Économie. Uber, la réalité contrastée du géant américain

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Alors que l’ubérisation est un terme en passe de rentrer dans le langage commun, Uber, la fameuse société de VTC et de transports innovants à l’origine de l’expression, vient de voir ses résultats financiers dévoilés par le Wall Street Journal.

Un chiffre d’affaires qui double en 2017

Avec 3,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires réalisé au premier trimestre 2017, le groupe américain a déjà atteint plus de la moitié de celui de l’année 2016. Un premier trimestre 2017 qui assure même une hausse de 18% en comparaison du chiffre d’affaires du dernier trimestre 2016. Cette évolution vient confirmer la croissance fulgurante d’une société qui est avant tout synonyme, pour la majorité de nos lecteurs, de grèves de taxis à répétition.

Uber, qui ne communique que partiellement et se contente parfois de simplement confirmer les chiffres qui fuitent dans la presse, a précisé que le nombre de ses courses avait triplé en un an. Le groupe laisse par ailleurs entendre qu’il a réalisé des bénéfices sur les marchés des pays développés, sans toutefois prendre en compte les coûts administratifs et les dépenses de fonctionnement. Une communication qui a le mérite de brouiller les pistes, Uber n’étant toutefois pas encore côté en bourse.

Des pertes réduites mais toujours conséquentes

Mais le tableau n’est pas si idyllique que cela. Bien qu’en diminution en comparaison du dernier trimestre 2016 (991 millions de dollars), les pertes du groupe s’élèvent tout de même à 708 millions de dollars. Là aussi, l’ensemble des coûts d’exploitation n’est pas incorporé dans le calcul et Uber reste vague selon les analystes. Les résultats financiers ne tiendraient, par exemple, pas compte de la part due aux chauffeurs pour les courses réalisées.

Des derniers mois compliqués en interne

Au-delà d’une apparente amélioration financière, Uber connaît une réelle crise en interne avec le départ, ces derniers mois, de plusieurs cadres. Une bonne douzaine au total. Le plus médiatique d’entre eux fut celui d’Anthony Levandowski, le cofondateur d’Otto, une start-up de camions autonomes rachetée par Uber. Plus récemment, c’est le directeur financier d’Uber, Gautaum Gupta, qui a annoncé son départ du groupe pour une autre société de San Francisco, start-up elle-aussi.

Cette crise managériale pourrait bien avoir des conséquences sur l’image externe de l’entreprise mais aussi sur sa santé financière, Uber se finançant largement par le mécanisme de levées de fonds. Un principe basé sur la mise en confiance des investisseurs et qui tend à rappeler que le nouveau géant de l’économie américaine n’échappe pas, lui non plus, à l’instabilité ambiante à laquelle il contribue à sa façon.

VL

Crédit photo : flickr (Creative commons)
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