Une image vaut plus que mille mots. La dernière en date a été prise dans le métro de Washington, le 4 juillet 2026, jour du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, et montre une jeune femme noire assise calmement, entourée par des dizaines de membres masqués du groupe suprémaciste blanc Patriot Front. La photographie est vite devenue virale mondialement. Pour les progressistes et leurs perroquets, aucun doute : il ne peut s’agir que de la nouvelle Rosa Parks. Les plus futés ont cependant souligné avoir rarement assisté à un tel but contre son propre camp, car le cliché dit tout le contraire de ce qui est écrit dans la presse.
Ce samedi 4 juillet 2026, alors que les célébrations officielles organisées par l’administration Donald Trump battaient leur plein, environ 400 membres du Patriot Front ont convergé vers Washington pour une marche alternative. Le groupe, décrit par le Center for the Study of Extremism de l’Université George Washington, comme une organisation nationaliste blanche et fasciste, prône la création d’un État ethnique homogène aux États-Unis.
Les manifestants, en uniforme et visage masqué, ont emprunté le métro avant de défiler dans les rues de la capitale en brandissant des drapeaux confédérés et des bannières ornées de 13 étoiles. Ils scandaient des slogans tels que « Reclaim America » (« Récupérons l’Amérique »). Alors qu’ils se trouvaient dans le moyen de transport, le photographe de Reuters Cheney Orr, capture un moment : une jeune Afro-américaine est assise, impassible, au milieu des activistes blancs.
This photograph today deserves a Pulitzer Prize.
PublicitéA black girl sits in the middle of dozens of white supremacist patriot front members in Washington DC on the Fourth of July.
This is so representative of the country. We’re living in under Donald Trump right now. I want my… pic.twitter.com/9Ko8tFdMrS
— Brian Krassenstein (@krassenstein) July 4, 2026
Branle-bas de combat dans toutes les rédactions des grands médias de la planète : ils tiennent leur nouvelle héroïne. L’usagère est une femme, cernée d’hommes au visage masqué, une « racisée » entourée de fascistes. Elle regarde fixement l’objectif, le contraste est saisissant.
Et pourtant. Malgré le nombre de rédactions qui ont crié victoire, malgré le nombre de personnes travaillant à ces mêmes rédactions, personne ne note que la femme au centre du cliché est restée totalement libre de ses mouvements et en sécurité.
C’est à se demander si ces rédactions parient sur l’effondrement cognitif de leurs lecteurs ou si elles étalent simplement le leur. Car si cette usagère afro-américaine symbolise une chose, c’est bien la droiture des militants d’extrême droite. Sans jeu de mots. En effet, loin des clichés largement fantasmés par ces mêmes médias, qu’on approuve ou pas leurs idées, ces derniers ne manifestent ni menace ni insulte à son égard.
Cela a conduit certains internautes à ironiser sur « le trajet le plus sûr de sa vie ! ». D’autres, plus caustiques, ont immédiatement fait le parallèle avec la terrible fin d’Iryna Zarutska, la jeune réfugiée ukrainienne sauvagement poignardée en août 2025 dans un tramway de Charlotte. L’agression avait été perpétrée par un multirécidiviste afro-américain devant plusieurs témoins afro-américains eux aussi, totalement désintéressés du sort de la jeune fille.
L’image des militants du Patriot Front est ainsi venue rappeler une statistique gênante pour le discours dominant : aux États-Unis, les individus afro-américains commettent des homicides à un taux environ 6 à 7 fois supérieur à celui des individus blancs. Selon le FBI, en 2024, les personnes noires représentaient environ 51 % des arrestations pour meurtre alors qu’elles représentent environ 13 % de la population (donnée grosso modo stable, confirmée par toutes les agences qui étudient le phénomène).
Mais il y a plus. Cette photo révèle aussi les limites d’un symbole brandi trop vite. Car la Rosa Parks 2026 compte un passif un peu moins glorieux que son aïeule. L’usagère Bernita Bowlding avait en effet été arrêtée en Virginie en 2024 pour des actes obscènes dans un lieu public. Et les images d’elle à quatre pattes montrant ses fesses dans une rame du métro ont, elles aussi, fait le tour des réseaux sociaux…
Mais ça, les médias du système ne vous le diront pas.
Audrey D’aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.