Venus couvrir une manifestation contre le racisme et le concert organisé par La France insoumise à Paris ce samedi 21 juin, deux journalistes du média Frontières ont été poursuivis sur plusieurs centaines de mètres par une dizaine de militants d’extrême gauche. L’un d’eux a été frappé, et blessé. Une plainte doit être déposée. Une scène de trop dans une longue série d’agressions impunies.
Une course-poursuite en pleine rue
Selon les comptes du média Frontières et de son fondateur Erik Tegnér, les deux reporters couvraient le rassemblement organisé par LFI dans le cadre de la Fête de la musique lorsqu’ils ont été pris à partie. Des militants auraient encerclé l’agent de sécurité qui accompagnait l’équipe, avant de lancer une course-poursuite contre les journalistes sur plusieurs centaines de mètres. L’un des reporters en serait ressorti avec du sang sur le visage et des hématomes comme en témoignent les photos.
🚨 Venus couvrir la manifestation contre le racisme puis le concert organisé par LFI à Paris, deux de nos journalistes ont été poursuivis par une dizaine d’Antifas sur plusieurs centaines de mètres, provoquant la blessure de l’un d’entre eux.
Une plainte va être déposée. pic.twitter.com/h9miY96Od8
Publicité— Frontières (@Frontieresmedia) June 21, 2026
Le récit le plus choquant concerne le caméraman de l’équipe, âgé de 21 ans. D’après le témoignage de l’agent de sécurité rapporté par Erik Tegnér, lorsque le jeune homme a chuté pendant la fuite, un militant se serait dirigé vers lui à pleine vitesse pour le frapper à la tête ; l’agent se serait interposé physiquement pour faire écran. Ces éléments, à ce stade, émanent uniquement de la partie agressée et feront l’objet d’une plainte.
Une série noire d’agressions sans suite judiciaire
Ce n’est pas un épisode isolé. Frontières affirme avoir été pris pour cible à plus d’une quinzaine de reprises en trois ans, avec près d’une dizaine de plaintes déposées — dont, selon le média, aucune n’aurait jamais connu de suite. Le fondateur du média évoque notamment l’agression, un mois plus tôt, d’un autre de ses journalistes par une dizaine d’individus cagoulés, déplorant que les images de vidéosurveillance de la Ville de Paris n’aient toujours pas été exploitées.
Notre agent de sécurité – qui était encerclé – vient de nous informer que qd notre caméraman de 21 ans @rigault_charles est tombé durant la course poursuite, un antifa se dirigeait vers lui pour lui mettre un tir dans la tête à pleine vitesse. Il s’est interposé en mettant sa…
— Erik Tegnér (@tegnererik) June 21, 2026
Le cas Frontières s’inscrit dans un schéma désormais récurrent. Avant lui, d’autres journalistes classés à droite ou perçus comme tels — à l’image de Vincent Lapierre mais aussi de journalistes de Breizh-info à Nantes notammment — ont fait l’objet d’agressions répétées en marge de manifestations de gauche. Le phénomène est suffisamment installé pour que ces rédactions se déplacent désormais systématiquement accompagnées d’agents de sécurité, comme on couvrirait un reportage en zone hostile.
Qu’attendent les autorités ?
C’est là que se pose une question dérangeante, que la solidarité de la profession devrait pourtant rendre évidente. Depuis des mois, des journalistes ne peuvent plus couvrir certains rassemblements qu’entourés de vigiles, sans que la grande presse, si prompte à s’émouvoir des atteintes à la liberté d’informer, ne semble s’en soucier. Le « deux poids deux mesures » est patent : qu’un reporter de Frontières ou d’un média concurrent soit pourchassé et frappé, et le silence se fait. Que l’agresseur change de camp, et l’indignation serait unanime.
Au-delà du constat partisan, l’inertie judiciaire interroge. Combien d’agressions, combien de plaintes classées faudra-t-il avant que l’État ne traite ces violences pour ce qu’elles sont : des atteintes graves à l’intégrité physique et à la liberté de la presse ? Faudra-t-il attendre un mort ? Ou qu’un jour, acculé, un agent de sécurité ou un journaliste réplique violemment, en état de légitime défense, pour que l’on découvre soudain le problème ? Laisser prospérer un climat où des reporters sont traqués en pleine rue, en sachant les plaintes vouées au néant, c’est prendre le risque assumé d’un engrenage dont personne ne maîtrisera l’issue.
Crédit photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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