Quatre rencontres au programme de jeudi soir dans les groupes A et B du Mondial nord-américain, pour un bilan globalement décevant. Entre matchs verrouillés, occasions manquées et fautes décisives, seule la démonstration canadienne aura vraiment offert du spectacle. Tour d’horizon.
Tchéquie – Afrique du Sud : un nul qui n’arrange personne
À Atlanta, la Tchéquie tenait sa victoire avant de la laisser filer. Devant au score grâce à un but de Michal Sadilek dès la 6e minute, conclusion d’une action partie d’une remise en jeu mal défendue par les Sud-Africains, la sélection de Miroslav Koubek s’est ensuite repliée pour préserver son avantage face à une possession aussi prolongée que stérile des Bafana Bafana.
Le scénario a basculé à sept minutes du terme. Une frappe sans grand danger de Thapelo Maseko a heurté le bras du Lyonnais Pavel Sulc dans la surface. Penalty transformé par Teboho Mokoena (83e), et tout était à refaire. Réveillés trop tard, les Tchèques ont même frôlé la correctionnelle dans le temps additionnel, sauvés par un retour défensif de David Zima. Score final : 1-1. Les deux équipes décrochent leur premier point mais restent à distance de la tête du groupe.
Suisse – Bosnie-Herzégovine : la Nati se libère en seconde période
Longtemps tenue en échec à Los Angeles, la Suisse a fini par renverser une Bosnie-Herzégovine accrocheuse pour s’imposer largement (4-1). Cinq jours après son nul inaugural décevant contre le Qatar, la sélection de Murat Yakin signe sa première victoire et prend provisoirement la tête du groupe B.
La première période, pauvre en occasions franches, a surtout vu les supporters bosniens donner de la voix. Tout s’est joué après la pause, où les changements opérés par Yakin se sont révélés payants. Entré en jeu, Johan Manzambi a débloqué la situation d’une volée (74e) avant de signer un doublé en fin de match. L’expulsion d’un défenseur bosnien a ouvert les espaces, et Ruben Vargas a alourdi le score. La Bosnie a sauvé l’honneur, la Suisse a encore corsé l’addition sur penalty dans les arrêts de jeu.
Canada – Qatar : le festival, enfin
C’est la rencontre qui aura sauvé la soirée. Quarante ans après sa première participation au Mondial, en 1986, le Canada a enfin remporté le premier match de son histoire en Coupe du monde, et de quelle manière : un large 6-0 face au Qatar, à domicile, dans un BC Place de Vancouver en fusion.
Cyle Larin a lancé la machine (16e), avant que Jonathan David, critiqué après une entrée de tournoi en demi-teinte, ne réponde aux doutes par un triplé. Les remplaçants s’y sont mis aussi, avec un coup franc direct de Nathan Saliba et un but contre son camp provoqué par Jacob Shaffelburg.
La soirée a toutefois été assombrie par la blessure d’Ismaël Koné, victime d’un geste dangereux d’un Qatari lui-même expulsé. Sorti sur civière sous une ovation, le milieu de terrain a probablement disputé ses derniers instants de ce Mondial. Réduits à neuf et indisciplinés tout au long de la rencontre, les Qataris ont sombré. En hommage à leur coéquipier, les Canadiens ont brandi son maillot lors d’une célébration.
Mexique – Corée du Sud : une qualification au rabais
Dans la nuit, à Zapopan, le Mexique est devenu la première nation qualifiée pour les seizièmes de finale en battant la Corée du Sud (1-0). Un succès au goût amer, tant la prestation du pays hôte a de nouveau déçu.
Techniquement supérieurs, les Sud-Coréens ont multiplié les erreurs de timing dans leurs transitions, se piégeant eux-mêmes dans le hors-jeu. Et c’est finalement une bourde de leur gardien, Seung-Gyu Kim, qui a tout fait basculer : sur un ballon aérien anodin relâché, Luis Romo a surgi pour pousser le cuir au fond (50e). Ce maigre but a suffi. Premier de son groupe, le Mexique disputera ses prochaines échéances à domicile, jusqu’à un éventuel huitième de finale au stade Azteca.
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