La Suède poursuit son virage restrictif en matière d’immigration. Le Parlement suédois a approuvé récemment un projet de loi supprimant la possibilité d’accorder des titres de séjour permanents aux demandeurs d’asile et à certains autres groupes d’immigrés. La réforme doit entrer en vigueur le 12 juillet prochain. À partir de cette date, seuls des titres de séjour temporaires pourront être délivrés aux personnes concernées.
Les titres temporaires étaient déjà la norme. Mais la nouvelle loi ferme, pour les publics visés, la possibilité d’obtenir à terme un statut de résident permanent. Les personnes déjà titulaires d’un permis de séjour permanent ne sont pas concernées.
Un durcissement assumé
Cette réforme s’inscrit dans une ligne politique déjà engagée. Nous rappelions, en début d’année, que les demandes d’asile avaient chuté de 30 % en Suède en 2025, atteignant leur plus bas niveau depuis 40 ans. Le ministre suédois de l’Immigration, Johan Forssell, soulignait alors que « le changement ne concerne pas seulement les chiffres en termes de baisse de l’immigration, mais aussi la composition de celle-ci, avec une proportion de demandeurs d’asile à un niveau historiquement bas ».
D’après les chiffres de l’Office des migrations, l’immigration totale en Suède, hors réfugiés ukrainiens, est passée de 82 857 personnes en 2024 à 79 684 en 2025. Les demandeurs d’asile et les membres de leur famille ne représentaient plus que 6 % de ce total, contre 31 % en 2018. La Suède ne se contente plus d’administrer les flux : elle cherche à les réduire et à en modifier la composition.
Beslut: Permanenta uppehållstillstånd tas bort https://t.co/1AjpB6Op8r
— Sveriges riksdag (@Sverigesriksdag) June 9, 2026
Criminalité et contrôle migratoire
Ce tour de vis intervient dans un contexte sécuritaire lourd. Le média The European Conservative rappelle que les autorités suédoises attribuent une large part des problèmes de criminalité et de violences de gangs à des réseaux criminels issus de l’immigration. Selon des données policières citées par la même source, 23 passants innocents ont été tués et 30 blessés en trois ans lors de fusillades liées aux gangs.
La police alerte aussi sur le recrutement d’adolescents via les réseaux sociaux et les messageries chiffrées. Certaines recrues auraient moins de 15 ans, âge actuel de la responsabilité pénale. Le gouvernement suédois de centre droit avait envisagé de l’abaisser à 13 ans, avant de renoncer faute de soutien parlementaire suffisant. Un projet visant 14 ans doit être rédigé.
La réforme des titres de séjour envoie un signal clair : l’asile ne doit plus ouvrir, pour les publics concernés, la voie à une installation permanente.
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