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11/06/2016 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) –Depuis bientôt trois mois, les manifestations contre la loi Travail se succèdent à Nantes. Animées par l’extrême-gauche et des casseurs issus des cités dites « sensibles » de l’agglomération nantaises, elles donnent lieu à des émeutes et des pillages que l’État laisse faire.
Le gouvernement laisse Nantes et Rennes livrées aux casseurs, afin d’essayer – sans succès jusqu’à présent – de discréditer et faire éteindre le mouvement. A ce jour, près d’un milliard et demi d’euros ont été par ailleurs « lâchés » en abandons successifs et en chèques à des corporations. La loi Travail aura coûté cher au contribuable…
Au milieu des manifestations se trouve le quartier nantais de Bouffay. C’est le centre historique, blindé de touristes le jour, de fêtards la nuit. L’extrême-gauche s’y retrouve pour manifester, même si les rassemblements sont interdits par la préfecture. Nuit debout, mouvement d’extrême gauche qui cherche à occuper l’espace public pour y débattre des problématiques actuelles – chômage, précarité, inégalités, projets d’infrastructures inutiles… y tient aussi ses quartiers chaque nuit.
Au milieu de tout ça, des riverains, qui se retrouvent parfois au cœur des combats entre manifestants et forces de l’ordre, qui doivent aller loin pour espérer retirer de l’argent à la banque – la plupart des distributeurs de billets du centre-ville ayant été détruits par les casseurs d’extrême-gauche – et qui en ont plus qu’assez d’être plongés dans une zone de guerre trois à quatre fois par semaine. Une femme qui réside dans ce quartier a bien voulu témoigner – sous un nom d’emprunt car elle craint les pressions, particulièrement fortes dans un contexte particulièrement anxiogène.
Breizh Info : Vous habitez le quartier du Bouffay. Qu’est-ce qui est le pire pour vous depuis que les manifestations sont régulières en ville ?
Annick [nom modifié, NDLR] : Le pire, ce ne sont pas les manifestations, mais les gazages. Trois à quatre fois par semaine, ça fait beaucoup.
Breizh Info : L’extrême-gauche n’a de cesse de dénoncer le fait que ces gazages seraient injustifiés, et que les policiers arroseraient de gaz des manifestants pacifiques. Partagez-vous cet avis ?
Annick : Non, pas du tout. Depuis ma fenêtre, à chaque fois que j’ai vu la police envoyer les gaz, c’est parce que les policiers se faisaient démonter, et se faisaient lancer des projectiles dessus. Le problème, c’est que ça a l’air normal, pour ces manifestants, de balancer des projectiles sur les flics.
Breizh Info : Quelles conséquences ont ces gazages sur vous ou vos voisins ?
Annick : Du gaz lacrymo trois à quatre fois par semaine, ça fait beaucoup. Quand il y a de l’espace, comme sur la place Bouffay, le gaz reste au niveau du sol. Mais dans les petites rues étroites du quartier, il monte rapidement, et rentre par les fenêtres. Pour ma part, au bout de quinze jours, j’ai eu des crises d’asthme, des saignements, des maux de tête. Je connais des voisins qui ont du être admis au CHU suite à ces gazages. Puis quand les policiers gazent, ils envoient 5 ou 6 cartouches d’un coup, ils n’y vont pas de main morte. Si bien que quand vous vivez au second ou au troisième étage, vous prenez tout.
Breizh Info : Que faites vous quand il y a des manifestations ?
Annick : Je vis les fenêtres fermées.
Breizh Info : Que pensez-vous des débordements auxquels se livrent certains manifestants ?
Annick : Je ne cautionne pas du tout la violence. Le problème, c’est qu’il y a des têtes de c… au gouvernement, contre des têtes de c… dans le mouvement, c’est le jeu du « je ne cède pas ». Ces gens là, tous, se conduisent comme des gosses ; ça peut durer encore trois cent ans.
Breizh Info : Même si les syndicats ont des armes fortes pour faire céder le gouvernement, comme faire planer le spectre d’une pénurie d’essence ?
Annick : Ces problèmes d’essence se font sur commande et se règlent eux aussi sur commande. Ce sont comme les casseurs, qu’on ne voit plus tout d’un coup. Ont-ils dépassé la fourchette de casse qu’on leur a permis, et de loin ? Toute cette casse donne une bonne raison à la mairie et aux autres pour augmenter les impôts – il va bien falloir réparer – et ça commence à bien faire.
Breizh Info : Le Bouffay est le quartier général nantais de la Nuit debout. Qu’en pensez-vous ?
Annick : Rien de bon ! Leurs rassemblements sont interdits, et ils se rassemblent quand même, en faisant brûler des palettes toutes les nuits. Que la police n’intervienne pas alors que ce sont des attroupements interdits me laisse sans voix. Et ils sont bourrés de chez bourrés ! Ce n’est pas facile…
Breizh Info : Comprenez-vous le mouvement contre la Loi Travail ?
Annick : De toute façon, la manière dont nous vivons doit être disloquée pour construire un monde meilleur. Mais ce n’est pas en cassant le matériel, les banques etc. qu’on va y arriver, ce sont les êtres humains qui doivent changer. Casser le matériel reste une bonne excuse pour ne pas avoir à changer soi-même.
Propos recueillis par Louis-Benoit Greffe
Crédit photo : breizh-info.com
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