Alors que ce tient ce soir lepremier débat de la présidentielle 2027, organisé jeudi 27 août à Roland-Garros à l’occasion de la Rencontre des Entrepreneurs de France, une enquête Ifop pour LNA Santé, menée auprès de 3 007 personnes du 5 au 11 juin 2026, établit que la santé s’impose comme le 2e motif de vote des Français pour ce scrutin, cité par 37% d’entre eux, derrière le pouvoir d’achat (51%) mais devant l’immigration (33%), la sécurité (30%) et les déficits publics (24%). Un classement inédit puisque, interrogés sur leurs préoccupations générales pour le pays, ces mêmes Français ne placent la santé qu’en 4e position (28%).
Un risque électoral majeur
L’étude documente un véritable risque de sanction dans les urnes : 57% des Français pourraient s’abstenir si aucun candidat ne leur paraît crédible sur les enjeux de santé publique, et 48% se disent prêts à voter pour un candidat protestataire dans le seul but de sanctionner l’état du système. Willy Siret, directeur général de LNA Santé, résume le paradoxe : les Français imposent 2027 comme la première présidentielle de la santé, alors que le sujet reste encore largement absent du débat public.
L’accès aux soins de proximité, priorité numéro un
Interrogés sur ce qu’ils attendent du futur président en matière de réforme, les Français placent en tête l’accès aux soins de proximité — médecins traitants, déserts médicaux — cité par 33% d’entre eux, loin devant le financement de la Sécurité sociale (21%) et la réforme de l’hôpital public (13%). Cette hiérarchie reflète leur vécu quotidien : 82% constatent de fortes inégalités d’accès aux soins selon les territoires, et 44% jugent cet accès compliqué là où ils vivent, avec un écart marqué entre l’agglomération parisienne (32%) et les communes rurales (59%). Faute de rendez-vous disponible, plus d’un quart (27%) se rend aux urgences par défaut.
Le budget jugé mal utilisé plutôt qu’insuffisant
Les Français ne réclament pas davantage de dépenses sans contrepartie : 80% jugent le budget de la santé mal utilisé et demandent d’abord des économies, une réorganisation et la lutte contre le gaspillage avant d’envisager une hausse des moyens. 64% estiment par ailleurs que le système ne rend pas un service à la hauteur de l’argent que la Nation y consacre. Cette inquiétude s’étend à la soutenabilité globale du modèle : 87% des Français doutent que le pays puisse encore financer durablement la santé et la prise en charge du grand âge, tandis que 86% estiment manquer d’information sur le coût réel des soins — 40% se disant incapables de chiffrer le coût d’une hospitalisation pour rééducation après un AVC.
Marine Le Pen en tête de la confiance sur la réforme
Concernant les candidats présents au débat de jeudi, l’enquête mesure la confiance accordée à chacun pour réformer le système de santé, comparée à ses intentions de vote estimées selon un sondage Harris Interactive pour Toluna publié le 24 août. Marine Le Pen arrive en tête avec 40% de confiance, pour 35% d’intentions de vote. Suivent Édouard Philippe (32% de confiance pour 14% d’intentions), Bruno Retailleau et Gabriel Attal (31% chacun, pour respectivement 6% et 8% d’intentions), Raphaël Glucksmann (26% pour 10%), Jean-Luc Mélenchon (21% pour 16%) et Marine Tondelier (19% pour 3%). Aucun candidat ne dépasse ainsi le seuil des 41% de confiance, ce qui, selon l’étude, laisse le sujet de la santé sans propriétaire politique évident à 8 mois du scrutin.
Pour Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’Ifop, cette enquête acte un changement de statut de la santé dans l’imaginaire des Français, longtemps vécue comme une fierté tranquille et désormais abordée avec inquiétude par près des deux tiers d’entre eux, sans pour autant verser dans la résignation : 85% jugent que le système doit se transformer profondément plutôt que d’être abandonné.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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