Si l’argent n’a pas d’odeur, il a bel et bien une couleur politique : on ne compte plus les associations, les médias, les militants et même les dirigeants politiques à l’instar de Nigel Farage, plongés dans la tourmente suite à la clôture de leurs comptes bancaires au nom d’un « politiquement incorrect » implicite. Cette dérive, qui voit le pouvoir financier s’ériger en censeur idéologique, frappe aujourd’hui de plein fouet le paysage électoral français. Le Rassemblement National se retrouve, une fois de plus, face à ce mur financier à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Malgré son statut de premier parti de France en nombre de suffrages, aucune banque française n’accepte de lui prêter l’argent nécessaire au financement de sa campagne. Derrière ce que les institutions financières qualifient prudemment de « choix commerciaux », se cache en réalité une véritable tyrannie idéologique et un déni de démocratie flagrant qui menacent directement le pluralisme politique.
Le président du RN Jordan Bardella a déclaré, samedi 29 août, au micro de BFMTV :
« Au moment où je vous parle, aucune banque française n’a répondu favorablement, aucune.
Il serait profondément inquiétant pour le fonctionnement de la démocratie française que le mouvement politique qui est aujourd’hui donné en tête dans tous les sondages et gagnant dans toutes les intentions de vote de cette élection présidentielle dans une démocratie comme la France ne puisse pas trouver de financement, en France ou en Europe, donc nous continuons à chercher. J‘appelle aussi les tenants du système bancaire à la responsabilité. »
Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr. Depuis de nombreuses années, le RN accuse le système financier d’agir en censeur moral et idéologique. Selon cette vision, les élites bancaires utiliseraient leur pouvoir économique pour exclure du débat public les idées souverainistes et nationalistes, imposant ainsi un conformisme politique.
Le faux prétexte du risque
Pour justifier ces refus en cascade, le secteur bancaire a brandi l’argument de la prudence financière. La condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants européens est ainsi opportunément mise en avant par les banques pour prétexter un risque de non-remboursement si la candidate venait à être disqualifiée. Ce qui est un prétexte fallacieux puisque, que le RN arrive en tête de l’élection ou pas, il remboursera la banque de la même manière : le remboursement des banques par un parti à l’issue d’une élection présidentielle ne dépend pas de la victoire, mais uniquement du seuil des 5 % des suffrages exprimés au premier tour.
- Au sein de la Macronie, les accusations d’agressions sexuelles ou de viols ont visé des ministres de premier rang nommés sous les mandats d’Emmanuel Macron, sans jamais que le financement de leur parti n’en soit ébranlé. On peut citer Gérald Darmanin, maintenu et promu au ministère de l’Intérieur malgré des années de procédures pour une plainte pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. L’ancien ministre de l’Écologie Nicolas Hulot ainsi que l’ex-ministre des Solidarités Damien Abad ont également fait l’objet de graves accusations de viols et d’agressions sexuelles. Plusieurs autres figures ont été condamnées : Alain Griset (ex-ministre des PME), condamné à de la prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour déclaration incomplète de patrimoine, ou encore Jean-Paul Delevoye condamné à 4 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour omission de déclaration d’intérêts. À cela s’ajoutent les condamnations de proches de premier plan comme Alexandre Benalla (trois ans de prison dont un ferme pour les violences du 1er mai) ou l’ancien député LREM Mustapha Laabid (condamné pour abus de confiance). De plus, de hauts responsables comme Alexis Kohler (secrétaire général de l’Élysée) restent sous le coup de lourdes mises en examen pour prise illégale d’intérêts. Sans oublier le pittoresque M’jid El Guerrab, alors député LREM qui avait violemment agressé à coups de casque de moto le responsable socialiste Boris Faure en pleine rue à Paris…
- Au sein de La France Insoumise, même combat : Jean-Luc Mélenchon a lui-même été condamné à trois mois de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende pour rébellion et provocation lors de la perquisition mouvementée au siège du parti en 2018. Dans la même affaire, les députés Bastien Lachaud et Manuel Bompard ont également écopé de condamnations. Plus récemment, la députée Sophia Chikirou a été mise en examen pour escroquerie aggravée dans l’enquête sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017, tandis que l’ex-député Adrien Quatennens a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences conjugales. Le comité interne du parti a dû traiter plusieurs signalements internes de violences sexistes et sexuelles, notamment les accusations d’agressions sexuelles portées contre le militant Taha Bouhafs (qui l’avaient poussé à retirer sa candidature aux législatives) et d’autres candidats..
A-t-on jamais entendu parler du risque bancaire à leur endroit ? En brandissant le spectre de la moralité publique, du risque judiciaire ou de la disqualification uniquement à l’encontre du RN, le système bancaire valide l’hypothèse d’une discrimination purement politique déguisée en gestion comptable.
Le cordon sanitaire bancaire : un déni de démocratie
En démocratie, le droit de vote et le pluralisme sont les piliers de la légitimité politique. Pourtant, le système bancaire français s’octroie aujourd’hui un droit de veto idéologique sur le débat public. En refusant de financer un parti qui rassemble des millions d’électeurs, les banques ne rejettent pas seulement un régime politique : elles méprisent et invisibilisent le choix de près d’un tiers des votants français.
Comment justifier qu’un mouvement parfaitement légal, qui siège massivement à l’Assemblée nationale, soit privé des moyens logistiques de faire campagne ?
Ce refus systématique, totalement arbitraire comme nous l’avions expliqué ici, illustre la mainmise d’une bien-pensance institutionnelle sur les rouages du crédit. Ce phénomène s’apparente à une forme de notation sociale et politique, où les cordons de la bourse ne sont plus attribués selon la solvabilité financière (le RN ayant prouvé sa capacité à rembourser ses emprunts passés), mais selon un brevet de moralité arbitraire. Le pouvoir financier s’érige ainsi en tribunal politique, s’arrogeant le droit de décider quelles idées ont le droit de s’exprimer et lesquelles doivent être étouffées par l’asphyxie financière.
Une autre claque infligée à l’idéal démocratique
Face à ce blocus, les partis considérés non-conformes sont contraints de chercher des alternatives, s’exposant ensuite aux critiques hypocrites de leurs adversaires lorsqu’ils se tournent vers des emprunts populaires ou des financements étrangers (la loi interdit désormais de faire des prêts politiques en dehors de l’Europe).
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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