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Longtemps considéré comme une maladie de personnes âgées, le cancer colorectal — et plus particulièrement le cancer du rectum — provoque un nombre croissant de décès chez les moins de 45 ans. En cause, des symptômes précoces trop souvent ignorés et un diagnostic tardif. Le témoignage d’une infirmière américaine illustre ce phénomène générationnel inquiétant.
Un témoignage révélateur
Bryce Ramsey avait 33 ans et exerçait comme infirmière — un métier qui consiste précisément à guetter les symptômes chez les autres. Lorsqu’elle a remarqué du sang dans ses selles, elle a mis cela sur le compte d’hémorroïdes. Elle venait d’avoir un bébé, elle était épuisée, elle avait une explication à tout. Jusqu’au jour où elle n’en a plus eu. Une coloscopie révèle un polype de plusieurs centimètres ; cinq jours plus tard tombe le diagnostic de cancer colorectal, déjà parvenu au stade 3. Aujourd’hui guérie, elle alerte : trop de jeunes minimisent les premiers signes, comme elle l’a fait elle-même.
Les « vieux millennials » en première ligne
Son histoire est de moins en moins rare. Une étude récente portant sur les taux de mortalité par cancer colorectal aux États-Unis chez les adultes de 20 à 44 ans montre une hausse des décès — surtout par cancer du rectum — qui touche tous les sexes, toutes les origines et toutes les régions. Les adultes nés entre le milieu et la fin des années 1980, parfois qualifiés de « vieux millennials », figurent parmi les plus durement frappés. En analysant les données nationales de mortalité de 1999 à 2023, les chercheurs ont constaté que les décès par cancers du côlon et du rectum étaient les plus élevés dans la tranche des 35-44 ans. Surtout, la mortalité liée au cancer du rectum progresse deux à trois fois plus vite que celle du côlon dans tous les groupes étudiés.
Pour les spécialistes, cette progression chez les jeunes constitue le symptôme avant-coureur d’un basculement plus vaste. Selon une épidémiologiste de l’American Cancer Society, l’incidence et la mortalité n’augmentent pas chez les jeunes « en tant que tels », mais dans les générations nées après les années 1950, le risque s’accroissant à chaque génération successive. Elle parle d’un « canari dans la mine », annonciateur du fardeau sanitaire à venir. Les projections de l’étude, établies jusqu’en 2035 à l’aide d’un modèle prédictif, anticipent une nouvelle hausse des décès, de l’ordre d’un quart pour le cancer du rectum.
Pourquoi le cancer du rectum progresse plus vite
Cette accélération s’explique en partie par la facilité avec laquelle ses symptômes passent inaperçus. Les saignements rectaux, notamment, sont fréquemment attribués à de simples hémorroïdes chez les jeunes adultes, ce qui retarde toute investigation. Des différences biologiques entre le rectum et le reste du côlon — microbiote distinct, exposition prolongée aux selles et aux composés inflammatoires — pourraient également jouer un rôle. À cela s’ajoute un problème de comptabilisation : une part importante des décès par cancer du rectum serait mal classée sur les certificats de décès, le plus souvent enregistrée comme cancer du côlon, ce qui laisse penser que la réalité est sous-estimée.
Les causes profondes demeurent mal cernées et probablement multifactorielles. Surpoids et sédentarité contribuent sans doute au phénomène, mais ne l’expliquent pas entièrement, d’autant que les facteurs de risque connus reposent sur des générations plus âgées aux modes de vie différents. Les chercheurs explorent désormais de nouvelles pistes, dont le rôle de certaines souches d’E. coli productrices de toxines endommageant l’ADN, soupçonnées de favoriser les cancers précoces. Une hypothèse qui suggère que des expositions survenues tôt dans la vie, parfois dès l’enfance, pourraient préparer le terrain des années plus tard.
Le message clé : ne pas ignorer les symptômes
Malgré ces chiffres préoccupants, les experts insistent : beaucoup de ces décès seraient évitables. Détecté tôt, le cancer colorectal est souvent guérissable, et les jeunes patients répondent généralement bien aux traitements modernes. Le véritable problème tient au retard de diagnostic : trois cancers colorectaux sur quatre chez les moins de 50 ans sont décelés à un stade avancé, lorsque la maladie est plus difficile à traiter. Or le stade au moment du diagnostic est l’un des principaux facteurs de survie.
Trop de jeunes patients attendent plusieurs mois avant de consulter, convaincus d’être « trop jeunes pour un cancer ». En France, le dépistage est aujourd’hui recommandé dès 50 ans pour les adultes sans risque particulier. Pour les plus jeunes, le mot d’ordre n’est pas tant d’avancer le dépistage généralisé que de ne jamais négliger des signaux d’alerte : un changement du transit ou des saignements rectaux doivent conduire à une coloscopie, surtout en cas d’antécédents familiaux. Un réflexe simple qui, comme le rappelle le parcours de Bryce Ramsey, peut faire toute la différence.
Cet article a une vocation purement informative et ne se substitue pas à un avis médical. En cas de symptômes ou de doute, il convient de consulter un professionnel de santé.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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