La nuit de mercredi à jeudi restera comme l’une des plus spectaculaires de ce Mondial 2026. Trois rencontres du tour à élimination directe, trois qualifications arrachées dans la difficulté par des favoris longtemps malmenés. Tour d’horizon.
La Belgique ressuscite face au Sénégal
C’est le match fou de la soirée. À Seattle, la Belgique semblait condamnée : menée 2-0 à cinq minutes du terme, dominée, méconnaissable. Le Sénégal de Pape Thiaw, remodelé avec les titularisations de Pathé Ciss et Iliman Ndiaye, avait pris les commandes grâce à Habib Diarra (25e), avant qu’Ismaïla Sarr ne signe un chef-d’œuvre en seconde période : amorti de la poitrine et frappe imparable qui laissait Thibaut Courtois sans réaction. Sadio Mané, longtemps intenable, régnait sur la rencontre.
Puis tout a basculé. L’entrée de Romelu Lukaku a bouleversé l’équilibre défensif sénégalais : la légende belge réduisait l’écart (86e), avant qu’une bévue du gardien Mory Diaw n’offre l’égalisation à Youri Tielemans (89e). En prolongation, après recours à la vidéo, un penalty était accordé pour une faute de Lamine Camara sur Tielemans, lequel le transformait en pleine lucarne dans les ultimes secondes (120e+5, 3-2 a.p.). Une remontée invraisemblable qui envoie les Diables rouges affronter les États-Unis, et laisse les Lions de la Teranga inconsolables après une gestion catastrophique de leur avantage.
Harry Kane sauve l’Angleterre… et son sélectionneur
Même frayeur du côté d’Atlanta, où l’Angleterre a frôlé le fiasco face à une accrocheuse RD Congo. Cueillis à froid dès la 7e minute par Brian Cipenga, qui a exploité les fragilités anglaises au poste d’arrière droit, les Trois Lions ont longtemps buté sur un mur : le gardien congolais Lionel Mpasi, remplaçant au Havre cette saison, multipliant les parades décisives face à Jude Bellingham et Harry Kane. Les Léopards, loin de subir, ont même touché le poteau par Yoane Wissa.
C’est finalement le capitaine anglais qui a délivré les siens. Entré en jeu, Anthony Gordon a offert deux passes décisives à Kane, buteur de la tête (75e) puis d’une frappe surpuissante dans la lucarne (86e, 2-1). Le buteur du Bayern porte son total à cinq réalisations dans ce Mondial et évite à Thomas Tuchel, sous pression, une crise qui aurait pu lui coûter son poste. Prochain rendez-vous périlleux pour l’Angleterre : le Mexique, dans un stade Aztèque bouillant.
Les États-Unis maîtrisent malgré l’expulsion de Balogun
Plus tranquille en apparence, la qualification américaine a tout de même connu son coup de théâtre. À Santa Clara, devant 70 000 spectateurs acquis à leur cause, les États-Unis ont dominé la Bosnie-Herzégovine (2-0) pour décrocher leur première victoire en phase finale de Mondial depuis 2002. Après avoir longtemps buté sur le bloc bosnien, la sélection hôte a été libérée juste avant la pause par le Monégasque Folarin Balogun (45e), au terme d’une action typique de son équipe : récupération haute et projection verticale éclair.
Mais le héros s’est mué en fautif : coupable d’une semelle dangereuse sur Tarik Muharemovic, Balogun a été expulsé après intervention du VAR (64e). Réduits à dix, les Américains n’ont pourtant jamais tremblé, se mettant définitivement à l’abri sur un coup franc direct de Malik Tillman (82e). Avec trois buts dans le tournoi, Balogun égale la légende Landon Donovan (2010), mais sa suspension pèsera lourd : c’est bien la Belgique, rescapée de son duel contre le Sénégal, qui attend les États-Unis en huitièmes.
Photo d’illustration : DR
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