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23/02/2016 – 06h00 Paris (Breizh-info.com) – Jeudi dernier, France 2 proposait en deuxième partie de soirée le magazine « Un oeil sur la planète », présenté par Samah Soulah, grand reporter à France 2. Intitulé « Syrie, le grand aveuglement », cet excellent reportage d’une heure et demie revient sur le conflit syrien, ses origines, les forces en présence, les intérêts économiques en jeu, les mouvements de populations liés à cette guerre civile . Le téléspectateur français découvrira durant cette émission que, depuis 2011, l’Etat français et ses médias subventionnés lui mentent, en toute simplicité, et que les principaux dirigeants actuels ou d’hier (Hollande, Fabius, Sarkozy, Juppé) ont un rôle ambigu dans leur relation avec l’islamisme radical.
Après visionnage d’Un oeil sur la planète, il faudrait déjà féliciter tous les journalistes qui ont participé à la réalisation du projet, tant les 4 reportages sur la question syrienne sont des modèles à montrer dans les écoles de journalisme, bien loin de certaines émissions du service public laissant parfois à désirer.
« Cinq ans de guerre c’est une éternité et le bilan est édifiant: 260 000 tués, 8 millions de Syriens déplacés à l’intérieur de leur pays, 4 millions de réfugiés à l’étranger. Ce qui veut dire qu’en Syrie, un habitant sur deux a dû quitter sa maison », rappelle Samah Soula avant de s’interroger : « Comment une guerre civile dans un petit État a-t-elle pu se transformer en conflit mondial impliquant les grandes puissances? », se demande alors la journaliste, avant de conclure : « Sans doute, parce que trop d’erreurs ont été commises dès le début et peut-être aussi parce que trop d’acteurs se sont invités dans le conflit ».
L’émission se divise en 4 parties : la première, intitulée « la passion du Djihad », montre que bien loin du mythe de l’opposition modérée, vite effacée après le début de la révolte de 2011, une partie de la Syrie est entre les mains de différentes factions islamistes rivales, qui se battent pour l’argent et pour l’instauration du califat musulman. L’empreinte des Frères musulmans, ennemis jurés d’Al Assad, est présente. À Alep, mais aussi dans d’autres villes syriennes, le reportage montre le quotidien de ces factions islamistes, qui détiennent d’ailleurs un bon stock d’armes de fabrication occidentale, française entre autres. On suit même le leader d’une faction se préparer à un attentat suicide. Interrogée par Samah Soula, Mme Chenon-Ramlat, une ancienne journaliste du Monde, qui a vécu huit ans en Syrie, met en lumière les motivations financières des groupes djihadistes.
Le téléspectateur découvre, sans doute pour la première fois sur la chaîne de service public, que depuis 2011 médias et politiques français ont tout simplement menti. Ils ont menti en présentant Bachar El Assad comme un tyran sanguinaire « gazant son peuple » comme l’ont affirmé certains responsables politiques français, Laurent Fabius, Alain Juppé, François Hollande, Nicolas Sarkozy en tête. Ils ont menti en présentant l’opposition « modérée » et l’Armée Syrienne Libre (ASL) comme représentative d’un peuple qui leur était presque inconnu pour beaucoup de ces exilés de longue date. Le reportage permet d’ailleurs à des spécialistes de la Syrie, jamais invités jusqu’ici, de s’exprimer. C’est le cas de Frédéric Pichon, historien, auteur de : « Syrie, pourquoi l’occident s’est trompé », ou encore d’Alain Chouet, ancien officier du renseignement français, qui taclent sévèrement la politique étrangère française menée sous Nicolas Sarkozy et sous François Hollande.
Au delà du mensonge d’État, Un oeil sur la planète souligne également le soutien militaire apporté par la France aux islamistes syriens. Une grande puissance mondiale ne pouvait en effet pas ignorer que les livraisons d’armes tombaient systématiquement entre les mains des égorgeurs islamistes. Pour Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères jusqu’au dernier remaniement , « Bachar El Assad ne mériterait pas d’être sur cette terre » . Alain Juppé, possible futur candidat de la droite aux élections présidentielles, déclarait quant à lui que « Bachar El Assad fait le lit de Daesh » et affirmait en 2011 que les jours du président syrien étaient comptés, appelant même à une intervention militaire contre son régime.
Cinq années plus tard, Bachar El Assad est toujours là et bien là, soutenu par une majorité de Syriens (selon les journalistes ayant enquêté sur place), épaulé par la Russie et par l’Iran. La France, dont les gouvernements successifs ont d’abord pris fait et cause contre Bachar El Assad, a dû virer de bord après les attentats islamistes de novembre 2015. On note au passage qu’ une collaboration avec les services secrets syriens, à laquelle la France a mis fin dès 2011, aurait dans doute permis d’éviter ces attentats.
Dans « les dessous d’un conflit », les journalistes évoquent aussi la bataille autour du gaz et du pétrole en Syrie. Et notamment le front Turquie, Qatar, Arabie Saoudite (et donc pays d’Europe de l’Ouest et USA) contre l’axe emmené par la Russie et l’Iran et soutenu par une majorité des pays de la région. C’est à la suite d’un accord donné par la Syrie à l’Iran concernant la construction d’un gazoduc que les aides financières et militaires aux islamistes et à l’opposition se sont multipliées. On est là au coeur de la réalité géopolitique de ce conflit, bien loin des droits de l’homme.
Enfin, l’émission s’intéresse également au sort des civils, ceux qui restent dans des villes en ruines comme à Alep, qui semblent vivre presque normalement comme à Damas, ou ceux qui fuient la guerre. Et c’est là que tout le drame syrien prend de l’ampleur. A l’instar d’autres pays européens, la France, pour des raisons idéologiques, a favorisé la dislocation de la Syrie, tenue par le dernier régime laïc du Proche-Orient, vecteur de stabilité dans toute la région. Résultat : des vagues de réfugiés accourent vers l’Europe et les mêmes gouvernements d’Europe de l’Ouest s’empressent alors d’appeler leurs populations à accueillir et à intégrer à bras ouverts ces populations qu’ils ont eux-mêmes contribué à déplacer. C’est le serpent qui se mord la queue.
On ne saurait trop recommander de visionner cette émission. Pour comprendre le conflit syrien, pour prendre du recul, pour saisir les enjeux de ce qui ressemble fort à une guerre mondiale . Une guerre dans laquelle la France, malgré l’opposition de nombreux dissidents, a choisi le mauvais cheval, pieds et poings liés désormais avec les pétro-monarchies du Golfe. Les espoirs d’élimination des islamistes, de rétablissement du régime laïc et du retour au pays de ces millions des réfugiés syriens passent désormais notamment par la Russie, seule nation à faire des villes détenues par Daech des nouveaux Stalingrad. Samedi 20 février, au cours de l’émission On n’est pas couché, toujours sur France2, Jean-Luc Mélenchon a pu déclarer de son côté : « Je pense que Vladimir Poutine va régler le problème, celui d’éliminer Daech. (…) Je suis pour que Daech soit vaincu, écrabouillé et que les Kurdes gagnent pour la stabilité dans la région ».
Pour voir le reportage, cliquez-ici
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Syrie. Un reportage de France 2 met en lumière la complicité de Sarkozy, Juppé, Hollande et Fabius avec les islamistes”
les politiciens français,ces criminels seront de plus eN plus démasqués. Les français ne connaissent pas leurs dirigeants!!