Plus que jamais, à l’approche des élections présidentielles de 2027, nous sommes soumis à un véritable « matraquage » afin de canaliser notre pensée vers cette Europe supranationale que certains veulent imposer aux peuples, et en particulier au nôtre, depuis des décennies. Faute d’avoir pu, comme le disait Bertholt Brecht, « dissoudre le peuple », nos euro-fédéralistes patentés ont préféré l’ignorer après leur cuisante défaite du référendum du 29 mai 2005.
Depuis près de trente-cinq ans, 1992 pour être précis, l’adoption de l’euro, monnaie unique de la zone qui porte son nom, nos « zélites » ont considéré que cette courte victoire (51 % contre 49 % avec 70 % de votants) était une sorte de chèque en blanc signé par le peuple français qui acceptait ainsi de perdre cet attribut essentiel de sa souveraineté qui est le droit de « battre monnaie ». La question que nous devons nous poser est : Pourquoi ?
La tactique des « petits pas » de Jean Monnet
La réponse nécessite un retour aux derniers mois de la seconde guerre mondiale. Contrairement à ce qu’il est souvent dit, les États-Unis ne furent pas les seuls vainqueurs. Par contre, ils étaient les seuls à posséder l’arme nucléaire. Durant la guerre, un évènement entouré du plus grand secret a permis de voir émerger une nouvelle forme de pouvoir, qu’Eisenhower désignait par « le complexe militaro-industriel ». Roosevelt s’était trouvé face à un problème pour financer le projet Manhattan (bombe nucléaire) car la Constitution de 1787 ne permettait pas la moindre dissimulation et, pour obtenir un financement public, le projet aurait dû être dévoilé aux membres du Congrès, ce qui était impensable. Ce sont donc des sociétés privées qui l’ont entièrement pris en charge et qui sont à la base de ce complexe militaro-industriel. Et elles entendaient bien toucher les dividendes de ces sommes engagées sans contre-partie. C’est ainsi qu’est né l’empire américain et son objectif était de diriger le monde et à la base duquel on trouve ce complexe financiaro-militaro industriel.
Jean Monnet, français d’origine mais devenu de facto un citoyen du monde, avait compris que les deux premières guerres mondiales avaient fait disparaître les empires monarchiques pour la première et les empires coloniaux pour la seconde, et cela ne devait rien au hasard. Seules les nations restaient en tant que puissances souveraines et il fallait les faire disparaître. La création de l’ONU en 1946 aurait pu paraître « antinomique » mais cette organisation poursuivait le même but mondialiste. Jean Monnet s’était fait le promoteur du « libre-échange » car il pensait que c’était le meilleur moyen d’abolir les frontières et de « mélanger » les populations pour faire disparaître l’identité des peuples. Évidemment, il fallait passer par de nombreuses étapes intermédiaires sans jamais avouer le but final. C’est ce que Monnet appelait « la politique des petits pas ».
L’Europe occidentale, un territoire idéal pour donner l’exemple au reste du monde.
La guerre s’est terminée en laissant un monde divisé en deux entre « l’empire du mal » (bloc communiste) et « le monde libre » (tout le reste). La « guerre froide » a permis de continuer avec l’OTAN le projet que l’AMGOT avait initié dès 1944 en faisant de l’Europe occidentale un terrain d’expérimentation au service du projet mondial. Tous les prétextes ont été les bons pour faire croire que la vocation de cette Europe était de devenir un territoire sans frontières ouvert à tous les vents du libéralisme le plus échevelé. Le projet initial mis en place par l’ACUE dés le début des années 1950 allait promouvoir différents projets dont le point commun était de réunir plusieurs pays européens dans les mêmes structures afin de fusionner des domaines d’activités sous l’étiquette mal définie d’une « communauté européenne ». Puis ce fut en 1957 la signature du « traité de Rome » consacrant le « marché commun » souvent désigné sous le nom « d’Europe des six ».
Le retour aux affaires de de Gaulle en 1958 marqua un coup d’arrêt à cette politique d’intégration progressive et le discours des « bons de cabri » de 1965 a marqué les esprits. En 1966, la France quittait le commandement intégré de l’OTAN et retrouvait son indépendance militaire. Après le départ du général, le temps perdu fut vite rattrapé. La fiction du « couple franco-allemand » servit d’argument pour ne plus rien entreprendre par nous-mêmes. Tout projet industriel ne pouvait qu’être « européen » et la mécanique du fédéralisme à tout prix se relançait. L’absence de frontières permettant un élargissement du marché commun, c’est bientôt toute l’Europe de l’Ouest qui allait s’y retrouver. Mais un autre axe fédéral allait encore accélérer les choses, celui de la monnaie.
Le fameux SME, (Serpent Monétaire Européen) apparut dès 1972 avant de se transformer en 1977 en Système Monétaire Européen, ancêtre de l’Euro, obéissait encore à la règle des petits pas qui allait mener d’une façon progressive à l’adoption du Traité de Maastricht en 1992 et consacrer la perte pour le peuple français de son droit de « battre monnaie », attribut essentiel de sa souveraineté. Visiblement, l’écroulement de l’Union Soviétique en 1991 avait « donné des ailes » aux euro-fédéralistes qui, en réalité, révaient d’établir un gouvernement mondial dont la voie était dorénavant ouverte.
Les propos tenus par David Rockefeller lors de la conférence du Bilderberg de 1991 de vont dans ce sens :“We are grateful to the Washington Post, the New York Times, Time Magazine and other great publications whose directors have attended our meetings and respected their promises of discretion for almost 40 years……It would have been impossible for us to develop our plan for the world if we had been subjected to the lights of publicity during those years. But, the world is more sophisticated and prepared to march towards a world government. The supernational sovereignty of an intellectual elite and world bankers is surely preferable to the national autodetermination practiced in past centuries.”
Dont la traduction est : « Nous sommes reconnaissants envers le Washington Post, le New York Times, le magazine Time et d’autres grandes publications dont les dirigeants ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis près de 40 ans… Il nous aurait été impossible d’élaborer notre plan pour le monde si nous avions été exposés à la lumière de la publicité durant ces années. Mais le monde est désormais plus averti et prêt à marcher vers un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale pratiquée au cours des siècles passés. »
Une prise de conscience en 2005
Avec le recul, les « mondialistes » ont quitté la méthode des petits pas pour aller droit au but tant ils avaient la certitude d’avoir gagné. Pour les dirigeants de l’Union Européenne, la mise en œuvre d’un « traité constitutionnel » apparaissait désormais comme une formalité. La mise en circulation de l’euro avait de facto institué le fédéralisme européen et on allait pouvoir passer à la phase suivante du plan qui était « la mondialisation heureuse ».
Mais le résultat du référendum de 2005 risquait de tout remettre en question et c’était impensable.
L’enjeu était tellement important que tous les moyens furent mis en œuvre afin de le contourner et c’est là que l’Union Européenne a montré son véritable visage. Finie la démocratie de bon aloi, place à l’autoritarisme bureaucratique d’un pouvoir non-élu. Plus de référendum, place au traité de Lisbonne et le tour est joué. Du moins le pensaient-ils. Mais le peuple s’est réveillé en même temps qu’éclatait la crise financières des « subprimes » où tout le système financier mondialisé à tremblé.Cela s’est traduit par une forte montée du vote FN à partir de 2012 qui s’est concrétisée en 2015 aux élections régionales puis 2017 et surtout 2019 aux élections européennes dans lesquelles le RN a eu le plus grand nombre d’élus, et confirmé en 2024.
Entre-temps, le monde non occidental, représentant plus de 80 % de la population mondiale, a commencer à s’organiser pour s’opposer à la domination de cet occident dont il percevait les effets néfastes. Les BRICS se sont constitués à partir de 2001 mais ont connus une expansion importante à partir de 2011. Leur influence n’a cessé de croître ils posent aujourd’hui un véritable problème au G7. Leur premier objectif a été de diminuer la part du dollar dans le commerce international et c’est une atteinte directe à la suprématie américaine dont les deux piliers de la puissance sont le dollar et l’armée américaine.
La mondialisation n’a plus d’avenir.
On peut dire aujourd’hui que le projet de gouvernement mondial n’est plus d’actualité. Tout porte à croire que nous nous dirigeons vers un monde multipolaire aux antipodes de celui auquel Jean Monnet aspirait. Ce retour en force des souverainetés nationales, qui a par ailleurs été souhaité par Donald Trump devant l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2017, rend définitivement caduque le projet fédéraliste de l’Union Européenne. Plutôt que de tirer une conséquence logique de cette situation, les dirigeants de l’UE lui ayant lié leur sort d’une manière irréversible, ne peuvent se résoudre à l’accepter et tentent par tous les moyens de continuer à faire comme si de rien n’était.
Ces « conquérants de l’inutile », ne voulant accepter cette réalité, en s’accrochant à ce fédéralisme aujourd’hui dépassé, vont au contraire en précipiter la chute.
« Il n’est de politique qui vaille si elle n’est ancrée sur la réalité » disait de Gaulle.
L’aventure européenne, faussée dès le départ car avançant sous un faux nez, et que de Gaulle avait dénoncé, en parlant « d’un fédérateur qui ne serait pas européen mais qui aurait, lui, une politique »
risque de se terminer dans une confusion totale alors que celle préconisée par le même de Gaulle prenait en compte l’existence des nations. Cette « Europe des Nations » lui aurait pourtant permis de trouver sa place naturelle en tant que continent autonome et indépendant dans ce nouveau monde qui naît sous nos yeux.
Jean Goychman, Cercle Patria
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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