L’objectif du « net zéro » — un solde nul entre émissions de carbone et absorption par la végétation — était devenu, il y a quelques années encore, le point de ralliement des gouvernements occidentaux. Joe Biden comme les dirigeants européens s’étaient engagés sur un horizon 2050. L’Espagne investissait des milliards dans son réseau solaire ; elle et l’Allemagne revendiquaient une production électrique majoritairement issue des renouvelables.
Le journaliste américain John Stossel dresse dans une chronique publiée par The Epoch Times un bilan sévère de cette trajectoire, appuyé sur les analyses d’Alex Epstein, auteur de The Moral Case for Fossil Fuels.
Coupures et désindustrialisation
Les difficultés se sont accumulées : hausse des coûts de l’électricité entraînant la fermeture d’entreprises européennes, et surtout, l’an dernier, une interruption de l’approvisionnement électrique espagnol pendant 16 heures. Pour Alex Epstein, ces coupures constituent l’illustration la plus visible d’une mauvaise politique énergétique, mais il souligne que le vrai problème structurel réside ailleurs : dans la pénurie, le rationnement et l’appauvrissement qu’une telle orientation induit, même lorsque les coupures sont évitées.
Interrogé sur la baisse continue du coût des panneaux solaires et l’amélioration des batteries, il rappelle une contrainte technique fondamentale : un réseau électrique doit être dimensionné pour le pire jour de l’année. En l’absence de vent ou de soleil, une capacité de production pilotable reste indispensable en soutien des énergies intermittentes.
Le paradoxe des canicules
Autre effet paradoxal soulevé : la vulnérabilité accrue aux extrêmes climatiques. Reuters faisait état de 10 000 décès excédentaires lors d’une vague de chaleur en juin. Alex Epstein s’étonne que des pays européens ne parviennent pas à se rafraîchir en été alors que la climatisation existe depuis un siècle. De fait, si une majorité d’Américains en sont équipés, seuls 20% environ des logements européens le sont. Au Royaume-Uni, certains propriétaires auraient même reçu l’ordre de démonter leurs climatiseurs en application de la réglementation climatique.
Epstein y voit la marque d’un mouvement qu’il qualifie de quasi religieux, structuré autour d’un commandement unique : ne pas affecter la nature.
Le rétropédalage des gouvernements
L’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni révisent désormais leurs ambitions. Le chancelier allemand Friedrich Merz affirme que les règles doivent mieux concilier objectifs climatiques, réalités du marché, entreprises et emplois, tout en qualifiant de simple erreur stratégique la sortie allemande du nucléaire.
Aux États-Unis, une analyse citée par le Washington Post relève que les élus se font nettement plus discrets sur le climat dans leurs interventions publiques et sur les réseaux sociaux.
Les entreprises technologiques changent de discours
L’essor de l’intelligence artificielle a mis en évidence, selon Alex Epstein, le manque de sérieux des engagements pris par les grands acteurs technologiques. Ces entreprises déclarent aujourd’hui des émissions en hausse, alors qu’elles présentaient il y a 5 ans le changement climatique comme une crise existentielle imposant le net zéro.
Microsoft, dont le PDG promettait une empreinte carbone négative d’ici 2030, a depuis augmenté ses émissions sans justification particulière. Google, qui annonçait vouloir être la première grande entreprise mondiale à fonctionner uniquement à l’énergie décarbonée d’ici 2030, a retiré cet engagement de son site. Quant à Bill Gates, auteur d’un ouvrage sur la catastrophe climatique, il écrit désormais que le succès devrait se mesurer davantage à l’aune de l’impact sur le bien-être humain que sur la température globale.
Alex Epstein y voit le signe d’un climat intellectuel assaini, tout en regrettant qu’aucun dirigeant n’ait assumé publiquement s’être trompé et avoir défendu des politiques dommageables, chacun se comportant plutôt comme si ses positions passées n’avaient jamais existé
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