Le tribunal correctionnel de Louvain a condamné le militant nationaliste flamand Dries Van Langenhove à une amende de 4 000 euros pour une conférence prononcée début 2024 à la prestigieuse université catholique de Louvain (KU Leuven). Reconnu coupable d’incitation à la haine fondée sur la nationalité ou l’origine ethnique et de diffusion d’idées fondées sur la haine raciale, le fondateur du mouvement Schild & Vrienden voit s’allonger une liste déjà conséquente de poursuites judiciaires. Mais au-delà du cas particulier, cette condamnation soulève une question vertigineuse pour l’ensemble des démocraties européennes : peut-on désormais être condamné pénalement pour avoir énoncé des faits exacts ?
Car c’est bien là que réside le caractère proprement inquiétant de cette affaire. Le juge lui-même, dans son verdict, ne conteste pas l’exactitude des propos tenus. Il les condamne malgré leur véracité.
A very sad announcement.
I have just been convicted a second time for ‘hate speech’ and it is only due to a technicality that I could not immediately be sent to jail —to the judge’s frustration.
PublicitéIn an ironic turn of events it’s actually thanks to my previous prison sentence… pic.twitter.com/76xOy6qnA4
— Dries Van Langenhove (@DVanLangenhove) May 26, 2026
Une conférence transformée en procès des idées
Les faits remontent au début de l’année 2024. Invité par l’Association nationaliste des étudiants (NSV) à l’Institut pédagogique de la KU Leuven, Van Langenhove devait initialement intervenir sur le thème de l’agriculture régénérative. La conférence a rapidement dévié vers un exposé plus large de sa vision politique, au cours duquel il a établi un lien entre l’immigration de masse, la criminalité et la dégradation de la qualité de vie en Flandre.
L’université a porté plainte, et le parquet a estimé que le sujet annoncé n’était qu’un prétexte pour tenir un discours politique dans ses locaux. Le ministère public a considéré que le militant avait brossé un portrait systématiquement négatif de certains groupes de population, contribuant selon lui à la propagation d’idées racistes. Il a notamment indiqué qu’il est « logique que moins d’Africains noirs décrochent un diplôme d’ingénieur, mais qu’ils soient de meilleurs coureurs de fond car il existe des différences entre les groupes ethniques« .
Van Langenhove, lui, conteste fermement toute infraction. Sa ligne de défense est limpide : « Si je devais être condamné, ce serait pour avoir exprimé des faits vérifiables. » À l’issue de l’audience, il s’est dit déçu, estimant que le ministère public était incapable de démontrer le moindre élément constitutif d’une infraction réelle.
These two paragraphs of my verdict are crucial for everyone to read and understand.
« Even if all of the statements made by Van Langenhove are based on scientific evidence and statistics, it makes no difference to the criminal intent. Van Langenhove is not charged with spreading… pic.twitter.com/OUg9xOb8Fg
— Dries Van Langenhove (@DVanLangenhove) May 27, 2026
Le verdict le plus glaçant : la vérité ne constitue pas une défense
C’est dans la motivation même du jugement que se niche l’élément le plus alarmant de cette affaire. Le magistrat écrit noir sur blanc une phrase qui mérite d’être méditée par tout citoyen attaché à la liberté d’expression : même si l’ensemble des déclarations de Van Langenhove reposent sur des preuves scientifiques et des statistiques, cela ne change rien à l’intention délictuelle. Le juge précise que le prévenu n’est pas poursuivi pour avoir diffusé de fausses informations, mais pour avoir présenté des faits d’une manière susceptible d’inciter à la haine envers des personnes en raison de critères protégés par la loi anti-racisme.
En d’autres termes, la véracité des propos est explicitement déclarée sans pertinence juridique. On ne reproche pas au militant d’avoir menti. On lui reproche d’avoir dit vrai d’une manière jugée dérangeante.
Plus troublant encore, le jugement précise qu’il n’est nullement nécessaire que le prévenu ait incité à des actes concrets de haine ou de violence pour qu’une infraction soit caractérisée. Il suffit, selon le tribunal, que d’autres personnes puissent être amenées à adopter une « attitude générale d’intolérance ou de désapprobation » à l’égard d’un groupe protégé. Aucun acte, aucune violence, aucune incitation concrète : la simple possibilité qu’un auditeur puisse en venir à penser du mal d’un groupe protégé suffit à fonder une condamnation pénale.
Une criminalisation potentielle de toute critique de l’immigration
Les implications de ce raisonnement juridique dépassent infiniment le cas d’un seul militant flamand. Si l’on suit la logique du tribunal, n’importe quelle critique étayée de l’immigration de masse devient potentiellement passible de poursuites. Citer une statistique officielle sur la délinquance, sur le logement ou sur le niveau scolaire, dès lors qu’un auditeur pourrait en tirer une opinion défavorable à un groupe protégé, expose désormais son auteur à une condamnation.
Or ces arguments — le lien entre immigration massive et tensions sur le logement, l’insécurité ou les services publics — sont précisément ceux qu’emploient aujourd’hui des responsables politiques de premier plan dans toute l’Europe, y compris les plus modérés. Le précédent établi à Louvain criminalise potentiellement une part considérable du débat public démocratique sur l’une des questions les plus déterminantes du moment.
Le militant souligne lui-même l’absence de toute possibilité de défense face à un tel mécanisme. Il a apporté au tribunal les études scientifiques qu’il citait : le juge n’en a pas tenu compte. Il a démontré que la conférence avait réuni des étudiants de toutes sensibilités politiques, que chacun avait pu s’exprimer et poser des questions, et que la séance s’était déroulée dans le calme le plus complet, sans que personne ne soit incité à quoi que ce soit. En vain. Dès lors que le magistrat estime qu’il existe une simple possibilité que quelqu’un pût être incité à une « attitude générale de désapprobation », la condamnation tombe, sans qu’aucune preuve concrète ne soit requise.
Un acharnement judiciaire au long cours
La condamnation de Louvain n’est pas un épisode isolé. Elle s’inscrit dans ce que le militant décrit comme une guerre d’usure de huit années. En 2024, Van Langenhove avait déjà été condamné en première instance à un an d’emprisonnement ferme et à 16 000 euros d’amende pour infractions à la loi sur le racisme et le négationnisme, assortis d’une déchéance de ses droits civiques pour la durée maximale de dix ans. En appel en 2025, la peine de prison avait été commuée en sursis.
C’est d’ailleurs, par une ironie amère, cette condamnation antérieure qui lui évite aujourd’hui l’incarcération immédiate, grâce à un simple détail de procédure — à la frustration manifeste du juge, selon le militant lui-même. Celui-ci affirme avoir déjà déboursé plus de 420 000 euros en frais de justice, faire l’objet d’une douzaine d’enquêtes pénales actives pour discours de haine, et devoir comparaître à nouveau dès le mois de septembre. Un harcèlement procédural qui, par son ampleur et son coût, vise manifestement à épuiser financièrement et nerveusement celui qui en est la cible, indépendamment même de l’issue de chaque procès.
« Mon ennemi n’est pas le migrant »
Dans sa réaction publique, Van Langenhove tient à préciser sa pensée, écartant la caricature qui en est faite. Pour lui, le mal qui ronge les sociétés européennes serait la haine de soi, dont l’immigration de remplacement constituerait l’un des symptômes. Son adversaire désigné n’est donc pas le migrant lui-même, mais ceux qui orchestrent selon lui l’immigration de masse. Une distinction que le tribunal, observe-t-il, n’a pas jugé utile de retenir.
Le militant tire de son expérience un avertissement adressé à tous les Européens vivant encore dans des pays où la liberté d’expression demeure protégée : ces lois sur le discours de haine, une fois adoptées, deviennent imbattables devant les tribunaux. Il ne s’agit plus de prouver son innocence, puisque la vérité n’est pas un argument recevable et que l’intention coupable peut être présumée à partir d’une simple « ambiance ». Son conseil est sans détour : combattre ces législations avant qu’elles ne soient adoptées, car une fois en vigueur, il est déjà trop tard.
Au fond, l’affaire Van Langenhove pose une question qui dépasse de très loin la personne du militant flamand, dont chacun peut par ailleurs réprouver telle ou telle formulation. Elle interroge la nature même de la liberté d’expression dans les démocraties européennes contemporaines. Lorsqu’un tribunal admet explicitement que les faits énoncés sont exacts, mais condamne néanmoins leur énonciation au motif qu’elle pourrait susciter une « désapprobation » à l’égard d’un groupe, c’est le principe même du débat contradictoire qui vacille.
Les lois contre le racisme, conçues à l’origine pour réprimer l’appel concret à la violence ou à la discrimination, glissent ainsi – mais c’est finalement dans leur ADN initial – vers la sanction de l’opinion, puis vers la sanction du fait lui-même dès lors qu’il déplaît. Le glissement est subtil mais redoutable : on ne punit plus le mensonge haineux, on punit la vérité gênante. C’est précisément ce que dénoncent, des deux côtés de la Manche comme de l’Atlantique, ceux qui s’alarment d’un recul de la liberté d’expression en Europe.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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5 réponses à “Orwell en Belgique : Dries Van Langenhove condamné pour incitation à la haine raciale « même si l’ensemble des déclarations reposent sur des preuves scientifiques et des statistiques »”
Heureusement que ce militant pourra s’exprimer le 30 mai a Porto au 2ème congrès européen sur la remigration. Avec d’autres politiciens européens
Dire la vérité devient un crime et c`est nous ,que ces débiles haineux de soi traitent de fachos,PATHÉTIQUE!
En condamnant des universitaires qui se réfèrent à des vérités reconnues , on s’achemine tout doucement vers la forme de pensée unique qui permettra de tenir les peuples sous le boisseau et dans une soumission volontaire et consentie. Galilée en son temps en avait déjà fait les frais.
L’Université qui a porté plainte devrait inviter Mme Rima Hassan plus proche de leur idéologie.
Les juges ayant prononcé cette décision inique devraient être poursuivis pour incitation à la haine vis à vis de ceux qui énoncent simplement des vérités scientifiques.