Si en 1976 un juif hongrois faisait son Alyah en Israël, il allait abandonner sa langue maternelle, le hongrois, pour l’hébreu. Car ce citoyen hongrois adhérait à un projet : vivre dans un pays juif dirigé par des Juifs pour des Juifs. La connaissance de l’hébreu était alors une condition sine qua non pour trouver une compagne, dont la langue maternelle pouvait être le russe ou l’arabe marocain. Le fait d’abandonner sa langue pour l’hébreu était vu comme l’adhésion volontaire à un projet global.
Si en 1934 un Français des Yvelines partait aux USA pour chercher fortune et s’installer durablement, il abandonnait également sa langue, le français, pour un projet plus grand que lui : la citoyenneté américaine, l’American way of life. Le français ne lui servait pas plus que cela dans les plaines du Midwest, il devenait Américain et anglophone par choix, par adhésion à un projet. Un projet de vie.
Si en 1952, un Breton du Trégor quittait la ferme de ses parents et partait à Paris pour un emploi à la RATP ou à la Sécurité Sociale, il partait également pour un projet. Une vie meilleure. La salle de bain. Les congés payés. Le petit pavillon à Drancy. L’auto. Il n’entretenait plus son breton qu’il ne transmettait même pas à ses enfants car il y avait adhésion au projet : l’intégration dans la Nation française et son ascension sociale grâce à la méritocratie et aux échelons passés chaque année dans l’administration où il faisait carrière.
Toutes ses personnes abandonnaient leur langue pour un rêve, un projet, un mieux, une civilisation rêvée.
Aujourd’hui, la France n’a plus de projet. N’est plus un projet. Et pourtant, nous les Ruraux nous ne parlons pratiquement plus que français. Nous avons abandonné nos langues, nos identités pour ça. Pour la France telle qu’elle est devenue. Pour Paris tel qu’il est devenu. De Carhaix à Fougères et de la Limagne au Gévaudan, nous ne parlons même plus la langue de nos ancêtres. Nos langues d’origine ont été délaissées, anéanties, pour quoi ? Pour ce qu’est devenue la France d’aujourd’hui. Plus d’ascension sociale, les villes sont devenues un enfer multi-culturel, le « village mondial » et ses citoyens du monde sont devenus le pire cliché des années 90, Paris est devenue la ville poubelle et personne ne veut plus aller vivre là-bas, Londres était la mecque du « cool » et des boutiques de disque, c’est désormais la Mecque tout court.
Depuis le Covid, toute la France, que dis-je, toute l’Europe, se cherche une maison à la campagne pour pouvoir fuir la ville le moment venu.
Car les urbains déracinés sont devenus comme ces enfants nés par GPA. Ils cherchent leurs origines, leurs racines et ne les retrouvent nulle part. Car nos campagnes deviennent petit à petit des annexes du village mondial délabré.
Pourtant, le dernier rempart contre la mondialisation et l’immigration s’appelle les langues régionales. Des masses étrangères entières pourront apprendre le français ou l’anglais mais seules des individualités étrangères apprendront le breton ou l’occitan. Car ces langues ne leur apparaissent pas comme utiles dans l’obtention d’un avantage économique quelconque. C’est le même processus que dans le football : un Algérien ou un Sénégalais supportera facilement le PSG ou le Real de Madrid car il aura, de cette façon, l’impression d’être, lui aussi, dans le camp des winners. Pas d’affect là-dedans, juste la volonté de briller par équipe interposée. A contrario, des équipes « tripales » mais aux résultats modestes comme le FC Metz ou le TFC (Toulouse) n’auront pas des masses de supporters parmi ces populations. Elles restent les équipes favorites de ceux ayant un attachement charnel à la Lorraine ou à la région toulousaine. Affaire de darwinisme et de recherche de prestige et d’un avantage sélectif contre l’attachement à l’identité et aux racines.
Les villes ne font plus rêver donc. Ne sont plus les lieux d’un projet. Les villes sont devenues de repoussoirs. Des lieux de résidences pour loosers, ceux qui restent bloqués. Ca a été vrai pendant le Covid : les « bloqués dans leur appart’ de 30m² avec deux enfants » contre ceux qui avaient récupéré la maison de Mamie avec jardin à l’orée d’une forêt des Monts du Lyonnais.
Mais attention, avec « l’enrichissement » général de la France et le Grand Remplacement jusque dans les moindres détails, nos amis les « pépites » arrivent aujourd’hui jusqu’à Guéret (Creuse) et bientôt dans les plus profondes vallées de Cévennes. Les conséquences se font rapidement sentir : les enfants des campagnes se mettent à parler « racaille » car ils restent les derniers publics encore sensibles aux charmes de l’urbain, via la culture rap et les réseaux sociaux. Et les derniers espaces encore préservés sont Grand-Remplacés l’un après l’autre.
Face à cela, nous devons changer de paradigme. Car malgré ces changements récents, les campagnes restent encore des bastions. La Ruralité est là où vie le mode de vie européen. Partant, le camp identitaire doit investir massivement les langues et cultures régionales pour en faire des bastions de résistance. Le français doit rester la langue commune entre un Provençal, un Breton et un Ch’ti, mais nos langues locales et nos cultures locales doivent être des frontières invisibles entre « eux » et « nous ». Les banlieues de Lille ou de Brest n’apprendrons jamais le corse, le flamand ou le breton, c’est une évidence. Par contre, les autochtones du Centre-Bretagne ou du Limousin peuvent ne parler que leur langue régionale respective entre eux et ne se retrouver qu’autour d’évènements culturels régionaux, ils n’y verront jamais nos Remplaçants. Et ceux, parmi ces populations, qui auront choisi de parler gallo ou alsacien seront ceux qui auront choisi l’assimilation complète comme cela existe déjà sans aucun problème. Mais ces cas minoritaires resteront l’exception, l’exception heureuse même car les Identitaires ne rejettent pas l’Autre, ils veulent que l’Autre reste ce qu’il est ou qu’il deviennent intégralement comme lui. Entre les deux, il n’y a pas d’intermédiaire.
Les campagnes sont les derniers refuges pour nous. La « France périphérique », c’est aussi la « France bastion ». Mais ces campagnes doivent être préservées à tout prix. Elles doivent renouer avec un fond identitaire représenté par les cultures et les langues locales. Chanter du Michel Sardou comme dans les banquets du Canon Français, c’est bien, mais les Lacs du Connemara ne doivent pas devenir une caricature, il faut retrouver l’essence de ce qui est décrit dans cette chanson emblématique. Le Connemara est un bastion de la langue et de la culture irlandaise. Nous devons donc reconstruire des Connerama partout ! En Bretagne, en Occitanie, en Corse, au Pays Basque et jusque dans les territoires identifiés comme moins identitaires.
Les Lacs du Connemara resteront la Madeleine de Proust d’une France perdue qui se retrouve le temps d’un banquet si nous ne prenons pas cette chanson au pied de la lettre.
Quittez les villes et réinstallez-vous là où vivaient vos ancêtres. Apprenez la langue de vos grands-parents. Inscrivez vos enfants dans des écoles en langue régionale. Inscrivez-les dans des cercles celtiques ou des cercles occitans. Retrouvez la religion de nos pères. L’identité profonde est la solution !
JPT
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3 réponses à “Langues régionales, cultures régionales, Michel Sardou : pourquoi il faut reconstruire des Connemara partout [L’Agora]”
Bravo ! Notamment pour la dernière phrase, courageuse.
En Bretagne néanmoins la phrase qui me vient est « skourjezañ ur marc’h marv » (fouetter un cheval mort). La mobilisation pour un tel projet est quasi nulle sur le terrain. On a beau proposer des choses, force est de constater qu’il n’y a pas de demande. Combien de personnes inscrites aux Devezhioù kristen 2026 ? Combien samedi dernier à Koad kev ? Combien de personnes en-dessous de 60 ans aux messes en breton ?? J’invite à rejoindre Emglev an Tiegezhioù pour ce combat : ensemble on est 10 fois plus forts.
« Emglev An Tiegezhioù est une association bretonnante catholique fondée en 1947 par Alan Al Louarn et Youenn Olier, défendant la culture bretonne en langue bretonne. Elle organise des camps de catéchisme, des réunions et publie la revue Kannadig Imbourc’h »
Ar wirionez ‘ zo gant Thepod Gwilhmod! A mon avis l’émigré du Trégor il travaillait à la SNCF et crèchait (ur c’hraou) à Villeneuve St Georges et paraît-il ne parlait que breton à ces surdoués d’enfants qui ont fait carrière…devinez de qui je parle! …L.L…Conseil Régional chargée de la langue bretonne! Avec Ronan Huon chacun s’exprimait dans sa variante locale avec Ofis ar Sotinioù dictature du patois roazhoneg nouvelle version du cornique (disparu à la fin du XVIIIe). Ha te Brulu pe sentimant a zo ganit? Ev chistr ‘ta Brulu rag chistr zo mat! Ar chistr war dro 6 a wechoù 7 ° ha goude satanazet ar jabadao bro Bigouden! Amzer eüruz gant Martial Menard! Pokez +Martial.