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12-03-2014 – 10H00 Johannesburg (Breizh-info.com) – Le numéro de mars 2014 de L’Afrique Réelle, mensuel rédigé par l’historien spécialiste de l’Afrique Bernard Lugan, vient de paraître. Pour pouvoir le consulter, il faut s’abonner à la revue, directement via Internet, au lien suivant.
Ce mois ci, nouveau retour sur la question raciale en Afrique du Sud.
Sommaire :
Numéro spécial : Afrique du Sud, la question raciale
– La mosaïque raciale en Afrique du Sud
– Aux origines de la question raciale
– L’héritage de l’apartheid
– Les prochaines élections seront raciales
– L’exode des Blancs diplômés
– Les pauvres blancs
– Les meurtres des fermiers blancs
– La question raciale en 2014 ou « l’épuration ethnique douce »
Editorial de Bernard Lugan :
Au mois d’avril 1994, porté au pouvoir par une opinion mondiale littéralement sidérée par la pensée unique, Nelson Mandela avait annoncé la fin de la question raciale, prophétisant même l’accession d’une société dans laquelle les races ne constitueraient plus un critère de fractionnement.
Vingt ans plus tard, après trois présidents noirs – Nelson Mandela, Thabo Mbeki et Jacob Zuma -, la question raciale qui n’a pas été résolue est toujours au cœur de la vie politique, sociale et même religieuse sud-africaine. En dépit des discours lénifiants du politiquement correct, l’idéologie n’a donc pas davantage fait disparaître les races que la pluie les rayures des zèbres.
En Afrique du Sud comme partout ailleurs en Afrique, là où les sociétés sont hétérogènes, le réel finit toujours par rattraper les idéologues. La base de la question est que la démocratie, cette ethno-mathématique électorale, faisant que les plus nombreux sont assurés de détenir le pouvoir, les peuples minoritaires sont donc devant un choix :
– Soit ils acceptent le système et ils n’ont alors que deux options, la soumission et (ou) l’émigration ;
– Soit ils le refusent et dans ce cas, ils n’ont que trois solutions :
1) La guerre, comme le font périodiquement les Touaregs du Mali.
2) La séparation comme le tentèrent maladroitement les Blancs en Afrique du Sud avec l’apartheid.
3) La négation des réalités comme le font les 10% de Tutsi au Rwanda, ce qui leur permet de dire qu’ils ne dominent pas les 90% de Hutu puisque les ethnies n’existent pas étant donné qu’elles ne seraient qu’un fantasme européen.
Avec le recul du temps, et compte tenu de l’hétérogénéité des populations, la seule solution à la question raciale sud-africaine était soit un éclatement du pays en grandes zones ethno-raciales, soit une cohabitation confédérale dans un cadre de séparation, chaque population ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs dans sa propre sphère politique et territoriale.
Le Parti national tenta de mettre en place cette dernière politique, mais il le fit d’une manière inégalitaire dans le cadre rigide de l’apartheid qui n’était en définitive qu’une forme de suprématisme blanc quand, pour ses concepteurs il s’agissait tout au contraire d’un ethno-différentialisme.
A partir de 1994, avec l’ANC au pouvoir, ce fut la plus mauvaise des options qui fut imposée aux peuples d’Afrique du Sud : celle de la démocratie majoritaire dans le cadre d’un quasi système de parti unique. Résultat : l’ethno-mathématique électorale a fait des peuples minoritaires, en l’occurence les Blancs et les métis du Cap, des citoyens de seconde zone. Avec en plus le non-dit du ressentiment lié à l’apartheid qui condamne les premiers à être les éternels boucs émissaires des échecs successifs des gouvernants.
Aujourd’hui, victimes d’un racisme d’Etat comme nous le démontrons dans ce numéro spécial, ceux des Blancs qui le peuvent fuient l’Afrique du Sud ; certains allant même jusqu’à demander l’asile politique à l’étranger.
Crédit photo : DR
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