Une guerre peut en cacher une autre (L’Agora)

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Le monde des médias « classiques » semble avoir jeté son dévolu exclusif sur la guerre qui oppose les dirigeants de l’Iran au président des États-Unis. Nous avons  en permanence des plateaux de télévisions composés de généraux de toutes armes qui se confondent  en suppositions, interprétations ou autres considérations afin de nous expliquer ce qui demeure en soi une stratégie inexplicable et qui est celle de Donald Trump.

Peut être serait-il temps de prendre un peu de recul afin de tenter de remettre tous ces évènements dans une perspective de temps plus long ? Depuis presque vingt ans, alors que la domination occidentale sur le monde, consécutive à la disparition de l’URSS, semblait installée durablement, un certain nombre de signes imprévus apparurent à l’horizon.

2007, année d’inflexion et de réflexion

Un fait largement ignoré du grand public s’est produit en 2005 et allait avoir d ‘énormes répercussions, concernant notamment le rôle du dollar dans l’économie mondiale. Depuis 1933 et afin d’éviter la répétition de crises catastrophiques comme celle de 1929, les différentes activités du secteur bancaire américain étaient « cloisonnées ». Une banque dite « de dépôt » ne pouvait s’aventurer dans le jeu boursier et une banque « d’affaires » ne pouvait recevoir des dépots de ses clients. De plus les sociétés d’assurance devaient garantir jusqu’à un certain montant les dépôts  bancaires. Cette spécialisation avait été l’objet d’un texte de loi adopté par le congrès à majorité démocrate en juin 1933 et connu sous le nom de « Glass-Steagall  act »

Ce texte fut critiqué par les banquiers toujours plus cupides dès le milieu des années 1970, et un certain nombre de mesures furent adoptées afin d’en limiter progressivement les effets.
Toutefois, le texte ne fut abrogé par l’administration Clinton qu’en 1999. Les banquiers retrouvèrent alors leurs mauvaises habitudes et nombre de fusions d’établissement bancaires purent alors s’opérer. L’argent des déposants put à nouveau être engagé dans des opérations boursières avec les risque que cela comportait. La directrice de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) Brooksley Born avait pourtant alerté Larry Summer, le secrétaire du Trésor américain, des dangers grandissants d’une crise d’une ampleur inattendue due aux regroupement des banques, ce dernier n’a pas voulu réagir. La crise des “subprimes” a éclaté en 2007 et eut des répercussions dans le monde entier durant plusieurs années, incitant certains pays à réfléchir sur le rôle du dollar et la façon dont il était émis.

En mars 2007, Vladimir Poutine prononça, dans le cadre de la rencontre annuelle de Munich, un discours qui, à l’époque, ne semble pas avoir été analysé avec l’attention qu’il méritait. Une phrase aurait pourtant dû faire l’objet d’une écoute particuliére :
« Qu’est ce qu’un monde unipolaire ? C’est un seul centre de pouvoir, un seul centre de force, un seul centre de décision. C’est le monde d’un unique maître, d’un unique souverain.
J’estime que dans le monde contemporain, le modèle unipolaire est non seulement inadmissible mais également impossible. » 

Vers une autre géopolitique mondiale

La puissance de l’occident reposait sur deux piliers ; la force militaire américaine et notamment leurs quelques 800 bases militaires installées surtout en Asie et une flotte de porte-avions pouvant intervenir d’une façon autonome partout dans le monde et le dollar, monnaie alors incontournable pour les échanges commerciaux, notamment le pétrole.
Aller  vers un monde « multipolaire » implique la mise en place d’un nouvel ordre mondial  qui ne soit plus absolu mais relatif. Cela signifie qu’un pays ou un groupe de pays ne puisse plus dominer le monde à lui seul. On peut y arriver de deux façons :
– Le dominant accepte de perdre son statut tout en négociant des « zones d’influence » (cela s’est fait à Yalta en février 1945 entre les Alliés et l’URSS)
– le dominant ne veut pas perdre son statut et s’estime suffisamment fort pour tenir tête à ses challengers et, suivant l’exemple du « piège de Thucydide » entre en conflit avec eux. Le problème est que, selon toute vraisemblance, un tel conflit aujourd’hui se ferait entre puissances nucléaires et on peut hélas deviner quelle en serait l’évolution probable.

Aujourd’hui, l’occident semble s’isoler par rapport au reste du monde souvent désigné comme « le grand sud ». Les pays des BRICS+ ont en commun de ne plus vouloir utiliser le dollar. C’est apparemment l’axe qu’ils ont choisi pour affaiblir la finance internationale qui a besoin de l’universalité du dollar pour conserver sa position privilégiée. Or, l’Iran fait partie des BRICS+ et il y a une curieuse coïncidence de date entre le début de la guerre et l’annonce faite par les BRICS+ au tout début de 2026 concernant l’UNIT, futur système  monétaire  de cet ensemble de pays.
D’autant plus que le prétexte choisi pour attaquer l’Iran semble curieux, surtout après l’annonce faite par Donald Trump du bombardement effectué en juin 2025 qui aurait anéanti les capacités de ce pays à produire une arme nucléaire. L’argument actuel pour déclencher les opérations militaires est de vouloir récupérer les 400 kg d’uranium enrichi qui auraient échappés à la destruction. D’après  certains spécialistes, ils ne présentent, dans leur forme actuelle, aucun danger. Ceci ne serait donc qu’un prétexte.

L’Iran, partie avancée des BRICS ?

Le résultat immédiat de ce conflit est la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. En 1973, un embargo décidé par l’OPEP avait quadruplé le cours du baril, le faisant passer de 3 à 12 dollars. Ce fut le premier choc pétrolier dont les principales victimes furent les économies asiatiques, très dépendantes du pétrole.
N’est-ce pas cette même logique qui prédomine aujourd’hui ?
Cette question mérite d’être posée car elle pourrait expliquer beaucoup de choses, et notamment les propos parfois surprenants de Donald Trump. Peut-être que le véritable objectif  est de renforcer la position du dollar dans le commerce du pétrole qui s’effectue de plus en plus, grâce aux initiatives prises par les BRICS, avec d’autres monnaies qui, à terme, menacent le dollar ?

Peut-être aussi qu’en s’attaquant directement à l’Iran, qui fait partie des BRICS,  les banquiers mondialistes veulent mesurer la capacité de réaction de ces pays, qui ont en commun de vouloir supplanter le dollar afin de l’affaiblir et favoriser ainsi l’arrivée d’un monde multipolaire qui condamnerait définitivement le monde monopolaire dénoncé par Vladimir Poutine ?

Jean Goychman

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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6 réponses à “Une guerre peut en cacher une autre (L’Agora)”

  1. JACQUES dit :

    Les Américains ont été stupides, incapables d’imaginer qu’à force de punir des pays (et des sociétés) grâce à leur dollar, ils les forceraient à trouver une solution de rechange. Et maintenant ils sont pris au piège.

  2. Pschitt dit :

    Il n’est pas vrai que le discours de Poutine à Munich en 2007 ait été peu remarqué. Il a été qualifié de « brutal » et « tranchant » par une grande partie de la presse occidentale. Mais à l’époque, il avait pu apparaître comme un épiphénomène. Dans les années précédentes, les positions de Poutine avaient pas mal fluctué, au point que Thomas Gomart, spécialiste de la Russie à l’IFRI, a parlé d' »errements géopolitiques ». Il ne faut pas oublier qu’en 2000 et en 2001, Poutine avait par deux fois évoqué une possible adhésion de la Russie à l’OTAN.

  3. Mama dit :

    Rochette,dans le dernier RIVAROL,parle de 8 pour cent.

  4. Ronan dit :

    Demat, merci Jean. Ainsi, je ne peux que vous inviter en complément de cette tribune à regarder l’émission sur TVL : « Le Samedi Politique avec Pierre-Yves Rougeyron Trump paumé, Macron humilié : la guerre en Iran vire au chaos ». J’écoute, je pèse les arguments pertinents de personnes qui connaissent le sujet, j’essaie de comprendre les tenants et aboutissants de ce conflit qui va nous mener je ne sais où : un prix du litre d’essence à 3 euros ? une récession ? la fin de l’OTAN ? Passionnant mais anxiogène ; je vous laisse avec la chanson de Genesis « Mama » en concert pour se détendre : https://www.youtube.com/watch?v=TJnZi2eo5yk ; Pask laouen d’an holl !(joyeuses Pâques à tous)

  5. Rycart dit :

    Si le gueux savait exactement comment fonctionne le monde avec ses financiers, ses banquiers, ses industriels de l’armement, ses membres de sectes variées, ses dirigeants souvent incompétents, bornés, il pourrait immédiatement se flinguer ou prendre les armes !

  6. RAYMOND NEVEU dit :

    C’est une façon de voir les choses mais pour nous habituer à tenir compte de la souffrance des peuples nous ne pouvons faire l’impasse sur les salopards de la religion du Prophète qui tuent les Iraniens. Et ce sont la CIA et ses laquais du MI6 qui ont installé ces salopards d’Allah! Quant au carburant qui augmente en France ce n’est qu’une escroquerie des distributeurs et de l’Etat en déshérence! Tout à fait ‘accord pour l’opinion de Jean sur les banques…quelques noms fleurant bon le Pays de Judas peut-être! Et bien autres choses à dire…

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