Ebola : dix pays africains placés en alerte maximale face à la résurgence de l’épidémie

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 L’Afrique centrale et orientale fait face à un nouveau risque sanitaire majeur. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), agence sanitaire spécialisée de l’Union africaine, a placé dix pays du continent sous surveillance élevée en raison de la résurgence de l’épidémie d’Ebola déclarée à la mi-mai 2026 en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.

L’annonce a été faite samedi 24 mai au soir lors d’une conférence de presse en ligne par le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya. Les dix pays identifiés comme particulièrement exposés sont le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Zambie, la République centrafricaine, la Tanzanie, l’Éthiopie, l’Angola, la République du Congo et le Burundi. Tous partagent des frontières directes avec l’un des deux foyers épidémiques actifs, ce qui en fait des vecteurs potentiels de diffusion régionale.

Une dix-septième flambée pour la RDC

Le bilan provisoire communiqué par l’agence sanitaire africaine est lourd : 745 cas suspectés ou confirmés et 176 décès probables ont été recensés depuis que la RDC a déclaré officiellement sa dix-septième flambée d’Ebola le 15 mai dernier. Pour le pays d’Afrique centrale, cette résurgence devient ainsi tragiquement routinière — aucun autre État au monde n’a affronté un tel nombre de poussées épidémiques de ce virus depuis sa découverte en 1976 sur les rives de la rivière Ebola, précisément en RDC (alors Zaïre).

Jean Kaseya a tenu à préciser que les autres États africains, qui ne partagent pas de frontière directe avec la RDC ou l’Ouganda, ne sont pas placés à ce stade dans la catégorie des pays à risque. Mais la prudence reste de mise : l’évaluation pourrait être révisée à la hausse en fonction de l’évolution géographique de l’épidémie au cours des prochaines semaines. Selon la manière dont la propagation se développe, nous pourrons reconsidérer cette position, a précisé le responsable.

Un virus toujours redoutable

Pour rappel, le virus Ebola figure parmi les agents pathogènes les plus dangereux connus à ce jour. Hautement contagieux, il se transmet par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées — sang, sueur, salive, vomissures — ainsi que par contact avec des surfaces ou objets contaminés. Les symptômes apparaissent généralement entre deux et vingt et un jours après l’exposition : fièvre brutale, vomissements, diarrhée, douleurs généralisées, malaise profond, et dans les formes les plus sévères des hémorragies internes et externes pouvant entraîner la mort.

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Le taux de létalité varie considérablement selon le sous-type viral en circulation et la rapidité de prise en charge médicale. Selon les chiffres consolidés par l’Organisation mondiale de la santé, il peut atteindre, dans les épidémies les plus virulentes, jusqu’à 90 % des personnes infectées en l’absence de traitement spécifique. Les variants identifiés à ce jour comprennent notamment Ebola Zaïre, Ebola Soudan, Ebola Reston, Ebola Bundibugyo et Ebola Tai Forest, le premier étant historiquement le plus létal.

Une vigilance africaine désormais institutionnalisée

La création de l’Africa CDC en 2017, dans le sillage de l’épidémie ouest-africaine de 2014-2016 qui avait fait plus de 11 000 morts en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, témoigne de la volonté du continent africain de se doter d’une capacité autonome de surveillance épidémiologique. La crise du Covid-19 entre 2020 et 2023 a confirmé l’importance de cette institutionnalisation : pour la première fois, l’Afrique a coordonné sa réponse sanitaire à l’échelle continentale, sans dépendre exclusivement des organisations multilatérales basées en Europe ou en Amérique du Nord.

Aujourd’hui, l’Africa CDC dispose de protocoles éprouvés pour contenir les flambées d’Ebola : isolement immédiat des cas suspects, traçage des contacts, vaccination des populations exposées avec les vaccins Ervebo et Zabdeno-Mvabea désormais largement disponibles, sensibilisation communautaire massive, fermeture temporaire des points de passage frontaliers à risque. Reste à savoir si les moyens logistiques et financiers seront à la hauteur de l’ampleur potentielle de cette nouvelle crise.

Des implications qui dépassent le continent

Pour les pays européens, dont la France et la Belgique, le suivi de cette nouvelle flambée d’Ebola revêt un intérêt particulier, en raison des liens historiques, économiques et migratoires qui les relient à plusieurs des pays concernés — la République démocratique du Congo en premier lieu pour la Belgique, ainsi que la République du Congo, la République centrafricaine ou le Burundi. Les services sanitaires des aéroports européens disposent depuis les crises précédentes de protocoles spécifiques de détection à l’arrivée des passagers en provenance des zones touchées.

L’épidémie de 2014-2016 avait conduit à quelques cas importés en Europe et aux États-Unis, sans déclencher de transmission communautaire significative grâce à la rapidité des prises en charge. Le scénario reste théoriquement reproductible aujourd’hui, mais les autorités sanitaires occidentales estiment que les protocoles renforcés mis en place ces dernières années permettent de gérer un cas isolé sans risque de propagation domestique.

Pour les populations africaines des dix pays placés en alerte, en revanche, les semaines qui viennent seront décisives. Les déplacements transfrontaliers — qu’il s’agisse de commerce, de pastoralisme, de réfugiés ou de retours familiaux — constituent autant de canaux potentiels de diffusion du virus. La capacité de l’Africa CDC à coordonner efficacement la réponse régionale, et celle des États concernés à mettre en œuvre rapidement les mesures de confinement nécessaires, déterminera l’ampleur finale de cette nouvelle crise sanitaire majeure que connaît le continent africain.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Ebola : dix pays africains placés en alerte maximale face à la résurgence de l’épidémie”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Le 11e état africain concerné ce sera la France bien noire avec le bamboula Macron qui a accordé une aide au Kénya! Mais avec quoi???

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