Le géant mondial de la logistique DP World a signé un accord avec le Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) et le cabinet TerraWater Institute pour lancer une étude de faisabilité sur l’usage de petits réacteurs modulaires (SMR) au port de Constanța, en Roumanie. Objectif : répondre aux besoins énergétiques croissants des infrastructures portuaires tout en accélérant leur décarbonation.
Une étude tournée vers l’horizon 2050
Annoncé le 16 juin 2026, l’accord vise à évaluer comment la technologie des petits réacteurs modulaires pourrait soutenir la croissance et les besoins énergétiques à long terme du premier port roumain. Concrètement, l’étude modélisera la demande énergétique projetée de Constanța entre 2030 et 2050, examinera des systèmes intégrés à faibles émissions de carbone et analysera la faisabilité technique, stratégique et économique de solutions nucléaires. Les normes de sûreté et les enjeux pour les populations environnantes seront également étudiés, en s’appuyant sur l’expertise du CEA en matière de conception des SMR et de sûreté nucléaire.
L’expertise française est ici centrale : le CEA apporte ses outils de modélisation et son savoir-faire technologique, tandis que TerraWater Institute, cabinet spécialisé en stratégie dirigé par Myrto Tripathi, encadre l’analyse des systèmes énergétiques.
Des ports face à une demande électrique en forte hausse
Le raisonnement de DP World repose sur un constat simple : à mesure que les ports s’électrifient et se développent, l’accès à une énergie fiable et bas carbone devient un facteur décisif de compétitivité. L’entreprise pointe une pression croissante sur les systèmes énergétiques existants, alimentée par la multiplication des équipements électrifiés, l’alimentation des navires à quai, les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, le chauffage résidentiel et les activités industrielles. Face à cette demande appelée à exploser, le nucléaire — et notamment les SMR — offre selon DP World le potentiel d’une électricité continue et décarbonée, aussi bien pour les opérations portuaires que pour les usages industriels plus larges.
La Roumanie n’a pas été choisie au hasard. Le pays figure de longue date parmi les acteurs majeurs du nucléaire en Europe, fort de plusieurs décennies d’expérience opérationnelle et d’un engagement affirmé en faveur de la sécurité énergétique et de la décarbonation, en cohérence avec les priorités de l’Union européenne.
Le nucléaire, atout stratégique assumé
Les responsables du projet ne cachent pas leur ambition. Pour Nicholas Mazzei, vice-président développement durable Europe de DP World, les SMR ne représentent pas de simples projets énergétiques mais un véritable facteur de différenciation stratégique en matière d’infrastructures, à l’heure où le nucléaire est de plus en plus reconnu en Europe comme une solution résiliente et compétitive. Du côté du CEA, Stéphane Sarrade, directeur des programmes énergies, souligne l’enjeu d’intégrer ces réacteurs dans un environnement portuaire réel grâce à des outils de modélisation avancés.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de DP World sur le nucléaire, après un protocole d’accord signé l’an dernier pour évaluer le rôle potentiel de cette énergie dans ses ports britanniques. L’entreprise, présente sur six continents avec plus de 125 000 collaborateurs et un réseau européen de plus de 250 sites dans une trentaine de pays, précise toutefois que tout développement ultérieur resterait soumis à des évaluations techniques complémentaires, à des examens réglementaires et à des consultations des parties prenantes. À ce stade, il s’agit donc d’une étude exploratoire — mais qui illustre le retour en grâce de l’atome comme pilier de la réindustrialisation et de la souveraineté énergétique du continent.
Crédit photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.