Une étude révèle le biais idéologique massif des sciences sociales anglo-saxonnes depuis 1960

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Une étude publiée dans la revue Theory and Society par l’Université d’Oxford analyse 600 000 résumés d’articles en sciences sociales publiés entre 1960 et 2024. Les résultats confirment un déséquilibre idéologique massif et croissant dans la recherche universitaire anglo-saxonne.

90% des articles penchent à gauche

Le chercheur James Manzi a utilisé l’intelligence artificielle pour analyser systématiquement l’orientation politique de près de 600 000 résumés d’articles scientifiques dans onze disciplines : anthropologie, communication, criminologie, économie, études ethniques, études de genre, sciences politiques, psychologie, administration publique, santé publique et sociologie.

Le constat est sans appel : environ 90% des articles ayant une pertinence politique penchent à gauche selon les critères américains de 2025. Toutes les disciplines affichent une position moyenne de gauche modérée, chaque année entre 1960 et 2024.

L’analyse révèle que toutes les disciplines ont connu un glissement vers la gauche entre 1990 et 2024. Cette tendance s’est même accélérée à partir de 2010 dans plusieurs disciplines, notamment les études de genre, l’anthropologie, les études ethniques, la psychologie et l’économie.

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Les disciplines les plus marquées à gauche sont les études de genre (note moyenne de 7,6 sur une échelle de 0 à 10 où 10 représente l’extrême gauche), suivies des études ethniques et de l’anthropologie (7,4 chacune). L’économie reste la discipline la moins orientée à gauche, avec un score moyen de 5,7.

Des trajectoires différentes selon les disciplines

L’étude distingue deux types de disciplines. Les « disciplines proches des politiques publiques » (criminologie, économie, sciences politiques, administration publique, santé publique) ont connu une modération relative vers la droite entre 1970 et 1990, avant de basculer vers la gauche après 1990.

À l’inverse, les « disciplines éloignées des politiques publiques » (anthropologie, communication, études ethniques, études de genre, psychologie, sociologie) ont montré un mouvement gauche continu sur toute la période.

Un résultat particulièrement frappant : les disciplines les plus orientées à gauche sont également les plus homogènes idéologiquement. Les disciplines avec la plus grande diversité de points de vue sont celles qui restent les plus proches du centre politique.

Dans l’économie, la discipline la moins à gauche, 16% des travaux sont notés entre 0 et 4 (centre-droit à extrême droite). Dans toutes les autres disciplines, cette proportion tombe entre 0 et 6%.

L’étude révèle une divergence majeure : les articles sont systématiquement plus à gauche sur les questions socioculturelles que sur les questions économiques. Plus frappant encore, cet écart s’est considérablement creusé avec le temps.

Dans les premières années étudiées, les scores socioculturels étaient environ 10 à 15% plus élevés que les scores économiques. Dans les années 2020, cette différence atteint 25 à 30%. Sur les questions économiques, certaines disciplines suivent un schéma en « U » : glissement à gauche dans les années 1960, modération dans les années 1970-1980, puis nouveau glissement à gauche. Sur les questions socioculturelles, le mouvement vers la gauche a été continu et s’est intensifié.

Une méthodologie innovante utilisant l’IA

Pour garantir la cohérence de la mesure sur six décennies, le chercheur a utilisé une échelle politique américaine fixe de 2025, avec des points d’ancrage clairement définis : de Steve King (extrême droite) à Chokwe Antar Lumumba (extrême gauche), en passant par Joe Biden (centre-gauche) et Donald Trump (droite populiste).

L’intelligence artificielle a ainsi évalué comment chaque article publié depuis 1960 serait perçu selon les standards politiques actuels, permettant une comparaison cohérente à travers le temps.

L’analyse démontre que le glissement à gauche est principalement dû à l’arrivée de nouveaux chercheurs déjà orientés à gauche (51-57% du mouvement total) plutôt qu’à une évolution politique des chercheurs au cours de leur carrière (16-20% seulement).

Ce résultat soutient la théorie selon laquelle, à mesure que la réputation politique d’un domaine devient bien établie, sa composition idéologique se reproduit par le recrutement, réduisant la réactivité aux changements politiques à court terme.

Bien que l’étude ne tire pas de conclusions normatives sur ce déséquilibre, elle fournit la première preuve systématique et interdisciplinaire de l’orientation politique persistante et croissante des sciences sociales anglophones, particulièrement prononcée dans les domaines socioculturels.

Le chercheur souligne que ces résultats ne constituent pas en eux-mêmes une preuve de biais idéologique. Il reste possible que « l’enquête soutenue et désintéressée sur les phénomènes sociaux soit arrivée à des conclusions qui s’alignent davantage sur les points de vue libéraux que conservateurs ».

Néanmoins, cette étude apporte un éclairage factuel inédit sur un débat qui fait rage depuis des années dans le monde universitaire et politique anglo-saxon : celui de l’homogénéité idéologique croissante de la recherche en sciences sociales.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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Une réponse à “Une étude révèle le biais idéologique massif des sciences sociales anglo-saxonnes depuis 1960”

  1. Pschitt dit :

    Le mouvement de gauchisation ne tient pas seulement à l’arrivée de nouvelles générations de chercheurs mais aussi à l’importance croissante, numériquement, des sciences sociales biaisées par construction. Ainsi, les études de genre, qui reposent essentiellement sur des constructions intellectuelles, sont apparues dans les années 1990 en empruntant à diverses disciplines préexistantes. Non seulement les sciences sociales sont devenues davantage idéologiques, mais elles sont aussi devenues moins « scientifiques » et de moins en moins utiles pour la compréhension du monde. Dans une période où les finances publiques sont contraintes, des travaux comme ceux de Manzi devraient conduire un jour à des révisions budgétaires déchirantes au détriment de ces sciences qui n’en sont pas. Le sort des études de genre devrait ressembler à celui du spiritisme scientifique au 19e s. : une période d’engouement et de vifs débats suivie d’un déclin rapide et d’une quasi-disparition.

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