Éolien en mer : PIEBÎEM dénonce une enquête publique lancée en plein été sur le raccordement de Bretagne Sud

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Du 17 août au 28 septembre. Le calendrier de l’enquête publique sur le raccordement de la zone éolienne en mer de Bretagne Sud a de quoi faire sourire jaune ceux qui suivent le dossier depuis des années : elle s’ouvrira au cœur du mois d’août, quand une bonne partie des Morbihannais concernés sera occupée ailleurs.

Dans un communiqué diffusé le 31 juillet depuis Arradon, l’association PIEBÎEM — Préserver l’identité environnementale de la Bretagne Sud et des îles contre l’éolien en mer — dénonce une tentative de passage en force et réclame le report du démarrage de la procédure.

Une enquête ouverte sans le diagnostic archéologique

Le premier grief porte sur ce qui manque au dossier.

Le diagnostic archéologique complet ne sera pas connu au moment où l’enquête s’ouvrira. L’association rappelle que les garants de la Commission nationale du débat public, chargés de la concertation continue sur Bretagne Sud, avaient alerté sur ce point — et que la situation était donc prévisible.

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Le détail n’en est pas un. Le tracé du raccordement concerne une zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de ses mégalithes. Lancer une enquête publique sur l’atterrage d’un câble à haute tension dans un tel secteur sans disposer de l’inventaire archéologique complet revient à demander aux habitants de se prononcer sur un projet dont les conséquences patrimoniales ne sont pas encore établies.

Deux recours pendants devant le Conseil d’État

Le second grief est juridique, et il est plus lourd.

Deux contentieux sont en cours devant la plus haute juridiction administrative française, et tous deux concernent directement Bretagne Sud.

Le premier vise l’annulation de l’appel d’offres n°10 sur l’éolien en mer. Il a été déposé par des associations nationales — Cérémé, Fédération Environnement Durable, Réseau Énergies Terre&Mer, Vent des Maires — accompagnées de plusieurs structures locales, dont trois morbihannaises : PIEBÎEM, Les Amis de Saint-Gildas et de la presqu’île de Rhuys, et Gerveur Da Viken. Les requérants invoquent l’absence d’évaluation préalable rigoureuse des impacts sur la biodiversité marine, l’avifaune, la pêche, le tourisme et le patrimoine. Ils reprochent également à l’État de n’avoir pas respecté ses propres règles, notamment en matière d’égalité de traitement des candidats et de cadencement des appels d’offres avec la programmation pluriannuelle de l’énergie, ni les recommandations de la Commission de régulation de l’énergie.

Le second recours attaque le décret PPE3, dont dépend le projet Bretagne Sud 2 au même titre que de l’AO10. Y participent la Fédération Environnement Durable, Vent de Colère, Sites et Monuments, ainsi que deux associations morbihannaises — PIEBÎEM et Gardiens du Large — et Gerveur Da Viken. L’argument central est procédural : le décret serait illégal parce qu’adopté au terme d’une procédure irrégulière, qui aurait dû passer au préalable par le vote d’une loi de programmation énergétique.

Autrement dit, les deux étages de l’édifice réglementaire sur lesquels repose Bretagne Sud sont contestés devant le Conseil d’État au moment même où l’État engage l’enquête publique sur le raccordement.

Un contexte qui s’assombrit

PIEBÎEM ajoute trois séries d’incertitudes qui rendent, selon elle, le calendrier d’autant plus contestable.

L’incertitude politique d’abord : la présidentielle approche et certains candidats se sont déjà prononcés en faveur d’une suspension de l’appel d’offres n°10. Un changement de majorité en 2027 pourrait donc remettre en cause l’ensemble.

L’incertitude technique ensuite, l’association évoquant la question non tranchée de la puissance des éoliennes.

L’incertitude financière enfin, avec ce que le communiqué qualifie de difficultés récurrentes du consortium Pennavel, attributaire de Bretagne Sud 1.

« Contraire à la démocratie »

Le raisonnement de l’association tient en une phrase : pourquoi lancer maintenant, en plein été, une enquête publique sur un raccordement dont le projet amont est doublement attaqué, techniquement incertain, financièrement fragile et politiquement susceptible d’être suspendu dans dix mois ?

Sa réponse est sans ambiguïté. PIEBÎEM y voit une tentative de verrouillage du projet, contraire selon elle à la démocratie, à la rationalité technique et économique et à la protection des littoraux. L’association demande qu’il soit sursis au démarrage de l’enquête.

Le procédé, lui, ne se discute guère : l’ouverture d’une consultation citoyenne pendant les congés d’été, sur un dossier dont plusieurs pièces manquent encore, n’est pas exactement le meilleur argument en faveur de la sincérité du débat public. Une enquête publique qui ne mobilise personne est une enquête publique réussie — du point de vue de ceux qui l’organisent.

Les habitants du Morbihan, eux, auront jusqu’au 28 septembre pour donner leur avis. Ceux qui l’auront appris à temps.

Photo d’illustration : Crédit : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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