La scène a de quoi surprendre de la part d’un groupe habitué aux salles combles depuis des décennies. Lors de ce qui devait être leur dernier concert en Écosse, les Wolfe Tones, vétérans de la chanson républicaine irlandaise, ont connu une soirée mouvementée à l’OVO Hydro de Glasgow. Devant des milliers de spectateurs, leur chanteur Brian Warfield a dû interrompre le cours du concert pour rappeler à l’ordre une partie du public.
Une pluie de gobelets devant la scène
Selon les images qui circulent de l’événement, des centaines de gobelets de bière en plastique ont été projetés en l’air juste devant la scène pendant la performance. Un comportement qui a manifestement agacé le chanteur, âgé de 80 ans. Visiblement contrarié, il a qualifié certains membres de l’assistance de spectateurs « à la Kneecap » — du nom du trio de rap irlandais — et les a sommés d’arrêter leurs débordements.
Warfield a demandé aux agents de sécurité de la salle d’intervenir pour évacuer les fauteurs de trouble. Les stewards ont effectivement fait sortir au moins une personne, selon les informations disponibles. Le reste du concert s’est ensuite déroulé sans encombre, le groupe concluant sa prestation avec son titre « Celtic Symphony ». La formation devait enchaîner cette semaine avec plusieurs dates au 3Arena de Dublin.
Un tacle qui n’entame pas son estime pour Kneecap
Le paradoxe ne manque pas de sel : malgré ce coup de gueule visant des comportements « à la Kneecap », Brian Warfield s’est par le passé montré ouvertement favorable au trio de rap nord-irlandais. Le chanteur a salué leur démarche, et notamment leur usage de la langue irlandaise, estimant que le groupe avait « un bel avenir devant lui » et qu’il avait su toucher la jeunesse des deux côtés de la frontière.
Warfield s’était également réjoui de leur victoire judiciaire face au gouvernement britannique. Au printemps, Londres avait perdu son appel contre l’abandon des poursuites pour terrorisme visant Mo Chara, de son vrai nom Liam Óg Ó hAnnaidh. Le rappeur avait été accusé d’avoir manifesté son soutien au Hezbollah — organisation interdite au Royaume-Uni — lors d’un concert londonien en 2024, avant que l’affaire ne soit classée. Pour le vétéran des Wolfe Tones, ce dénouement relevait avant tout de la liberté d’expression, cause qu’il dit défendre. Il s’est même déclaré prêt à envisager une collaboration en plein air avec le groupe, un projet qui dépendrait toutefois des promoteurs.
Loin de songer à la retraite, Brian Warfield poursuit par ailleurs une ambition personnelle de grande ampleur. Le mois dernier, il a révélé avoir vendu sa maison pour financer une comédie musicale sur l’histoire de l’Irlande, « Celtic Exodus », qu’il espère porter jusqu’à Broadway après une série de représentations à Dublin. « Cette histoire doit être racontée au monde entier », a-t-il expliqué, assumant de tout miser sur ce projet qu’il juge inédit, faute d’équivalent au récit de l’Irlande à la manière d’un grand spectacle populaire.
Photo d’illustration : DR
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