Il y a des hommes politiques qui calculent chaque mot. Rupert Lowe n’est pas de ceux-là. À la veille d’une élection partielle qui tient le Royaume-Uni en haleine, le fondateur de Restore Britain a publié une déclaration sans détour sur le scandale des grooming gangs, ces réseaux d’exploitation sexuelle qui ont brisé des milliers de jeunes Britanniques pendant deux décennies. Là où la classe politique cherche ses mots, lui nomme les choses. Quitte à payer le prix de sa franchise.
Un parcours à contre-courant
Né à Oxford en 1957, passé par la City puis par la présidence du Southampton FC, Rupert Lowe est entré en politique par conviction plus que par carriérisme. Eurodéputé du Brexit Party en 2019, élu aux Communes en 2024 sous les couleurs de Reform UK, il fait partie de la poignée d’hommes qui ont fait entrer ce parti au Parlement britannique.
Mais l’homme n’est pas du genre à rentrer dans le rang. Au printemps 2025, il critique ouvertement la direction de Reform, qu’il juge trop personnalisée autour de Nigel Farage. La réponse de l’appareil ne se fait pas attendre : un signalement à la police pour harcèlement présumé, que Lowe dénonce aussitôt comme une manœuvre politique. En mai 2025, la justice lui donne raison et classe l’affaire faute de preuves. Mais le mal est fait, et Lowe a déjà choisi sa voie : celle de l’indépendance. Il fonde Restore Britain, qui devient un parti à part entière début 2026 et rassemble en quelques mois plus de 114 000 adhérents. Une dynamique qui force le respect pour un mouvement parti de rien.
Le courage de nommer le scandale
C’est sur le terrain des grooming gangs que Lowe s’est fait le plus entendre. Quand le gouvernement de Keir Starmer tergiversait, lui a pris les devants : faute de soutien officiel, il a financé sa propre commission d’enquête par souscription populaire, récoltant plus de 600 000 livres auprès de citoyens décidés à savoir. L’enquête a revendiqué l’identification de 85 localités touchées — un chiffre dont la méthodologie reste à étayer, mais qui a eu le mérite de remettre le sujet au centre du débat. Sous la pression, le gouvernement a fini par promettre sa propre enquête nationale.
Dans sa déclaration, Lowe ne mâche pas ses mots. Il dénonce une classe politique — conservateurs, travaillistes et Reform confondus — qui a selon lui organisé une immigration massive sans en assumer les conséquences, et laissé prospérer des réseaux ciblant des jeunes filles vulnérables. Il y voit un phénomène organisé, « une industrie », et refuse l’idée qu’il s’agirait d’actes isolés. « Tant que la classe politique n’acceptera pas ce fait, rien ne changera jamais », écrit-il. Sur ce diagnostic, Lowe touche une corde sensible : l’inaction prolongée des autorités face à ces affaires est aujourd’hui largement reconnue outre-Manche.
Le fondateur de @RestoreBritain @RupertLowe10 a rédigé le texte ci dessous ( vidéo également disponible ) . Changement de braquet . Il pourrait bien provoquer un séisme politique outre Manche.
« Essentiellement, ce qui s’est passé, c’est que l’establishment politique en… pic.twitter.com/lkESwRwOOQ
— Yann Vallerie (Breizh-Info) (@Breizh_Info) June 17, 2026
Voici ce qu’il déclare dans la vidéo :
«Essentiellement, ce qui s’est passé, c’est que l’establishment politique en décomposition a importé des millions de migrants issus de cultures étrangères totalement incompatibles avec le mode de vie britannique. Ces migrants ont colonisé de vastes parties de notre pays, et mènent leur vie comme bon leur semble parce que nos autorités ont trop peur d’être taxées de racisme pour les défier. Cela a permis à des attitudes de prospérer et de se répandre qui, en bref, traitent les femmes et les non-musulmans comme de la merde. Et oui, je le pense vraiment. Les politiciens conservateurs, travaillistes et de Reform sont tous directement responsables de cette vaste importation. Personnellement, je ne pardonnerai jamais à quiconque en est responsable. Des filles blanches vulnérables de la classe ouvrière ont été traitées comme un morceau de viande. Violées, abusées, torturées, assassinées. C’était une attaque raciale, et c’était une attaque coordonnée. Partout au Royaume-Uni. Elles ont ciblé ces filles parce qu’elles étaient vulnérables, elles étaient jeunes, elles étaient blanches. Tant que la classe politique n’acceptera pas ce fait, rien ne changera JAMAIS. Ces hommes ne vivent pas selon les mêmes règles que nous – c’est au-delà du maléfique. Et c’est un réseau coordonné de crime organisé à travers tout le pays. Ce ne sont pas des groupes aléatoires de salauds qui font ça. C’est un réseau. Organisé. Sans pitié. Efficace.
C’est une industrie. Ce n’est pas autochtone. Nous l’avons importé. Nous l’avons accueilli. Embrassé. Nous continuons à le faire. C’était un choix. Le renverser est aussi un choix. Un choix que nous ferons. Un gouvernement Restore Britain expulsera des millions de ressortissants étrangers qui haïssent notre mode de vie et n’ont aucune raison d’être dans notre pays. Partis, et jamais autorisés à revenir. Avec l’approbation du peuple britannique, nous réintroduirons la peine de mort. Si un homme pakistanais a violé en réunion une jeune fille anglaise ? L’a torturée ? L’a passée à ses frères pour qu’ils la violent aussi ? Nous le mettrons à mort. Et j’attends ce moment avec impatience. Vraiment. Notre rapport a esquissé des recommandations précises sur ce qu’il faut faire pour éradiquer ce cancer. Un gouvernement Restore Britain le mettra en œuvre. Nous utiliserons toute la force de l’État britannique pour réprimer ces violeurs et leurs complices de la manière la plus brutale imaginable. Ce sera rapide et sans pitié. Ce sera fait, enfin. Et j’inclus leurs complices là-dedans. C’est pourquoi Farage a essayé de m’envoyer en prison. Parce que je voulais expulser des membres de familles étrangères complices.
Il a trouvé ça si extrême – l’admettant à la télévision nationale. Tout simplement remarquable. À l’écoute des preuves et des témoignages fournis à notre enquête, je peux vous assurer que je tiens une position modérée. Je veux que ces salauds soient partis. Expulsés. Jamais autorisés à revenir. Pour les pires parmi eux, je veux qu’ils soient éliminés de manière permanente. Restore Britain sera qualifié d’extrême, raciste, islamophobe et de tout ce qu’on voudra par le Guardian, Farage, Nadine Dorries, la BBC, le Daily Mail, Zack Polanski. Je m’en fous. Je suis juste reconnaissant qu’il y ait enfin un parti politique avec le courage de faire ce qui doit être fait. Nous allons reprendre notre pays. Nous allons restaurer la Grande-Bretagne »
Une fermeté pénale assumée
Le programme qu’il esquisse est à la hauteur de son indignation. Un gouvernement Restore Britain, promet-il, expulserait les ressortissants étrangers « qui haïssent notre mode de vie », sans retour possible. Il plaide aussi, avec l’approbation populaire par référendum, pour le rétablissement de la peine de mort à l’encontre des auteurs des viols collectifs les plus graves — une position de fermeté pénale maximale, qu’il revendique sans s’excuser et qu’il sait clivante.
Lowe assume par avance les attaques. Il énumère lui-même ceux qui le qualifieront d’extrémiste — la presse de gauche, la BBC, ses adversaires politiques — et balaie la critique d’un « je m’en fous ». Cette indifférence revendiquée au qu’en-dira-t-on est sans doute la marque de fabrique du personnage : un homme qui préfère dire ce qu’il pense, fût-ce maladroitement, plutôt que de lisser son propos pour plaire. « Je suis juste reconnaissant qu’il y ait enfin un parti politique avec le courage de faire ce qui doit être fait », conclut-il.
Un poids politique réel
Cette franchise n’est pas sans effet. Ce jeudi 18 juin, les électeurs de Makerfield, dans le Grand Manchester, votent dans une partielle décrite comme l’une des plus importantes de la législature. Le maire de Manchester, Andy Burnham, travailliste en vue, y affronte un candidat Reform porté par la vague des municipales de mai. Et au milieu, le candidat de Restore Britain pèse environ 5 % des intentions — soit, peu ou prou, l’écart annoncé entre Burnham et Reform.
Autrement dit, le jeune parti de Rupert Lowe est désormais en position d’arbitre. Une percée qui inquiète jusque dans les rangs de Reform, où l’on s’est employé à minimiser la candidature Restore. Pour un mouvement créé il y a un an, c’est la preuve d’une influence qui dépasse déjà largement son poids parlementaire. Reste à savoir, comme Lowe aime à le répéter en citant Klopp, ce que les gens penseront de lui non pas à son arrivée, mais le jour où il faudra dresser le bilan.
Crédit photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.