Moygashel (Irlande du Nord) : le bûcher controversé allumé par anticipation, un homme inculpé pour incitation à la haine

Publicité

À Moygashel, dans le comté de Tyrone, un feu de joie surmonté d’une réplique de mosquée a été allumé dans la nuit du 9 au 10 juillet, avant que la police d’Irlande du Nord (PSNI) ne puisse retirer l’effigie. L’épisode s’inscrit dans la saison des bûchers loyalistes qui précèdent le Twelfth, date centrale du calendrier unioniste.

Un bûcher allumé par anticipation

La maquette de mosquée avait été installée au sommet du bûcher, constitué de palettes de bois, le mercredi. Le feu devait initialement être allumé le vendredi soir. Mais un rassemblement d’habitants s’est tenu dans le village vers 22 heures, et peu après 23h30 la décision a été prise d’embraser le bûcher, à la suite d’informations selon lesquelles des prestataires devaient intervenir sur le site.

Des policiers présents sur place au moment de l’allumage ont été pris à partie et sommés de quitter les lieux. Deux engins de pompiers, dont un camion-citerne, ont été déployés pour refroidir les bâtiments voisins.

Une opération policière interrompue et une inculpation

La PSNI indique avoir engagé une opération d’envergure pour retirer ce qu’elle qualifie de « dispositif haineux », opération qui se trouvait à un stade avancé lorsque le bûcher a été allumé. Selon le commissaire Norman Haslett, le feu a été allumé avec un jour d’avance précisément pour empêcher le retrait du matériel litigieux.

Un homme de 56 ans a été inculpé d’incitation à la haine en lien avec l’installation de la réplique de mosquée. Il devait comparaître devant le tribunal de Dungannon le vendredi 10 juillet. Outre la maquette, des pancartes portant les mentions « Sécurisez nos frontières » et « Mettez fin à la menace de l’islam radical » avaient été fixées sur le bûcher.

En amont, un responsable loyaliste avait averti le Belfast Telegraph que toute tentative d’intervention sur le site pourrait conduire à un rassemblement massif et à une épreuve de force. La présence policière dans le secteur avait par ailleurs été réduite les jours précédents, à la suite d’échanges avec une élue unioniste de l’UUP, Diana Armstrong, qui disait relayer les préoccupations de la communauté locale.

Des positions opposées

L’association organisatrice du bûcher de Moygashel a évoqué sur les réseaux sociaux un « acte de protestation politique », distinguant selon elle l’expression culturelle traditionnelle du bûcher et la démarche protestataire qu’elle y adjoint désormais chaque année. Dans un communiqué antérieur, ses organisateurs reconnaissaient que le dispositif pouvait choquer, mais invoquaient la liberté d’expression.

Du côté des responsables politiques, la ministre de la Justice Naomi Long a dénoncé un spectacle de haine, tandis que le secrétaire d’État à l’Irlande du Nord Hilary Benn y a vu un acte d’intimidation. Des élus de l’Alliance et du Sinn Féin ont réclamé le retrait de l’effigie. La commentatrice britannique Katie Hopkins, figure de la droite radicale, s’était rendue sur place plus tôt dans la journée.

Un site coutumier des polémiques

Ce n’est pas la première fois que le bûcher de Moygashel fait parler de lui. En 2025, une effigie de migrants dans un canot y avait été brûlée. En 2024, c’était une réplique de voiture de police, et en 2023 un portrait de l’ancien Taoiseach Leo Varadkar accompagné d’un drapeau irlandais.

Ces feux sont allumés chaque année dans certaines zones unionistes pour marquer l’approche du Twelfth. La plupart le sont le 11 juillet, lors de la « Onzième nuit ». Le Twelfth commémore la victoire du roi protestant Guillaume III sur le roi catholique Jacques II à la bataille de la Boyne, en 1690.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Irlande du Nord : après les émeutes de Belfast, un sondage révèle l’ampleur de l’inquiétude sur l’immigration

Découvrir l'article

Football, Sport

Glentoran FC, le club des chantiers navals de Belfast qui a battu Benfica et refusé George Best

Découvrir l'article

Football, Sport

Des tombes du Creggan aux nuits de Ligue Europa : Derry City FC le club irlandais qui bat au rythme de sa ville

Découvrir l'article

Politique

De Belfast à Rome : le numéro d’été de Synthèse nationale ausculte le réveil identitaire du continent

Découvrir l'article

International

Belfast : à l’approche de la saison des marches, l’État s’attaque aux emblèmes paramilitaires

Découvrir l'article

International

Drumcree : les orangistes contestent en justice l’interdiction de leur défilé

Découvrir l'article

International

Grande-Bretagne : comment un violeur d’enfants pakistanais échappe à l’expulsion malgré 30 viols

Découvrir l'article

Economie, VITRÉ

Vitré : la chambre régionale des comptes alerte sur une dégradation financière devenue structurelle

Découvrir l'article

A La Une, Culture, Culture & Patrimoine, Sociétal

Cinéma et censure : entretien sans filtre avec le réalisateur Uwe Boll (Citizen Vigilante)

Découvrir l'article

International

Citoyen par le berceau : la dissidence de Clarence Thomas et la question du droit du sol

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.