Une majorité d’habitants d’Irlande du Nord estime que les troubles du mois dernier ont fait honte à la région. Mais un vaste sondage révèle aussi que l’immigration s’est hissée parmi les principales préoccupations des électeurs, tous bords confondus.
Une condamnation nette des violences
L’enquête, publiée par l’organisation More in Common UK, intervient après les désordres qui ont suivi une agression au couteau contre Stephen Ogilvie, dans le nord de Belfast. Un homme domicilié à Belfast a été inculpé de tentative de meurtre, de port d’arme blanche et de menaces de mort.
Réalisé du 11 au 18 juin auprès d’un millier d’adultes, le sondage montre que 62 % des personnes interrogées qualifient les événements d’« émeutes », contre 24 % qui y voient des manifestations. Trois personnes sur cinq considèrent que ces violences ont fait honte à l’Irlande du Nord, et plus des trois quarts affirment que les émeutiers ne les représentent pas.
L’opposition aux violences est massive. Neuf répondants sur dix jugent injustifiable l’incendie de véhicules, 87 % condamnent les attaques contre les logements et commerces de migrants. En revanche, 75 % soutiennent le droit à manifester pacifiquement dans la rue.
L’immigration, troisième préoccupation nationale
Au-delà de la condamnation, l’enquête suggère que beaucoup perçoivent des causes plus profondes à ces désordres. Si 59 % citent l’agression de Belfast comme facteur déterminant, 39 % pointent les défaillances du système d’asile et d’immigration, 33 % jugent les niveaux d’immigration trop élevés.
L’immigration se classe comme la troisième préoccupation du territoire, citée par 44 % dans leur trio de tête, derrière le coût de la vie et la santé. Chez les électeurs unionistes, elle arrive en tête, sélectionnée par 63 % d’entre eux, tout en figurant parmi les principales inquiétudes des électeurs nationalistes et des autres.
La préoccupation vise avant tout l’immigration illégale : 78 % s’en disent inquiets, contre 34 % pour l’immigration légale par les voies approuvées. Près des deux tiers (62 %) soutiennent la mise en place de contrôles migratoires à la frontière avec la République d’Irlande, quitte à durcir cette dernière. Les électeurs nationalistes se partagent presque à parts égales sur ce point.
Un appel à ne plus ignorer le débat
Ces résultats ont fait réagir le conseiller Ron McDowell, adjoint au chef du parti unioniste TUV, pour qui le sondage constitue un signal d’alerte pour tous les partis. Selon lui, chercher à disqualifier les inquiétudes légitimes sur l’immigration en les assimilant à du racisme relève d’une posture déconnectée de l’opinion. Il défend l’idée que réclamer des frontières sûres et un système d’asile crédible ne constitue pas de l’extrémisme, mais un point de vue majoritaire.
Racisme et société divisée
Le rapport souligne aussi une inquiétude croissante autour du racisme, décrit comme un problème sérieux par plus des trois quarts des sondés, devant le sectarisme et l’activité paramilitaire. Une majorité estime que l’Irlande du Nord est devenue peu sûre pour les migrants et les musulmans depuis les troubles.
Invités à décrire la région d’un seul mot, les répondants ont le plus souvent choisi « divisée ». Une majorité conserve toutefois de l’optimisme : 60 % pensent que les meilleures années de l’Irlande du Nord sont encore à venir, et trois quarts estiment que les gens veillent les uns sur les autres.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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