D’un côté, des mères explosent face caméra ou s’en prennent à leur bébé, le poussant à bout pour le filmer en pleurs, dans la quête du buzz. De l’autre, des trad wives aux accents de réclames des années 50 font l’apologie de la soumission conjugale. D’un côté des femmes applaudissent à la possibilité d’avorter jusqu’au terme de la grossesse et récoltent 1 million de dollars pour une triple infanticide ; pendant que d’autres crient au scandale face à ce mépris manifeste pour la vie des enfants. Mais quelle mouche a donc piqué les femmes occidentales?
Les plus chanceux ignoreront l’existence de la tendance « mom rage ». Cet énième concept psychologique américano-viral, désignant au départ une colère spécifique liée à la condition maternelle moderne, est malheureusement vite devenu une mode. Désormais, un nombre incalculable de mères outre-Atlantique postent leurs accès de fureur sur les réseaux sociaux, le plus souvent en présence de leurs enfants âgés de quelques mois. Certaines les provoquent ou leur font carrément du mal, juste assez pour maximiser l’audience sans pour autant attirer l’attention des autorités.
Cette mise en scène de la perte de contrôle prétend déconstruire le mythe de la mère parfaite. Face à ces images pénibles, on peut affirmer sans ambages que l’objectif est atteint. Pourtant, derrière ce prétexte militant se cache surtout une quête de validation désespérée face aux difficultés d’un rôle inédit. Pour la première fois de leur vie, ces femmes ne sont plus seulement responsables d’elles-mêmes : elles doivent apprendre la réalité brute du sacrifice, de l’effort, de l’engagement pour la vie.
Isolement moderne et rupture générationnelle
Cette douloureuse confrontation au sacrifice est, il est vrai, exacerbée par un contexte structurel délétère. Aux États-Unis, comme dans de nombreux pays occidentaux, ce phénomène est directement corrélé au manque d’aide parentale : les congés maternité sont dérisoires et la garde d’enfants excessivement coûteuse quand elle n’est pas un casse-tête logistique. Cet environnement isole les mères et met en lumière des détresses bien réelles.
Cet abandon logistique se double d’un grand vide spirituel. Car si donner la vie est l’expérience la plus significative et peut-être même la plus importante au monde, être mère est aussi épuisant, c’est un combat de chaque instant qui exige un effort constant. Mais voilà, le fil de la transmission a été rompu : personne n’avait prévenu ces jeunes femmes de la réalité de cette charge, les laissant démunies face au réel.Ajoutez à cela des décennies d’injonctions féministes sommant les femmes de « briser les chaînes de la famille » pour s’émanciper, et le choc était inévitable.
Exhibitionnisme
Mais si la détresse est réelle, la méthode employée pour l’exprimer interroge sur la sincérité de la démarche. Ces colères soudaines et explosives… ne le sont pas vraiment puisque ces mères prennent le temps d’allumer leur smartphone, de cadrer la scène et de chercher le meilleur angle pour filmer leur dérive. Une spectacularisation du « pétage de plomb » qui illustre le manque de dignité profond de notre époque.
Craquer est inévitable, mais le rôle des parents n’est-il pas justement d’apprendre aux enfants à réguler leurs propres émotions ? Quel est le but réel de cette mise en scène, à part s’exhiber en victime et mendier la pitié du monde entier ? Une fois le dégoût passé, on ne peut que constater une incapacité tragique à supporter les aspérités de l’existence, transformée en spectacle permanent.
Les deux faces d’une même bourgeoisie individualiste
Cette théâtralisation de la vie privée n’est pourtant pas le monopole des mères en crise ; elle trouve son parfait miroir inversé dans la figure de la trad wife qui s’exhibe sur les mêmes écrans. Sorte de caricature de la ménagère américaine tout juste sortie d’une publicité pour l’électroménager des années 1950, elle fait fantasmer une partie des réseaux sociaux en scénarisant, elle aussi, son quotidien.
Or, malgré leur opposition de façade, ces deux figures partagent une racine commune. Qu’il s’agisse de la ménagère modèle attendant son mari avec un repas parfait dans une maison parfaitement rangée — un mirage inaccessible vu la conjoncture économique qui impose la nécessité d’un salaire féminin —, ou de la féministe voulant rendre cool son burn-out, toutes deux sont issues du même moule : celui de l’individualisme bourgeois.
C’est cette même mentalité, héritée du XIXe siècle, qui a décrété que la famille nombreuse et soudée était un archaïsme de culs-terreux et a glorifié l’enfant unique pour ne pas disperser le patrimoine. Les déconstructeurs ont ajouté leur pierre à l’édifice en décrétant que tout lien familial est une entrave à la liberté de l’individu. L’injonction est claire : il faut être seul, n’avoir à gérer que soi-même. En ringardisant la famille soudée au profit d’une cellule strictement nucléaire (papa, maman, enfant, le plus loin possible des grands-parents), notre société a détruit les structures de soutien et les réseaux de transmission indispensables à la parentalité.
Retrouver le village
Un dicton africain prétend qu’il faut tout un village pour éduquer un enfant. Si nos structures sociétales sont certes, radicalement différentes, ce dicton n’a jamais été aussi pertinent. Il rappelle la force indispensable de la communauté, du lien et de l’engagement face à la dureté du réel. C’est là une nécessité de la vie en société, quoi qu’en disent les libéraux ou les socialos : aucun État, aucune de ses structures ne pourront remplacer l’entraide humaine nécessaire aux humains.
En définitive, s’il faut aujourd’hui « péter un câble » et le donner à voir, ce n’est pas en exposant la détresse de ses enfants sur un écran pour nourrir l’algorithme. C’est en se bousculant collectivement pour transformer une société dont les structures modernes font de la parentalité un enfer, à commencer par l’obligation de retourner travailler seulement quelques mois après avoir donné la vie…
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
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8 réponses à “De la « Trad Wife » à la tendance « Mom Rage » : la dérive spectaculaire de mères occidentales”
Bonjour,
C’est de la faute aux hommes. Ils laissent faire le n’importe quoi pour avoir accès au sexe. Voilà le résultat.
Cdt.
M.D
Les réseaux sociaux, peuvent être assimilés à une nouvelle lèpre qui ronge le cerveau de toutes les personnes atteintes. Que ne ferait on pas pour avoir ses trois secondes de « gloire » même en faisant n’importe quoi et parfois le pire.
Aimer et protéger les enfants pour leur garantir leur plein développement moral, physiologique et humain. Il ne peu y avoir d’autre voie. Je plains ces mères qui sombrent dans les tendances du moment. Je leur souhaite d’être heuruese avec leurs enfants et leur mari. Le bonheur au quotidien est fait de plein de petites choses.
il faut ajouter que les exigences de l’éducation positive qui a pour résultat que l’enfant n’est obligé d’integrer ni les contraintes des parents, ni les obligations de bon comportement avec les autres, ni les frustrations, fait d’eux des despotes incontrolables et des manipulateurs d’excellence. Pour les parents c’est une exigence de tolérance et de sourire qui leur retire tout droit à leurs propres douleurs, peines et difficultés. Bien sur c’est explosif. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas avoir d’enfants ce qui semble être compris. Si on ajoute que beaucoup d’hommes sont encore complètement infantiles accros aux copains et au foot et laissant tout le reste à Madame, oui, il faut redéfinir le contrat des femmes ou elle feront la grève comme les femmes de Corée du Sud: ni sexe, ni enfant, ni mari. Une autre idée: ne plus faire de fille..cela résoud le probleme en une génération.
Il y a trop de pédophiles et ils ne sont pas assez traqués et punis. Il y a un père en Belgique qui s’est pris 17 and de prison pour avoir tabassé l’abuseur de son fils. Et il y a tout le problème des crèches et du peri scolaire: c’est rempli de pédophile. Et à Paris, c’est connu depuis 2015.
Comment tu peux être serein quand tu es parent?
A moins d’avoir la possibilité de garder l’enfant et de lui faire des cours à domicile (sur dérogation spéciale maintenant car Macron l’a interdit par peur de terrorisme islamique. La question étant combien de terroriste islamique en France étudiaient à distance?)
L’éducation nationale est catastrophique, faut investir dans le privé. En plus de ne pas pouvoir donner une vie convenable aux enfants. Les gens qui font des enfants dans la pauvreté en France sont des égoïstes. C’est pas à l’Etat de payer pour les autres.
Faire un enfant, c’est juste faire une future main d’oeuvre ou un futur consommateur.
Après, historiquement, personne ne faisaient d’enfants par amour de toute façon. Mais à l’époque, les gens possédaient leurs fermés/commerces et l’enfant était destiné à reprendre.
Maintenant, qu’est-ce qui peut leur être légué ? A part devenir des débiles entre les mains de l’Etat, parce que vos enfants ne sont plus vos enfants si vous n’avez pas compris encore.
Un mot de travers et c’est l’ASE qui vous tombe dessus, rempli de proxénète.
Durandal,je ne suis pas sur que ces pour le sexe, puisque les féministes avec leur débilité ont castré l`homme occidendal, aux profit de la barbarie de l`islam, qui est beaucoup mieux pour ces névrosées apparemment.
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Je connais des « bourgeoises » (enfin, qui se croient telles) prétendument chrétiennes être débordées avec un seul enfant, qui n’ont pas besoin de travailler, dont le conjoint est présent (physiquement, mais absent psychologiquement), mais qui trouvent le moyen de transformer leur maison en porcherie, laissant leur mioche manger avec les doigts et jeter partout sa nourriture au nom de l’expérience de l’enfant officiellement mais surtout parce qu’elles sont dépassées. Dépassées c’est le mot. En tout. Mais elles trouvent le temps de regarder de haut les autres. Ces autres qui payent par leurs impôts les infrastructures à leur place. Nous vivons une période merveilleuse, dans une inversion totale de tout, à tous les niveaux. Donc votre article est partiel. Ces fausses bourgeoises se réclament d’une vie de foyer et parlent d’éducation pendant tout le dîner mais sont incapables de faire un lit. Il faut élargir votre pensée et votre analyse. Cette société est atomisée à tous les niveaux quel que soit le milieu, et les hommes y ont largement participé.
Des hommes infantiles, des femmes qui n’ont jamais tenu un bébé dans leur bras avant qu’on ne leur colle leur nouveau-né sur le ventre passé leur 30 ans à la maternité… comment voulez-vous que ca marche ?