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27/10/2017 – 12H00 Cayenne (Breizh-info.com) – La venue d’Emmanuel Macron jeudi 26 octobre a été particulièrement mouvementée, et mal accueillie par une partie de la population. La crise en Guyane a éclaté depuis de longs mois déjà sans que les pouvoirs publics n’aient manifestement apporté les réponses réclamées par les guyanais, notamment concernant l’immigration, un phénomène qui sature la Guyane.
Par ailleurs, le dérapage du service de presse élyséen a jeté également de l’huile sur le feu. En effet, un communiqué a conseillé aux journalistes suivant le chef de l’Etat de ne pas boire l’eau du robinet, d’éviter les relations sexuelles non protégées et de ne pas se baigner dans l’océan.
Jeudi 26 octobre, un millier de Guyanais, notamment représentés par le collectif Pou Lagwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle), ont défilé dans les rues de Cayenne, jusqu’à la préfecture pour réclamer notamment le respect des accords signés en avril avec le gouvernement, soit un plan d’urgence de 1,08 milliard d’euros et la prise en compte par l’exécutif d’une demande de 2,1 milliards d’euros de mesures supplémentaires.
En soirée, ils ont été dispersés à coups de grenades lacrymogènes, ce qui a fait monter la tension par la suite.
Signe de la cristallisation autour notamment de l’immigration, les « Grands frères » ont obligé l’office de l’immigration à fermer, jeudi 26 octobre, évoquant la possibilité de gérer le pays « eux mêmes », si les mesures adéquates n’étaient pas mises en oeuvre.
Depuis quelques années, la situation migratoire de ce territoire français d’outre mer arrive à saturation. En effet, 12 000 demandes d’asile ont été traitées en moins de 3 ans, soit 5% d’une population de 252 000 habitants. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, c’est comme si la France avait accueilli 3 millions de migrants.
En 2 ans, le bidonville de Cayenne, en Guyane, a vu sa population tripler pour atteindre 1 400 habitants. Faute de moyens, les autorités locales sont totalement dépassées .
88% des demandes sont formulées par des Haïtiens. Ces derniers fuient les catastrophes naturelles et l’instabilité politique de leur pays. Problème pour eux, il y a embouteillage à l’arrivée. En 2016, moins de 3% des demandes ont été acceptées. Du coup, les déboutés finissent leur course dans le bidonville de Cayenne, dans des abris de fortune sans eau potable et avec des branchements électriques illégaux.
L’ancien préfet Martin Jaeger avait déjà fustigé de « faux demandeurs d’asile haïtiens » se rendant en Guyane pour raisons économiques. En effet, pour parvenir à leur fin, les migrants n’hésitent pas à se déclarer victimes de groupes crapuleux ou de persécutions liées à un engagement politique ou associatif. L’an dernier, la préfecture a dû fermer l’accueil des demandeurs d’asile pendant 4 mois, le temps de traiter les dossiers en cours d’instruction. Les mesures d’expulsions sont pour leurs parts inopérantes. Les clandestins ramenés aux frontières du Brésil ou du Surinam, reviennent grâce à des filières de passeurs.
Alors que la moitié des Guyanais vivent sous le seuil de pauvreté, un demandeur perçoit 263 euros d’allocation par mois (700 euros pour une famille de 4 enfants).
Ce qui fait dire à Lucie Curet, responsable local de la CIMADE, « qu’il serait mal vu de créer des hébergements d’urgence pour les demandeurs d’asile, vu la tension sur le logement pour les Guyanais « . De son côté, le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre dénonce une situation intolérable et demande que l’Etat installe « un campement de réfugiés sur l’un de ses terrains, avec un suivi des ONG « .
Maryse Gauthier, présidente du Secours catholique de Guyane, tire la sonnette d’alarme. Elle affirme que de plus en plus d’habitants commencent à avoir des réactions de rejet à l’égard des clandestins.
En Guyane comme en métropole, la pression migratoire liée à la crise sociale menace de provoquer une véritable explosion civile…
Guyane. « La population compare ce mouvement aux Bonnets rouges » [Interview]
Crédit photo : DR
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3 réponses à “La Guyane saturée par l’immigration clandestine”
Expliquez-moi pourquoi notre gouvernement est extrêmement préoccupé par l’immigration clandestine qu’il combat avec acharnement en Guyane, alors qu’il la favorise en métropole. Il est vrai que ce n’est pas la même. L’immigration clandestine brésilienne est de religion vaguement chrétienne.
Brésil et Haïti, deux pourvoyeurs de l’ immigration en Guyane sont à majorité chrétienne. Le Surinam, troisième pourvoyeur, possède un fort pourcentage de musulmans.
En Guyane ou en métropole le gouvernement montre son incapacité à résoudre le problème des expulsions.