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Il aura suffi d’un week-end. Un seul de l’année, en réalité, pour Olivier Spampinato : le pilote varois ne dispute qu’une manche par saison, faute de budget, et il a choisi Kerlabo. Il en repart vainqueur de l’épreuve reine des Supercars, après avoir remporté les 4 manches qualificatives, dominé sa demi-finale et tenu bon en finale face à un adversaire qui, de son propre aveu, allait plus vite que lui.
La 5e manche du championnat de France de rallycross s’est disputée samedi 25 et dimanche 26 juillet sur l’anneau de Cohiniac, dans les Côtes-d’Armor, devant plusieurs milliers de spectateurs. Elle a produit exactement ce qu’on attend de cette épreuve : des favoris à terre, un invité d’un jour sur la plus haute marche, et un classement général redistribué avant la trêve.
Le « one shot » parfait
Déjà monté sur le podium l’an dernier lors de sa seule apparition, Spampinato visait mieux. Formateur en conduite automobile, il court sur une Peugeot 208 préparée par l’écurie Dubourg, et son week-end n’a souffert aucun accroc : 4 manches qualificatives sur 4, puis une demi-finale gérée à la stratégie, le tour joker déclenché au bon moment pour écarter Jonathan Pailler.
Restait la finale, et Damien Meunier. « Avec Damien, c’était un gros niveau devant », reconnaissait le vainqueur à l’arrivée, qui remerciait dans la foulée sa famille, ses sponsors et l’entreprise qui lui permet de dégager un budget — pour une seule pige, précisait-il.
Meunier, lui, n’a pas boudé son plaisir malgré la déception. « Il mérite de gagner, il a fait un bon week-end », concédait le Tourangeau, avant d’ajouter ce qui le rongeait : il pense avoir été le plus rapide, et il a calé à l’entrée du joker en cherchant à gratter quelques centièmes. Ce genre de détail se paie comptant en rallycross.
Jeanney passe à côté, le championnat bascule
La vraie information du week-end est ailleurs, au classement général. Davy Jeanney, leader avant l’épreuve bretonne, a manqué son rendez-vous de bout en bout. Accroché dès le premier départ samedi — échangeur abîmé, performance amputée —, il n’a jamais retrouvé le rythme et s’est arrêté en demi-finale, 5e, sans billet pour la finale. Neuvième au général de l’épreuve.
Damien Meunier récupère donc les commandes du championnat, avec 18 points d’avance. Derek Tohill, autre concurrent direct, n’a pris que la 5e place de la finale.
Terpereau prend sa revanche, un YouTubeur crée la surprise
En Super 1600, Jimmy Terpereau avait une revanche à prendre. Le Sarthois a profité de l’élimination technique de son rival Lumet en demi-finale pour prendre l’ascendant sur un départ accroché, mener la course de bout en bout et gérer son avance jusqu’au damier. Deuxième succès de sa saison. Moulin et Allereau complètent le podium.
En Division 3, le fait du week-end porte un pseudonyme : Etienne « Moustache » Jouneau signe son premier succès en rallycross. Le YouTubeur, arrivé sur les circuits à Lohéac en 2024, s’impose sur Ford Fiesta devant M. Le Jossec et N. Beauclé. Une trajectoire qui dit assez bien ce qu’est devenue la discipline : un sport où l’on entre par la passion et où l’on peut, deux ans plus tard, gagner une manche du championnat de France.
En Division 4, Steven Drouyer s’impose devant J. Burson et Maxime Gaignard, le garagiste de Parcé-sur-Sarthe, qui relance sa saison avec cette 3e place arrachée au fil des 7 tours de finale. Chez les féminines, où toutes s’alignent sur des Twingo R1 identiques, Janyce Da Cruz devance C. Danveau et L. Solaire.
Rendez-vous à Lohéac, avec Loeb
Le championnat est loin d’être joué. La 6e manche se tiendra du 28 au 30 août à Lohéac, en Ille-et-Vilaine, où la discipline française est née le 5 septembre 1976. L’épreuve fête ses 50 ans et redevient pour l’occasion une date européenne.
Avec, annoncé au départ, Sébastien Loeb, vainqueur sur place en 2023, cette fois au volant d’une Peugeot 208 engagée par Eleven Motorsport. Autant dire que la Bretagne s’apprête à accueillir, à un mois d’intervalle, les deux rendez-vous les plus attendus de la saison — et que plusieurs pilotes y arriveront avec un esprit de revanche.
Les classements
Supercars — 1. O. Spampinato (Peugeot 208) ; 2. D. Meunier (Audi S1) ; 3. P. Maloigne
Super 1600 — 1. J. Terpereau ; 2. D. Moulin (Audi A1) ; 3. X. Allereau (Skoda Fabia).
Division 3 — 1. E. « Moustache » Jouneau (Ford Fiesta) ; 2. M. Le Jossec (Renault Clio 5) ; 3. N. Beauclé (Mercedes Classe A 45 AMG).
Division 4 — 1. S. Drouyer (Renault Clio 3 F2000) ; 2. J. Burson (Renault Clio 5 F2000) ; 3. M. Gaignard (Peugeot 208 F2000).
Féminines — 1. J. Da Cruz ; 2. C. Danveau ; 3. L. Solaire (toutes sur Renault Twingo R1 RX).
Crédit photo : breizh-info.com
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