Plus de sept Français sur dix souhaitent interdire les mariages lorsque l’un des deux futurs époux est un étranger en situation irrégulière. Selon un sondage de l’Institut CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD publié ce jeudi 24 septembre, 71 % des personnes interrogées répondent favorablement à cette proposition. L’enquête a été réalisée en ligne les 22 et 23 septembre auprès d’un échantillon national représentatif de 1 010 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
Le soutien à cette interdiction demeure donc très majoritaire, même s’il recule légèrement : il atteignait 75 % en février 2025 et encore 73 % en mai dernier, selon de précédentes enquêtes CSA réalisées pour les mêmes médias.
Un profond clivage selon l’âge et les sensibilités politiques
Les différences générationnelles sont particulièrement marquées. CNews relève que les 18-24 ans constituent la seule tranche d’âge à ne pas approuver majoritairement l’interdiction, avec 47 % de réponses favorables. Le taux passe à 69 % chez les 25-34 ans, 71 % chez les 35-49 ans et 76 % chez les personnes de plus de 50 ans. Les hommes y sont également davantage favorables que les femmes, à 74 % contre 68 %.
Le clivage politique est encore plus net. Selon Europe 1, seuls 23 % des sympathisants de La France insoumise répondent favorablement, contre 45 % de ceux du Parti socialiste et 54 % des proches des Écologistes. À droite, CNews relève 93 % d’adhésion chez les sympathisants des Républicains et 95 % chez ceux du Rassemblement national. Chez les sympathisants de Renaissance, le taux s’établit à 71 %.

Source : CNews
Robert Ménard bientôt devant la justice
Cette enquête paraît à quelques jours du procès de Robert Ménard. En juillet 2023, le maire de Béziers avait refusé de célébrer le mariage d’une Française avec un Algérien alors en situation irrégulière et visé par une obligation de quitter le territoire français. Après avoir refusé en février 2025 le « plaider-coupable » proposé dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, il doit comparaître devant le tribunal correctionnel le 30 septembre. Il encourt notamment jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité.
Le droit français ne permet toutefois pas aujourd’hui à un maire de refuser un mariage au seul motif que l’un des futurs époux séjourne irrégulièrement en France. Le Sénat le rappelle explicitement dans le dossier consacré à la proposition de loi adoptée par la Haute Assemblée en février 2025 pour modifier ces règles. En revanche, lorsque des indices sérieux font suspecter notamment une absence réelle de consentement, l’article 175-2 du Code civil impose à l’officier d’état civil de saisir le procureur de la République.
Le sondage publié ce jeudi montre donc qu’une large majorité des personnes interrogées approuvent une interdiction que le droit français ne prévoit pas actuellement.
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