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03/11/2016 – 09H45 Washington (Breizh-info.com via OJIM) – L’INDUSTRIE DE LA PRESSE EST LA SEULE INDUSTRIE QUI SOIT GARANTIE PAR LA CONSTITUTION DES ÉTATS-UNIS. LE « QUATRIÈME POUVOIR », DANS LA VISION JEFFERSONIENNE, A UN RÔLE DE CENSURE : « LA SÉCURITÉ DE TOUS RÉSIDE EN UNE PRESSE LIBRE… CELA EST NÉCESSAIRE AFIN DE CONSERVER LA PURETÉ DES EAUX. » –THOMAS JEFFERSON À LAFAYETTE, 1823. ME 15:491.
Retour en 2016. C’est au « quatrième » pouvoir d’être jugé à son tour. L’institut Gallup publie en octobre une enquête qui illustre la méfiance de l’opinion à l’égard des médias : seuls 32% des interrogés considèrent l’information comme fiable et équitable, en baisse de 40% par rapport à 2015. Chez les jeunes actifs (18-49 ans), le taux de confiance est de 26%. Ces taux sont d’ailleurs symétriques au taux de mécontentement général, mesuré lors des sondages présidentiels, qui montrent invariablement que deux tiers des américains considèrent leur pays parti sur une mauvaise voie.
2016 : ANNÉE CHARNIÈRE D’UN « SAUT QUALITATIF BRUSQUE » ?
Depuis les années soixante, les journalistes américains pris individuellement ont toujours été politiquement partisans. Selon l’observatoire du MRC (Media Research Center), la corporation journalistique a toujours voté démocrate avec un solide 70-80%. Dave Levinthal et Michael Beckel, du Center for Public Integrity(publicintegrity.org) révèlent le 17 octobre que les journalistes de la grande presse ont massivement donné (96%) à la campagne Clinton plutôt qu’à celle de Trump. Ceci en contradiction avec la plupart des guides de bonne conduite des entreprises de presse qui interdisent toute contribution financière politique à leurs journalistes.
Mais l’irruption d’un candidat anti-système qui dit vouloir nettoyer les écuries d’Augias (« assécher le marécage », selon son expression) illustre une mutation : la grande presse, en divorce avec le public, est face à une question existentielle, celle de sa survie économique face à la compétition de médias « alternatifs » qui ont permis à Trump de faire jeu égal avec Clinton pour environ 10% des investissements publicitaires de cette dernière (incluant PACs et Super PACS ). Le comportement anti-Trump des médias, d’individuel devient industriel.
Jorge Ramos, journaliste vedette à Univision, chaine américaine hispanophone, résume dans un éditorial d’Août dernier l’attitude 2016: « la neutralité n’est pas une option! », concluant que « le Jour du Jugement approche pour ceux qui se taisent sur Donald Trump ». Trump, jouant de ses provocations, se trouve ainsi en collision directe avec Monsieur Saban, propriétaire d’Univision et … contributeur financier de la campagne Clinton.
CONCENTRATION CAPITALISTIQUE
L’industrie de la presse vit en effet un phénomène de concentration capitalistique qui la déracine du « terroir », et transforme le journaliste en cadre d’entreprise. Une étude de Business Insider (Ashley Lutz, 14 juin 2012) révèle que 6 multinationales contrôlaient la plus grande partie des médias américains, contre 50 en 1983. Elles généraient plus de 275 milliards de dollars de revenus, 277 millions d’américains se voyant « servis » par les 230 cadres supérieurs de ces firmes, selon le site Frugal Dad. Il est donc facile de saisir qu’au-delà de leurs biais individuels, que certains parviennent à maitriser, les journalistes cèdent à un penchant bien humain : aller « dans le sens de la pente culturelle et politique», oubliant le journalisme d’investigation, négligeant la poutre qui est dans l’œil de leurs actionnaires.
L’ARROSEUR ARROSÉ
La campagne présidentielle américaine 2016 a commencé comme une comédie, aboutissement de plusieurs années de propulsion de Donald Trump dans l’imaginaire américain. Tous les médias s’accordent à dire, avec regret, que Trump a bénéficié de plus d’un milliard de dollars de « publicité gratuite » dans la première phase de la campagne, lui offrant l’oxygène suffisant pour écraser Jeb Bush et 16 autres candidats républicains. Trump était alors un Berlusconi utile, dont toutes les incartades étaient prises avec le sourire, parce qu’il rendait les républicains ridicules, les écartant du chemin, en attendant d’imploser lui-même.
Et c’est lors de sa consécration par la convention républicaine de juillet que la presse a réalisé qu’elle avait créé un monstre. D’agonal, le conflit est devenu polémologique.
Mais est-ce efficace? Après trois mois d’incrimination médiatique, le sondage Suffolk/USA Today du 31 octobre annonce que 75,9% des américains sont convaincus que les médias veulent faire élire Hillary Clinton. NBC, CBS, ABC, CNN, et naturellement Univision représentent le noyau dur de la « détrumpisation forcée». Quelques rares commentateurs de ces groupes se souviennent cependant qu’ils furent journalistes dans une autre vie, tel Jack Tapper et Charlie Rose. Hostiles à Trump et ce qu’il représente, ils ne se comportent cependant pas en auxiliaires de la campagne Clinton et sont capables d’une grande sévérité à l’égard de cette dernière.
Trump, au sein de la caverne des privilégiés, ne trouve appui que de la part de certaines équipes de Fox News (celles du lever et du coucher du jour, les autres lui étant hostiles selon le moment). Mais c’est « hors caverne » qu’il puise son mojo, dans le monde réel du nouveau Far West médiatique, celui des médias sociaux alternatifs et antisystème, Breitbart News en tête.
Le 21 octobre, le MRC Newsbusters, sous la plume de Rich Noyes explique que, du 29 juillet au 20 octobre, Trump a fait l’objet d’un pilonnage hostile sur 91% des sujets traités. Avec, en temps passé, 440 minutes de controverses sur Trump, contre 185 minutes sur Clinton malgré de multiples « révélations » venant de Judiciary Watch, du Project Veritas, et de Wikileaks. Entre les 7 et 9 octobre, période où Wikileaks a révélé les contenus des discours de madame Clinton aux banques (frontières ouvertes et libre-échange, mise en avant de deux langages, public et privé), 8 minutes ont été consacrées à Hillary Clinton, cependant que 103 minutes se focalisaient sur la bande magnétique sexiste de Trump (Access Hollywood), qui sortait au même moment. Le 20 octobre tout indiquait que Trump allait vers une très grave défaite.
RENVERSEMENT DE TENDANCE ?
Or, la période du 24 octobre au premier novembre semble inverser la tendance. Les révélations de Wikileaks sur « Clinton Inc. » (dérives de la Fondation), la grave surprise concernant l’explosion des cotisations au système de santé Obamacare, avaient déjà resserré les sondages. Mais la décision du FBI de rouvrir l’enquête sur les courriels Clinton, puis la réalisation que le FBI continuait en silence d’enquêter sur de possibles malversations autour de la Fondation Clinton ont remis les compteurs à zéro. La campagne Clinton a été forcée de sortir plus vite que prévu sa « bombe russe » sur Trump. À savoir son « intelligence avec l’ennemi sous enquête du FBI ».
Les médias ont formé le cercle les deux premiers jours accusant le directeur du FBI James Comey d’esprit partisan puis mettant en doute, le 3e jour le bien-fondé légal de son intervention. À partir du quatrième jour les clintoniens rapportent que le FBI a procédé à une analyse préliminaire sur deux collaborateurs de Trump en regard des révélations Wikileaks.Ils en profitent pour rappeler les connexions d’affaires russes de Trump… nouées à la même époque où Bill et Hillary Clinton, ou encore leur proche John Podesta en nouaient eux-mêmes. À suivre…