Taux d’emploi par nationalité : ce que révèle la nouvelle étude de l’OID

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Combien de temps encore pourra-t-on débattre de « l’immigration de travail » sans données précises par nationalité ? L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID), fondé par Nicolas Pouvreau-Monti, vient de combler ce vide statistique avec une note publiée le 9 juillet, fondée sur les micro-données du recensement Insee de 2022. Premier constat, déjà connu mais désormais quantifié avec précision : les personnes nées étrangères occupent en moyenne un emploi moins souvent que les Français de naissance, et l’écart est bien plus large que ne le laisse penser la méthode de calcul habituelle de l’Insee.

Un écart deux fois plus important que ce que montre l’Insee

L’Insee calcule traditionnellement le taux d’emploi sur l’ensemble des 15-64 ans, étudiants et retraités compris, ce qui a pour effet de lisser les différences réelles. En excluant ces deux catégories censées ne pas travailler, l’OID obtient un tableau bien plus contrasté : l’écart entre Français de naissance et personnes nées au Maghreb passe ainsi de 11 points selon la méthode classique à 21 points selon ce calcul affiné, soit quasiment le double.

Un classement inédit, des Portugais en tête

Pour la première fois, l’étude propose un classement détaillé par nationalité de naissance. Les Portugais arrivent en tête avec un taux d’emploi de 81,7 %, devançant même les Français de naissance (79,6 %). Le reste du haut du classement est occupé presque exclusivement par des nationalités d’Europe de l’Ouest — Suisses, Allemands, Britanniques, Canadiens — à l’exception notable des Libanais, dixièmes. À l’autre extrémité, les Comoriens (50,8 %), les Haïtiens (51,5 %) et les Pakistanais (51,8 %) affichent les taux les plus faibles, loin derrière les natifs d’Algérie, de Turquie ou du Maroc, également mal classés.

Cet écart se vérifie à tous les âges de la vie active. Entre 25 et 54 ans, période de plein emploi théorique, l’écart avec les Français de naissance atteint environ 20 points pour les natifs du Maghreb et grimpe jusqu’à 25 points pour les natifs de Turquie. Seules les nationalités d’Europe du Sud — Italie, Espagne, Portugal — suivent une trajectoire quasi identique à celle des Français de naissance.

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Le diplôme ne gomme pas les écarts

L’étude bat en brèche l’idée selon laquelle un niveau de qualification élevé suffirait à effacer ces différences. À diplôme équivalent, les écarts persistent, et parfois s’aggravent : les personnes nées en Afrique et titulaires d’un bac+5 affichent un taux d’emploi de 81 %, inférieur de 10 points à celui des Français de naissance ayant le même diplôme — et même inférieur à celui des Français de naissance n’ayant qu’un simple baccalauréat (82 %). Cette inadéquation se retrouve dans la nature des postes occupés : parmi les diplômés de bac+5, 65 % des Français de naissance sont cadres, contre seulement 48 % des personnes nées d’une nationalité subsaharienne. L’OID évoque plusieurs pistes explicatives, dont la reconnaissance imparfaite des diplômes étrangers et des résultats plus faibles aux tests internationaux de compétences de l’OCDE.

Un écart marqué entre hommes et femmes selon les nationalités

L’étude relève aussi une disparité entre les sexes particulièrement forte pour certaines origines. Si l’écart de taux d’emploi entre hommes et femmes reste limité chez les Français de naissance au pic de la vie active, il devient considérable pour d’autres nationalités : à quarante ans, plus de 40 points séparent le taux d’emploi des femmes nées françaises de celui des femmes nées turques, et 27 points pour les femmes originaires du Maghreb par rapport aux hommes de même origine. L’OID attribue ce phénomène à des facteurs culturels se traduisant par un fort taux de femmes au foyer dans certaines populations.

L’étude note enfin qu’une naturalisation ne comble pas entièrement l’écart pour les nationalités extra-européennes : marginal chez les personnes d’origine européenne naturalisées (2 à 5 points), l’écart avec les Français de naissance dépasse parfois 15 points chez les extra-Européens, même après acquisition de la nationalité française.

Le mirage des métiers en tension vu depuis Paris

Dernier volet de l’étude : la contribution réelle de l’immigration aux secteurs en pénurie de main-d’œuvre, souvent invoquée pour justifier le recours à l’immigration de travail. L’OID met en évidence un déséquilibre géographique majeur entre l’Île-de-France et le reste du pays. En région parisienne, 66 % des employés de restauration sont nés étrangers, contre seulement 21 % ailleurs en France ; même écart pour les ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment, à 59 % en Île-de-France contre 19 % dans le reste du pays. L’Observatoire y voit une explication au regard souvent déformé porté sur le sujet par des responsables politiques et des journalistes concentrés dans la capitale, alors que la majorité des salariés de ces métiers, à l’échelle nationale, demeurent des Français de naissance.

Photo d’illustration : Breizh-info.com (DR)

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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