Le Canada s’offre un huitième au buzzer, le public et le monde du foot s’ennuie ferme dans cette Coupe du monde 2026.

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Stephen Eustáquio a délivré tout un pays dimanche soir à Los Angeles. Dans le tout premier match à élimination directe de ce Mondial 2026, le capitaine canadien a fusillé Rowen Williams d’une frappe limpide après un contrôle poitrine, à la 92e minute, pour offrir au pays hôte le premier huitième de finale de son histoire face à l’Afrique du Sud (1-0). Émotion réelle, communion totale sur la pelouse, larmes dans les tribunes : pour le Canada, le scénario est parfait. Pour le spectacle, on repassera.

Parce qu’il faut bien le dire : pendant 90 minutes, ce Afrique du Sud–Canada fut d’une platitude assez représentative de ce que ce tournoi nous sert depuis le coup d’envoi. Les Bafana Bafana avaient pourtant prévenu d’entrée, avec une mine de Mokoena claquée par Crépeau dès la 6e. Mais passé ce frisson, on a surtout vu un match cadenassé, haché, où le Canada a multiplié les corners d’Eustáquio sans jamais cadrer ce qu’il fallait — David qui ne trouve pas le cadre, Bombito repoussé sur la ligne, Buchanan sorti par le portier, un penalty refusé par la VAR juste avant la pause. Une partie d’échecs sans dame, jusqu’à ce que le capitaine vienne tout débloquer dans le money time. Heureusement pour les insomniaques européens qui avaient tenu jusque-là.

70% de purges, et ça continue

Soyons honnêtes : depuis l’ouverture, ce Mondial à 48 enchaîne les bouillies. À la louche, sept matches sur dix relèvent de la purge pure et simple — des rencontres fermées ou sans rythme, entre une grosse nation qui gère son énergie et un petit poucet de niveau Ligue 3 venu pour ne pas perdre 4-0. C’était précisément l’angoisse au moment de gonfler le tournoi : multiplier les équipes, c’est multiplier les écarts de niveau, donc les matches déséquilibrés ou, pire, les matches verrouillés où personne ne prend de risque. Le résultat est là, sous nos yeux fatigués.

Et le pire, c’est la phase à élimination directe, censée être le sommet du frisson. Regardez les affiches de ces seizièmes : Suisse–Algérie, Australie–Égypte, Côte d’Ivoire–Norvège, Afrique du Sud–Canada. Aucune de ces rencontres ne tiendrait dix minutes face à un huitième d’Euro ou de Copa América. Sur le Vieux Continent comme en Amérique du Sud, dès les phases couperet, on a des chocs, des rivalités, du niveau partout. Là, on a un ventre mou planétaire qui dilue tout. En élargissant la Coupe du monde, la FIFA n’a pas grandi l’épreuve : elle l’a étirée jusqu’à la transparence.

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Comble de l’ironie, ce festival de matches tièdes se paie au prix fort. La tarification dynamique de la FIFA a fait s’envoler les prix des billets à des sommets indécents, transformant l’accès au stade en luxe réservé à une clientèle d’affaires. Payer une fortune pour assister à un 0-0 verrouillé débloqué à la dernière seconde, il fallait oser.

À cela s’ajoute la malédiction du décalage horaire, fatale à l’engouement européen. Quand les affiches intéressantes se jouent à 1 heure, 3 heures ou 5 heures du matin heure de Paris — Portugal–Croatie à 1h, Suisse–Algérie à 5h —, difficile de fédérer les foules de ce côté-ci de l’Atlantique. Le Mondial américain se déroule, pour une bonne partie de ses téléspectateurs historiques, pendant leur sommeil. Et un Mondial qu’on regarde en replay le lendemain matin, l’œil mi-clos, perd une grande part de sa magie.

Vivement le retour à 32

Restons justes : il y aura des moments. Le Canada vibrant pour son premier huitième, c’est beau, et les vraies affiches arrivent dès ce soir avec Brésil–Japon, puis Allemagne–Paraguay, France–Suède, Belgique–Sénégal qui vont sans doute relever le niveau. Mais ces pépites surnagent dans un océan de remplissage, et c’est précisément le problème. Une Coupe du monde n’est pas censée avoir du déchet à ce point. Le format à 32 équipes, avec ses groupes équilibrés et ses huitièmes déjà tranchants, offrait une densité que ce mastodonte à 48 a définitivement perdue.

On nous avait vendu plus de football pour plus de monde. On récolte plus de matches pour moins d’émotion. Vivement 2030, et espérons, sans trop y croire vu la mafia qui dirige le football, un retour à 32 et à un football populaire.

YV

Lundi 29 juin

19h00 : Brésil – Japon, à Houston (sur beIN Sports 1 et M6)
22h30 : Allemagne – Paraguay, à Boston (sur beIN Sports 1 et M6)

Mardi 30 juin

3h00 : Pays-Bas – Maroc, à Monterrey (sur beIN Sports 1)
19h00 : Côte d’Ivoire – Norvège, à Dallas (sur beIN Sports 1 et M6)
23h00 : France – Suède, à New York (sur beIN Sports 1 et M6)

Mercredi 1er juillet

3h00 : Mexique – Equateur, à Mexico (sur beIN Sports 1)
18h00 : Angleterre – RD Congo, à Atlanta (sur beIN Sports 1 et M6)
22h00 : Belgique – Sénégal, à Seattle (sur beIN Sports 1 et M6)

Jeudi 2 juillet

2h00 : États-Unis – Bosnie-Herzégovine, Santa Clara (sur beIN Sports 1)
21h00 : Espagne – Autriche, à Los Angeles (sur beIN Sports 1 et M6)

Vendredi 3 juillet

1h00 : Portugal – Croatie, à Toronto (sur beIN Sports 1)
5h00 : Suisse – Algérie, à Vancouver (sur beIN Sports 1)
20h00 : Australie – Egypte, à Dallas (sur beIN Sports 1 et M6)

Samedi 4 juillet

0h00 : Argentine – Cap-Vert, à Miami (sur beIN Sports 1)
3h30 : Colombie – Ghana, à Kansas City (sur beIN Sports 1)

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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