avril 1969.
D’autres auraient mieux fait de l’imiter…
Avec le départ volontaire du monarchiste Mac Mahon et jusqu’en 1958 c’est la clique radicalo-socialiste qui a gouverné la France. Puisque tout a foiré…retour à la monarchie? Tiens retour de Jeanne d’Arc? C’est le vicomte qui nous la ressort régulièrement.
Nozmad ; encore faudrait-il que la Présidentielle ait bien lieu car avec cette guerre au Proche Orient et en Iran, la Macronie avec Richard Ferrand au Conseil Constitutionnel(CC) pourrait bien prolonger le mandat de « l’occupant Thénardier » de l’Elysée (je reprends ici même les termes employés par Francis Lalanne et Florian Philippot lors de leurs interventions sur You Tube en les mélangeant volontairement) ; admettons qu’elle ait bien lieu en mai 2027, il faut, je le rappelle, 500 signatures de maires qui doivent donner leurs noms pour valider leurs candidatures puis le CC les valident ou non ; alors on va se retrouver avec combien de candidats de droite et de gauche en plus des souverainistes ? Incertitudes mais espérons un seul candidat souverainiste capable de tous les fédérer et également qu’il se place au delà et au dessus des partis politiques. L’avenir dira qui en sera capable ; une chanson proposée de Véronique Sanson pour se divertir de tout cela ? Indestructible (Remasterisé en 2008) : https://www.youtube.com/watch?v=IKstL7Ccx9E. Kenavo