La carrière Imerys de Glomel, en Centre-Bretagne, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une controverse environnementale. Dans un communiqué publié vendredi 24 juillet, l’association Eau et Rivières de Bretagne annonce avoir saisi le préfet des Côtes-d’Armor et déposé plainte auprès du procureur de la République de Saint-Brieuc. En cause : des rejets d’eaux non conformes ou suspectés de l’être, et une demande de transparence accrue sur les conditions d’exploitation du site.
Cette carrière d’andalousite, dont l’importance industrielle est régulièrement mise en avant, occupe une place singulière. Mais l’intérêt économique d’un site ne dispense pas du respect rigoureux des règles environnementales. C’est précisément sur ce terrain qu’Eau et Rivières entend porter le débat. L’association affirme avoir observé, au sein du comité de suivi de site, plusieurs épisodes de rejets non conformes entre novembre 2024 et février 2026.
Des rejets dénoncés, des données réclamées
Selon Eau et Rivières, des rejets non conformes auraient été constatés le 27 novembre 2024 sur des paramètres comme le fer, l’aluminium et le manganèse. L’association évoque aussi un nouvel épisode entre le 18 et le 22 décembre 2025, puis, fin février 2026, un rejet d’environ 15 000 m³ d’eaux brutes, soit quinze millions de litres, mentionné lors d’une réunion du comité de suivi le 23 juin.
L’association reproche surtout le manque de données précises transmises aux parties prenantes. Elle demande au préfet d’organiser une réunion permettant de clarifier l’encadrement, le suivi et le contrôle de l’exploitation. Dans son communiqué, elle estime que « la transparence est une priorité » au regard des risques environnementaux et sanitaires qu’elle associe au site.
L’État appelé à clarifier
Le dossier appelle toutefois à la prudence. Selon Les Échos, la préfecture des Côtes-d’Armor a rappelé que l’État multipliait les contrôles environnementaux sur la carrière, notamment par l’intermédiaire de la Dreal. D’après la préfecture citée par le quotidien, les incidents déclarés en décembre 2025 et février 2026 n’auraient pas eu d’impacts importants sur l’environnement, les fortes pluies ayant favorisé leur dilution. Imerys conteste par ailleurs les faits qui lui sont reprochés.
Reste une évidence : dans un secteur de tête de bassin versant, proche de milieux naturels sensibles et de captages d’eau potable, l’exigence de contrôle ne peut être traitée comme une formalité administrative. L’industrie a sa place en Bretagne, y compris lorsqu’elle est stratégique. Mais cette place se défend par la clarté, la preuve et la responsabilité, non par le flou.
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