De plus en plus de retraités poursuivent ou reprennent une activité professionnelle après avoir liquidé leurs droits, un phénomène connu sous le nom de cumul emploi-retraite, qui permet, sous conditions, de percevoir simultanément une pension et un revenu d’activité. Derrière cette tendance, plusieurs logiques coexistent : maintenir un lien social, valoriser une expertise, ou compléter des revenus face au coût du logement, de l’énergie et de la santé.
Selon les données les plus récentes de la Drees, 606 000 personnes de 55 ans ou plus cumulaient une pension et une activité professionnelle en 2023, le plus souvent à temps partiel, traduisant davantage une transition progressive qu’un maintien systématique en emploi à temps plein.
Une pauvreté en recul, mais toujours présente chez les retraités
En 2024, le seuil de pauvreté monétaire s’élevait à 1 337 € mensuels pour une personne seule selon l’Insee, avec 9,8 millions de personnes vivant sous ce seuil en France métropolitaine, soit 15,4% de la population. Chez les retraités, le taux de pauvreté est redescendu à 10,4%, en baisse de 0,7 point sur un an, tandis que leur niveau de vie médian a progressé de 3,5% en euros constants, sous l’effet des revalorisations des pensions de base et complémentaires. L’Insee souligne que ce taux de pauvreté des retraités est désormais revenu au niveau de celui des actifs de 18 ans ou plus.
Ce résultat statistique global ne gomme cependant pas les difficultés individuelles, les écarts de ressources restant marqués selon la composition familiale, le parcours professionnel, l’accès à la propriété et l’état de santé.
Des règles moins favorables à partir de 2027
Les conditions du cumul emploi-retraite doivent évoluer pour les assurés qui liquideront leur pension à compter du 1er janvier 2027. Jusqu’à présent, le cumul intégral est accessible aux personnes parties à l’âge légal avec une retraite à taux plein ayant liquidé l’ensemble de leurs pensions. À partir de 2027, les revenus d’activité seraient entièrement déduits de la pension pour les départs avant l’âge légal, tandis qu’entre l’âge légal et 67 ans, le cumul resterait intégral dans la limite de 7 000 € annuels de revenus professionnels, sous réserve de la publication d’un décret.
Ce durcissement pourrait pousser certains futurs retraités à revoir leur calendrier de départ ou leur projet de reprise d’activité, posant la question de savoir si le travail après la retraite doit demeurer une option de liberté professionnelle ou devenir un levier indispensable pour préserver le niveau de vie.
Le départ à la retraite, un facteur d’amélioration pour beaucoup
Les études de la Drees nuancent l’idée d’une bascule mécanique vers la pauvreté au moment du départ à la retraite. Pour les personnes ayant liquidé leurs droits en 2020, le taux de pauvreté est passé de 12,4% l’année précédant le départ à 8,3% une fois retraitées, selon une étude publiée le 26 mars 2026. La baisse est particulièrement marquée pour les anciens chômeurs, dont le taux de pauvreté recule de 22,5% avant liquidation à 12,1% après passage à la retraite, la pension constituant alors une ressource plus stable que des revenus d’activité intermittents ou des allocations.
Cette amélioration moyenne ne signifie toutefois pas que tous les retraités disposent d’une marge financière suffisante. Pour une partie d’entre eux, le retour à l’emploi reste une réponse pragmatique à des budgets serrés, reflétant la diversité des carrières, des pensions et des conditions de vie au moment de la retraite.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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