Décidément intenable depuis le grand départ donné à Durrës, en Albanie, Jhonatan Narváez a une nouvelle fois fait parler la poudre ce mercredi 20 mai. Au terme de la onzième étape entre Porcari et Chiavari, l’Équatorien d’UAE Team Emirates–XRG s’est imposé au sprint devant l’Espagnol Enric Mas (Movistar), décrochant ainsi sa troisième victoire dans cette édition du Tour d’Italie. Une razzia qui le hisse au rang de meilleur coureur équatorien de l’histoire du Giro, devant Richard Carapaz.
Une échappée patiemment construite
L’étape, vallonnée et propice aux baroudeurs, a démarré sur un rythme effréné — plus de cinquante kilomètres parcourus dans la première heure de course. Plusieurs tentatives se sont succédé avant qu’un groupe de seize unités ne parvienne à creuser l’écart en amont du Colle di Guaitarola, la principale difficulté du jour avec ses 9,6 kilomètres à 6,3 % de moyenne.
Narváez, lui, avait initialement manqué le bon wagon. Grâce au travail de son coéquipier Mikkel Bjerg, il a profité d’une bosse non répertoriée près du village d’Arcola pour s’extraire du peloton, combler une minute trente de retard et rejoindre les hommes de tête. Une démonstration de puissance qui annonçait déjà la suite.
Le duel avec Enric Mas dans la Cogorno
Dans la dernière difficulté du parcours, l’ascension irrégulière menant à Cogorno (4,6 km à 6,4 %), Enric Mas a porté l’estocade. L’Espagnol, fin grimpeur, espérait distancer Narváez sur les pourcentages les plus durs, certaines portions affichant jusqu’à 11 %. Mal lui en a pris : l’Équatorien est resté collé à sa roue sans prendre le moindre relais.
Le tandem a ensuite collaboré – sans que l’on comprenne pourquoi, Mas n’ayant pas la moindre chance au sprint – dans la vallée finale pour repousser le retour de Chris Harper (Pinarello Q36.5). Mas a lancé le sprint en premier sur une portion pentue traversant les rues de Chiavari, mais la pointe de vitesse de Narváez a fait la différence dans les derniers mètres. Pour l’Espagnol, l’attente d’un premier succès depuis quatre ans — et huit ans sur un grand tour — se prolonge.
Derrière, Ulissi règle le sprint des poursuivants
Une dizaine de secondes plus tard, Diego Ulissi (XDS Astana) a pris la troisième place en devançant Harper et le Russe Aleksandr Vlasov (Red Bull–BORA–hansgrohe). Le Français Warren Barguil (Picnic PostNL), qui avait pu s’inviter un moment dans la course, a été lâché dans les derniers raidillons. Christian Scaroni (XDS Astana), pourtant tombé en cours d’étape, a livré une belle bagarre pour échouer au pied du top 5.
Statu quo chez les favoris
Au classement général, rien n’a bougé. Le Portugais Afonso Eulálio (Bahrain-Victorious) conserve la tunique rose, avec toujours 27 secondes d’avance sur le Danois Jonas Vingegaard (Visma–Lease a Bike). Le vainqueur du Tour de France 2025 n’a pas cherché à attaquer au lendemain de son chrono réussi. Les autres prétendants au podium final ont eux aussi temporisé, malgré un tempo soutenu imposé en tête de peloton.
Cap sur Novi Ligure pour la douzième étape
Ce jeudi 21 mai, le peloton s’élancera d’Imperia en direction de Novi Ligure pour une douzième étape classée en catégorie B et théoriquement promise aux sprinteurs. Théoriquement seulement, car les organisateurs ont placé sur la route deux obstacles susceptibles de chambouler les pronostics : le Colle Giovo (11,4 km à 4,1 %) et le Bric Berton (5,7 km à 5,6 %), deux ascensions enchaînées dans une fenêtre de vingt-sept kilomètres, le sommet du second se situant à 52 kilomètres de la ligne.
Tout dépendra de la stratégie adoptée par les équipes des puncheurs. La Movistar, qui avait sévèrement durci la course lors de la quatrième étape à Cosenza pour le compte d’Orluis Aular, pourrait remettre le couvert. Les sprinteurs les plus massifs — Jonathan Milan, Dylan Groenewegen ou Paul Magnier (Soudal Quick-Step) — savent qu’ils joueront leur place dans le final. À leurs côtés, des coureurs au profil plus hybride comme Ben Turner, Tobias Lund Andresen ou, bien sûr, Jhonatan Narváez, en embuscade pour le maillot cyclamen, devraient se mêler à la lutte.
Le départ fictif est fixé à 13 h 05, l’arrivée estimée vers 17 h 14. La couverture intégrale sera assurée sur Eurosport 1 et l’application HBO Max à partir de 12 h 45.
Photo d’illustration : Giro d’Italia (DR)
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