Coupe du monde 2026 : le Portugal, l’Espagne et la Suisse en huitièmes, mais la VAR a encore tué le football

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Toronto, jeudi soir. Le Portugal élimine la Croatie 2-1 au terme d’un seizième de finale d’une intensité rare, avec un temps additionnel qui a duré une éternité (treize minutes annoncées à la 90e+13). Cristiano Ronaldo, 41 ans, égalise sur penalty à la 68e et inscrit enfin un but en match à élimination directe d’un Mondial. Gonçalo Ramos, entré en cours de jeu, crucifie les Vatreni d’une tête à la 90e+3 sur un centre de Rafael Leao. La Seleção retrouvera l’Espagne en huitièmes le 6 juillet à Dallas. Sur le papier, tout y est : deux légendes du jeu qui se saluent avant la bataille, un match à rebondissements, une accolade Ronaldo-Modric qui restera.

Sauf que ce match ne restera pas pour ça. Il restera parce qu’à la 90e+13, la Croatie a cru égaliser par Josko Gvardiol, et que la VAR a annulé le but pour un hors-jeu de Mario Pasalic situé quelques centimètres plus tôt. Un orteil. Un genou. Un cheveu. On ne sait même plus, tant les lignes tracées par ordinateur sur l’écran relèvent désormais de la géométrie de précision davantage que du football.

Un cheveu de hors-jeu, ce n’est plus du football

Rappelons ce qu’était le hors-jeu quand le football était encore un sport et pas un logiciel : une règle destinée à empêcher un attaquant de camper dans le dos de la défense en attendant la balle. Une question de bon sens, tranchée à l’œil par un juge de touche, avec sa marge d’erreur humaine assumée. Cette marge faisait partie du jeu. Elle produisait de l’injustice, parfois, mais elle produisait surtout de la vie, du débat, de la passion.

Aujourd’hui, un homme dans une camionnette climatisée trace une ligne virtuelle sur l’épaule d’un joueur et décrète, au millimètre, qu’une action collective de dix secondes, un centre parfait, une reprise victorieuse, tout cela n’a jamais existé. Le hors-jeu millimétrique n’a rien à voir avec l’intention de la règle. Un joueur qui dépasse la ligne défensive d’une largeur de tibia ne tire aucun avantage. Il ne « campe » pas dans le dos de personne. On annule un but non pas parce qu’il y a eu tricherie, mais parce qu’un algorithme a trouvé un pixel dépassant d’un autre pixel.

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Ce n’est plus arbitrer. C’est disséquer. Et un sport qu’on dissèque à la loupe cesse d’être un sport pour devenir un tribunal.

La VAR a tué l’émotion, et c’est le but

Le pire n’est pas l’erreur. Le pire, c’est le froid. Souvenez-vous de ce qu’était un but avant : l’explosion immédiate, le stade debout, le joueur qui court vers le poteau de corner, la communion. Aujourd’hui, plus personne n’ose célébrer. On marque, et on attend. On regarde l’arbitre porter la main à son oreillette. On guette l’écran géant. La joie est mise en garde à vue le temps que la machine délibère. Quand le but est finalement validé, l’élan est retombé ; quand il est refusé, c’est la douche froide d’un couperet administratif.

À Toronto, la Croatie a joué crânement sa dernière carte dans un temps additionnel dantesque. Elle a cru, pendant une seconde, avoir arraché la prolongation. Cette seconde de bonheur pur, cette seconde pour laquelle on aime le football, la VAR l’a effacée. Pour un hors-jeu que 99 % des spectateurs dans le stade étaient incapables de voir, et que la moitié des téléspectateurs contestera encore dans dix ans.

Pendant qu’on y est : finissons-en avec les « pauses fraîcheur »

Tant qu’à faire le ménage, ajoutons à la liste des inventions qui dénaturent le jeu ces fameuses « pauses fraîcheur ». Sous couvert d’hydratation et de protection des joueurs — argument recevable sur le principe —, elles offrent surtout aux entraîneurs un temps mort déguisé, une causerie tactique gratuite en plein match. L’équipe dominée, asphyxiée, prise à la gorge, reçoit soudain une bouffée d’oxygène réglementaire. Le rythme se casse. La pression retombe. L’élan de l’équipe qui poussait est brisé net.

Le football, c’est aussi ça : un rapport de force qui se construit dans la durée, une équipe qu’on étouffe minute après minute jusqu’à la faire craquer. Offrir un stop réglementaire au moment où l’étau se resserre, c’est fausser ce rapport de force. C’est transformer un sport d’endurance et de domination en une succession de séquences hachées, aseptisées, où plus rien ne s’installe.

Le foot était un jeu, on en a fait un protocole

Dans les autres rencontres, l’Espagne a écarté l’Autriche (3-0) sans trembler, invaincue depuis 34 matches, avec Oyarzabal impliqué sur cinq buts dans la compétition et une défense toujours vierge. La Suisse a maîtrisé une Algérie sous perfusion (2-0) grâce à Embolo et Ndoye. Le tableau des huitièmes se dessine, et le choc Espagne-Portugal promet. Le football de haut niveau n’a jamais été aussi rapide, aussi technique, aussi spectaculaire.

Et pourtant il n’a jamais été aussi encadré, aussi surveillé, aussi méfiant envers sa propre spontanéité. On a voulu la justice parfaite, on a obtenu la froideur administrative. On a voulu supprimer l’erreur humaine, on a supprimé l’humanité tout court. La Croatie de Luka Modric, qui tire sa révérence, méritait mieux qu’un couperet à la 90e+13. Elle méritait de sortir sur le terrain, battue par un adversaire, pas par une ligne tracée dans une camionnette.

Rendez-nous le juge de touche, son drapeau et sa faillibilité. Rendez-nous le but qu’on célèbre sans regarder l’arbitre. Rendez-nous le football.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Coupe du monde 2026 : le Portugal, l’Espagne et la Suisse en huitièmes, mais la VAR a encore tué le football”

  1. vert dit :

    Les suisses de couleurs ont virés les algériens du championnat.
    Au moins pas d’émeutes a craindre.
    Aujourd’hui les canadiens doivent éliminer les marocains.
    Le magreb aura été alors éliminé

  2. Gunther dit :

    Ah non, ça pourrait nous priver d’un probable savoureux derby africain entre le maroc et l’afrance ! Et certainement des « débordements » stratosphériques.

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