Il faut parfois relire deux fois un article pour s’assurer que l’on n’en a pas forcé le trait. Celui que Juliette Demas consacre, dansLe Télégramme, à la crise migratoire britannique produit précisément cet effet. La journaliste prétend décrire un pays au bord de l’embrasement. À mesure que l’on avance dans la lecture, on comprend toutefois que le véritable sujet n’est ni l’immigration, ni les traversées clandestines de la Manche, ni même les tensions qui travaillent la société britannique. Le sujet, c’est l’extrême droite, coupable désignée avant que le procès ait commencé.
L’article ne paraît d’ailleurs répondre à aucune actualité bien précise. Il rassemble des manifestations, des déclarations ministérielles, des agressions contre des centres d’accueil, des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et quelques figures militantes. La photographie centrale montre un rassemblement organisé à Londres le 16 mai 2026, près de deux mois auparavant. Cette absence de fait déclencheur donne au papier une allure singulière : moins celle d’un reportage que d’une leçon de morale woke administrée aux lecteurs du quotidien breton.
L’absence d’une actualité immédiate n’est pourtant pas condamnable en elle-même. Un journal peut fort bien consacrer une page entière à un phénomène de fond, surtout durant un jour creux de l’été. La crise migratoire britannique mérite assurément d’être étudiée, tant elle éclaire les tensions qui parcourent désormais l’ensemble de l’Europe occidentale. Ce qui est en cause n’est donc pas le choix du sujet, mais son traitement unilatéral, militant et presque entièrement dépourvu de contradictoire.
Dès l’abord, la messe est dite. L’arrivée de demandeurs d’asile dans de petites embarcations, les attaques contre leurs lieux d’hébergement et la progression d’une droite radicale formeraient ensemble un « sujet explosif ». La construction est habile. Elle place dans un même paquet un phénomène matériel, l’immigration clandestine par la Manche, des actes délictueux ou criminels et une réaction politique. Le lecteur est ainsi conduit à croire que toute inquiétude devant l’immigration mène, par une pente fatale, à l’incendie d’un foyer ou à l’agression d’un étranger.
Le procédé est désormais bien rodé. On ne discute pas les causes du mécontentement ; on en pathologise les manifestations. On ne demande pas pourquoi une part croissante des Britanniques considère que son gouvernement a perdu la maîtrise des frontières ; on explique que ces citoyens sont travaillés par la peur, la rumeur, les réseaux sociaux et quelques meneurs extrémistes. Le peuple n’observe rien, ne subit rien et ne raisonne guère. Il est « influencé ».
Quelques chiffres apparaissent pourtant. Plus de 41 000 personnes auraient traversé la Manche sur de petites embarcations en 2025, ce qui ne représenterait pas même 5 % de l’immigration totale. Cette proportion est avancée comme si elle devait clore la discussion. Elle produit plutôt l’effet inverse. Si 41 000 entrées clandestines ne représentent qu’une part minuscule du phénomène, quelle est donc l’ampleur de l’immigration britannique dans son ensemble ?
Le scandale politique dessmall boatsne tient pas seulement au nombre. Il réside dans le caractère visible, organisé et apparemment irrésistible de ces arrivées. Une frontière que l’on franchit quotidiennement sous l’œil des caméras cesse peu à peu d’être une frontière. Le chiffre ne mesure pas, à lui seul, la portée symbolique d’un État incapable de faire respecter la règle qu’il édicte.
La journaliste évoque le durcissement de la politique britannique, la limitation de l’accès au statut de résident permanent et la volonté de faire contribuer certains demandeurs d’asile aux frais de leur hébergement. Ces mesures ne sont guère examinées. Elles servent de décor à une démonstration déjà écrite : sous la pression de l’extrême droite, le gouvernement travailliste céderait à une fièvre punitive.
Aucune place véritable n’est accordée aux raisons pour lesquelles un gouvernement de gauche en vient lui-même à reconnaître la gravité de la situation. Que sait-on de la saturation des capacités d’hébergement, du coût des hôtels réquisitionnés, des difficultés rencontrées par certaines communes, du sentiment d’injustice éprouvé par les Britanniques modestes qui attendent un logement social ou un rendez-vous médical ? Presque rien. L’immigration est traitée comme une abstraction humanitaire, jamais comme un fait démographique, économique, territorial et culturel.
Cette façon de contourner le cœur du sujet rappelle un précédent récent dans les mêmes colonnes. À propos des incidents survenus à Beg-Meil et dans les cars desservant la station,Le Télégrammeavait décrit des « tensions exacerbées », des provocations, des agressions verbales, des intimidations contre les sauveteurs en mer et même le vol de la caisse d’un chauffeur. Le journal avait longuement raconté les conséquences, sans jamais s’aventurer très loin dans l’analyse de leurs causes, ni même chercher à identifier précisément les groupes à l’origine des désordres.
Le parallèle est frappant. À Beg-Meil, on accumulait les faits tout en refusant de les penser. Au Royaume-Uni, on les interprète avant même de les avoir exposés, selon une grille où les migrants sont des victimes, les opposants à l’immigration des suspects et les militants antiracistes des experts. Dans les deux cas, le journal tourne autour du réel comme un chat autour d’une écuelle trop chaude, sans jamais oser y porter franchement le museau.
Le choix des interlocuteurs achève de dévoiler la charpente idéologique du papier. La première personne interrogée travaille pour le Lewisham Refugee and Migrant Network, association qui conseille, assiste et défend les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants. Il est parfaitement légitime de recueillir sa parole. Il est beaucoup plus étrange de ne recueillir pratiquement que celle-là.
Cette organisation n’est pas un observateur extérieur au phénomène. Son existence, ses activités, ses emplois et ses financements sont directement liés à l’accueil et à l’accompagnement des migrants. Elle a donc, au sens le plus neutre du terme, un intérêt institutionnel à ce que les politiques migratoires soient conformes à ses orientations et à ce que les dispositifs dont elle dépend perdurent. Cela ne rend pas son témoignage sans valeur. Cela impose simplement de le replacer dans son contexte.
Pourquoi ne pas interroger également une association de riverains, un élu local confronté à l’installation d’un centre d’accueil, un policier, un agent municipal, un travailleur social critique ou un spécialiste favorable à une réduction de l’immigration ? Pourquoi ne pas faire entendre un Britannique attendant depuis des années un logement social, alors que des chambres d’hôtel sont mobilisées pour loger des arrivants clandestins ? La question n’est même pas posée.
L’association explique que les migrants vivent dans la crainte, que certains n’osent plus sortir de chez eux et que les financements se réduisent. Ce témoignage a sa place dans un journal. Il ne saurait, à lui seul, tenir lieu d’enquête. Un reportage n’est pas la reproduction polie du communiqué d’une organisation militante, fût-elle revêtue des atours de la bienfaisance.
Le second interlocuteur choisi par Juliette Demas soulève une question plus embarrassante encore. Waqqas Tufail est présenté comme docteur en criminologie à l’université Beckett de Leeds. Le titre universitaire confère à sa parole l’autorité tranquille de la science. Ses propos ne sont pourtant pas ceux d’un observateur placé au-dessus de la mêlée. Ils relèvent d’une lecture très déterminée du phénomène, fondée sur la « diabolisation » des migrants, le racisme structurel et la stigmatisation des minorités.
Cet universitaire n’est-il pas, lui aussi, juge et partie ? La question aurait au moins mérité d’être posée. Un chercheur peut être engagé, et l’engagement n’invalide pas nécessairement ses travaux. Encore faut-il dire au lecteur depuis quelle position il parle, quelles sont ses prémisses et quelles controverses entourent ses analyses. Le simple usage du titre de docteur ne transforme pas une opinion militante en vérité révélée.
Le choix aurait paru moins contestable si un second universitaire, travaillant sur les effets sociaux de l’immigration, les politiques d’intégration, les violences communautaires ou la confiance dans la police, avait été interrogé en regard. Aucun contradicteur de ce genre n’apparaît. Les opposants à l’immigration sont décrits de l’extérieur ; ses défenseurs disposent seuls du droit d’expliquer.
L’asymétrie est parfaite. Aux premiers, la peur, les préjugés, les rumeurs et les emballements. Aux seconds, la compétence, l’expertise et la raison. Ce n’est plus une enquête, c’est une distribution des rôles dans une moralité médiévale, avec les bons, les méchants, le sermon et le châtiment.
Le traitement réservé au réseau X est tout aussi révélateur. La journaliste le définit comme une plateforme « sur laquelle circulent de fausses informations ». La formule est aberrante par sa généralité. Des informations fausses circulent sur X, assurément, comme elles circulent sur Facebook, TikTok, les plateaux de télévision, dans les journaux et jusque dans les dépêches d’agence. Réduire X à cette seule caractéristique reviendrait à définirLe Télégrammecomme un journal dans lequel paraissent des articles incomplets ou des analyses partiales.
X est aussi la plateforme où des témoins publient des vidéos brutes, où des journalistes britanniques débattent, où des élus rendent compte de leur activité, où des policiers retraités s’expriment et où des informations locales apparaissent avant que la presse nationale ne s’en empare. On peut déplorer son tumulte, ses emballements et ses mensonges. En faire simplement le cloaque de la fausse information révèle surtout l’étendue des préjugés d’une journaliste contrariée par l’existence d’un espace qu’elle ne peut plus filtrer.
Cette désinvolture est d’autant plus fâcheuse que les réseaux sociaux ont souvent permis de porter sur la place publique des faits que la grande presse avait d’abord ignorés, minimisés ou présentés sous un jour incomplet. Ils ne constituent pas un monde de vérité opposé à un monde médiatique de mensonge. Ils forment plutôt un espace confus où le meilleur côtoie le pire, et où la vigilance demeure nécessaire. La caricature dispense ici, une fois de plus, de l’analyse.
Le même travers apparaît lorsque l’article range parmi les « informations fausses » l’idée d’une police ou d’une justice à deux vitesses, qui se montrerait plus clémente envers certaines minorités et plus sévère envers leurs adversaires. La journaliste tranche la question d’un trait de plume. L’accusation serait fausse, donc indigne d’être discutée.
On voit qu’elle lit peu la presse britannique. Cette question y est débattue constamment, dans les journaux, au Parlement, parmi les responsables politiques et jusque dans les milieux policiers. Elle revient également chaque jour sur les réseaux sociaux, avec des exemples plus ou moins convaincants, des comparaisons de peines, des images d’interpellations et des décisions judiciaires commentées à l’infini.
L’existence d’une police ou d’une justice à deux vitesses n’est peut-être pas établie. Il se peut que certaines comparaisons soient trompeuses, que des circonstances juridiques différentes soient artificiellement rapprochées ou que quelques affaires spectaculaires donnent une image faussée de l’ensemble. Le fait politique demeure : une part importante des Britanniques a le sentiment que les règles ne sont pas appliquées de la même manière à tous.
Le rôle du journaliste consiste à examiner cette perception, à la confronter aux faits et à rechercher pourquoi elle s’est installée. La traiter comme une simple fausse nouvelle revient à confondre le journalisme avec la police des opinions. Il existe une différence considérable entre écrire qu’aucune preuve systémique ne démontre l’existence d’un traitement discriminatoire et prétendre que la question elle-même est une invention ridicule de l’extrême droite. La première proposition relève de l’analyse. La seconde appartient au catéchisme.
Le passage consacré auxgrooming gangsobéit au même mécanisme. L’article rappelle que des réseaux criminels ont commis des viols de masse sur des femmes et des enfants entre les années 1980 et 2010, puis s’empresse de dénoncer les généralisations visant les Pakistanais. La précaution est légitime : aucun crime collectif ne saurait être imputé indistinctement à tous les membres d’une communauté. Elle devient suspecte lorsque la peur de généraliser sert à éluder toute interrogation sur la dimension communautaire de certains réseaux, leur longévité, l’aveuglement des autorités et les raisons pour lesquelles tant de victimes furent abandonnées.
Le scandale britannique ne tient pas seulement aux crimes commis. Il réside aussi dans le silence institutionnel qui les a entourés. Des responsables ont redouté d’être accusés de racisme. Des administrations ont préféré détourner les yeux. Des jeunes filles issues des milieux populaires ont payé le prix de cette pusillanimité. Voilà un sujet journalistique de première importance. DansLe Télégramme, il devient surtout une occasion de rappeler le danger de la « stigmatisation ».
La compassion est ainsi distribuée avec une étrange parcimonie. Elle va spontanément aux migrants, aux demandeurs d’asile, aux communautés mises en cause et aux minorités menacées par des discours hostiles. Elle se fait plus chiche lorsqu’il s’agit des victimes britanniques, des habitants inquiets, des contribuables sollicités ou des familles découvrant que leur quartier change sans qu’elles aient jamais été consultées.
Ce journalisme se croit généreux. Il est surtout socialement distant. Il parle depuis un monde où l’immigration demeure un thème de colloque, un dossier ministériel et un motif de vigilance morale. Pour nombre d’Européens, elle est devenue une réalité quotidienne : dans l’école de leurs enfants, les services d’urgence, le logement, les transports, la sécurité, les relations entre hommes et femmes et les usages de la rue. On peut discuter chacun de ces effets, les mesurer et parfois les relativiser. Refuser de les examiner revient à abandonner le terrain à ceux que l’on prétend combattre.
La responsabilité de ce papier ne saurait toutefois être abandonnée à sa seule signataire. Un article de presse n’est pas une bouteille lancée à la mer par un rédacteur solitaire. Le sujet a nécessairement été proposé ou accepté en conférence de rédaction. Le texte a été remis à un chef de service, relu, corrigé, titré, illustré, mis en page, puis validé avant publication. À chacune de ces étapes, quelqu’un pouvait constater son déséquilibre manifeste. Personne, apparemment, n’a jugé utile d’y remédier.
C’est ici que l’affaire prend une gravité institutionnelle. Que la journaliste ait choisi de n’interroger qu’une association engagée dans la défense des migrants et un universitaire dont les propos épousent une grille antiraciste peut révéler ses propres préjugés ou ses insuffisances professionnelles. Que sa hiérarchie ait accepté ce choix sans exiger le moindre contrepoint révèle un dysfonctionnement beaucoup plus profond. Il ne s’agit plus seulement d’un mauvais papier. Il s’agit d’une chaîne éditoriale qui ne joue plus son rôle.
Lorsque j’exerçais ce métier, je n’aurais jamais laissé passer un tel article en l’état. Je l’aurais renvoyé à son auteur avec une consigne simple : reprendre le travail, chercher des contradicteurs, vérifier les affirmations péremptoires, distinguer les faits des commentaires et rétablir un équilibre minimal. Non pour édulcorer le sujet, encore moins pour ménager une sensibilité politique, mais parce que le journalisme commence précisément là où s’achève le tract militant.
Un rédacteur en chef n’est pas seulement celui qui remplit les pages et veille au respect des horaires de bouclage. Il est le garant d’une méthode, d’une déontologie et de la confiance accordée au titre qu’il dirige. Sa fonction consiste notamment à protéger le journal contre les emballements idéologiques de ses propres rédacteurs.
Lorsque personne ne demande à l’auteur pourquoi elle n’a interrogé aucun contradicteur, pourquoi elle présente X comme une officine de fausses nouvelles ou pourquoi elle tranche d’un mot la controverse britannique sur la police à deux vitesses, c’est que les mécanismes élémentaires de vigilance éditoriale se sont enrayés. Lorsque le chef de service, le secrétaire de rédaction, le rédacteur en chef et les autres responsables laissent tous passer les mêmes carences, le problème n’est plus individuel : il est devenu culturel.
L’erreur serait encore compréhensible dans un billet d’opinion clairement signalé comme tel. Elle l’est beaucoup moins dans un article présenté comme une analyse journalistique. Le lecteur croit recevoir un état des lieux ; on lui sert en réalité une plaidoirie. Le procédé est d’autant plus déloyal que le militantisme avance ici masqué sous les apparences de l’objectivité : titre descriptif, chiffres, photographie d’agence, témoignages associatifs et parole universitaire. Toute la panoplie du reportage est présente, sauf le contradictoire.
Cette publication met donc en lumière les faibles qualités journalistiques de son auteur, mais surtout la faillite momentanée, et peut-être plus durable, de l’institution qui l’a laissée passer. Un journal régional tel queLe Télégramme, héritier d’une longue histoire et dépositaire d’une relation particulière avec ses lecteurs, ne devrait jamais accepter de devenir le véhicule d’un catéchisme politique, quelle qu’en soit la couleur.
Sa vocation n’est pas d’éduquer moralement les Bretons depuis une salle de rédaction. Elle est de leur donner les éléments nécessaires pour comprendre le monde et former leur propre jugement. Le journal n’a pas à dire au lecteur ce qu’il doit penser avant de lui avoir montré ce qui s’est passé. Il doit exposer, vérifier, comparer, interroger et, lorsque le sujet est controversé, faire entendre les principales voix en présence.
Telle est la grande contradiction de cette presse. Elle déplore la défiance des lecteurs, puis emploie chaque jour les procédés qui la nourrissent. Elle s’étonne que le public se détourne des journaux traditionnels, tout en lui proposant des articles où il reconnaît moins le réel qu’une doctrine. Elle accuse les réseaux sociaux de déformer les faits, puis pratique elle-même la sélection des interlocuteurs, l’omission des arguments et le cadrage idéologique.
À force de suivre la pente d’Ouest-France,Le Télégrammerisque de connaître le même mal : celui d’un quotidien régional qui parle de son territoire sans plus vraiment parler à ceux qui l’habitent. Il publie les photographies de clochers, les résultats sportifs, les horaires de marée et les nouvelles des communes. Sur les sujets essentiels, il adopte cependant le ton uniforme de la grande presse progressiste, ce français administratif et moral où l’immigration n’est jamais excessive, seulement « instrumentalisée », où l’insécurité devient un « sentiment » et où le refus populaire est une « crispation ».
Vu de Bretagne, cette évolution possède quelque chose de navrant. Un journal régional devrait être l’observatoire des réalités locales, l’endroit où l’on nomme les choses avec les mots des gens. Il devient trop souvent la succursale provinciale d’une idéologie parisienne. Les lecteurs ne s’y trompent plus. Ils n’abandonnent pas la presse parce qu’ils seraient devenus hostiles à l’information. Ils l’abandonnent parce qu’ils ont le sentiment qu’on les sermonne, qu’on les soupçonne et qu’on leur dissimule une partie du tableau.
L’article de Juliette Demas ne convaincra donc que ceux qui partageaient déjà ses prémisses. Les autres y verront la confirmation d’un divorce ancien entre une partie de la presse et le pays réel. La défaillance d’un rédacteur peut être corrigée ; celle d’une rédaction entière est plus inquiétante. Elle signifie que le parti pris n’est plus perçu comme une faute parce qu’il est devenu la norme commune.
Le Télégrammecroit lutter contre la désinformation en surveillant les mots de l’extrême droite. Il ferait mieux, pour commencer, d’examiner ses propres méthodes, le choix de ses experts, la complaisance de ses relectures et l’éloquence de ses silences. Ce jour creux de l’été n’aura peut-être produit qu’une page vite oubliée. Il aura surtout révélé, comme une marée basse découvre les rochers, l’étendue du désordre au sein de la rédaction.
Balbino Katz
— chroniqueur des vents et des marées —
Photo d’illustration : Breizh-info.com (DR)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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